‹ Paris voleurChapitre 45 sur 58 · ROSINE , CORA , ALBERT , BOURDA- LOUE · texte numérisé non relu

ROSINE , CORA , ALBERT , BOURDA- LOUE

ALBERT. Elle!

r>0URDAL0Ui-. L'autre!

ROSINE, jouant la surprise. 0 ciel !

CORA, tenant une lettre ouverte. Vous ici, messieurs 1

BOURDALOUE , à part. Elle a toujours son même petit nez d'hier.

ALBERT. Mille pardons, mademoiselle, de n'avoir pas attendu l'autorisation de me pré-

senter chez vqus ! mais, depuis hier , je

n'avais qu'une pensée , celle de revoir ma gracieuse compagne de voyage.

ROSINE. Monsieur...

ALBERT. Je brûlais d'une telle impatience...

BOURDALOUE. Que je ne trouvais rien d'assez rafraîchissant dans la pharmacie pour calmer son effervescence... ah! qu'il était donc effervescent, mademoiselle !... ah ! qu'il était donc effervescent! [Se présentant.) Ernest Bourdaloue, de Dijon, ami de... mon ami.

CORA, jouant l'agitation. Monsieur Albert... je me félicite de vous trouver ici... vous m'aiderez à empêcher cette enfant de commettre une folie... dont vous seriez la cause...

ROSINE. Cora, je te défends!...

CORA. Oh, je parlerai!

ALBERT. Une folie?

BOURDALOUE. Dout nous serions la cause?

CORA, à Albert. La cause bien innocente... car vous ignorez que Rosine n'est plus Ubre, qu'un grand et riche mariage. ..

ALBERT. Qu'entends-je?

CORA. Oui, monsieur, un mariage arrangé par sa famille... par ses amies.... Ce soir, précisément elle attend quelques personnes pour la présentation du futur; et vous ne voudriez pas qu'une rencontre fortuite vînt renverser tous nos projets... Ce mari, elle ne l'aime pas, je le sais... mais enfin, c'est un mari, tandis que... vous...

BOURDALOUE , vivement, relais c'est un mari aussi, lui !

ALBtRT, bas. Tais-toi donc !

BOURDALOUE, à Rosinc. Il vient mettre sa main à vos pieds, mademoiselle. [Gracieusement.) C'est la plus jolie place qu'il puisse lui trouver.

CORA. Il serait vrai?., vos intentions sont...

BOURDALOUE. Pures!

CORA. Oh ! alors, monsieur, vous pouvez lire cette lettre.

ROSINE. Jamais!... je ne veux pas!

CORA, bas. Laisse donc!... Zizi et Linotte ont fonctionné... au tour de Gibouleite... {Haut.) Lisez, monsieur.

AiiîERT, à Bourdaloue. O mon ami!

vois donc! quelle délicieuse écriture!

BOURDALOUE. C'est moulé. .. allons, allons, c'est mieux que Napoléon et m(>i.

CORA, bas, à Rosine. L'écriture de Ciboulette fait sou effet.

ALBERT. Qu'ai-je lu!... elle refuse le mari qu'on lui offre!... elle lui déclare qu'elle ne l'aime pas... mais avec quel ménagement quelle délicatesse ! '

CORA, bas. Le style de Ciboulette fait son effet.

MAGASIN THÉÂTRAL

ALBERT. O ciel ! elle en aime un autre !... et c'est... c'est moi!... Tiens, mon ami, lis donc, lis donc!

I50LRDAL0UE. C'cst nous qu'elle aime!...

ô félicité !

cop.A, à part. Voilà le bouquet! (Haut.) Vous le voyez, monsieur Albert, le sort de mon amie e.st dans vos mains... déchirez cette lettre.

ALBERT, avec joie. Jamais! je veux qu'elle parte. . qu'elle parte à l'instant.. . (// sonne.) Et c'est moi qui. . .

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