BOURDALOUE, MOHICAN, ALBERT
ALBERT, en dehors. Ce doit être ici .. BOURDALOUE, entrant. Oui, je crois que nous y sommes.
MOHicAiN, à part. Les jeunes gens!... a mon affaire ! .. .
ALBERT, à Mohican. Monsieur le comte de Mareignac? .
MOHICAN. C'est ici, monsieur... mais il est absent.
ALBERT. Encore!... voilà la seconde fois que je me présente, et je suis étonné...
BOURDALOUE, brusquement. Est-il mort, à la fin?... s'il est mort, ayez la franchise de le dire... nous l'excuserons.
MOHICAN. Si ces messieurs veulent attendre...
ALBERT. Non... Indiquez- moi, je vous prie, dans cette maison , le logement de monsieur Rigobert.
BOURDALOUE. Le parrain de mademoiselle Rosine.
MOHICAN. C'est ici, monsieur.
ALBERT. Ici?
MOHICAN. Mais il est absent.
BOURDALOUE, étonné. Ah!... [À Albert.) En ce cas, montons chez mon homme au chantage... [À Mohican.) Vous devez connaître, dans cette maison, monsieur Biscotin, professeur de chant ?
MOHICAN. C'est ici, monsieur.
ALBERT. Encore ici?
MOHICAN. Mais il est absent.
BOURDALOUE, étonné. Ah! ah! [A Mohican. ) Alors, on demande Pierre Grandbousier... un marchand de bestiaux.
MOHICAN. C'est ici, monsieur.
BOURDALOUE. Toujours ici !
MOHICAN. Mais il est absent.
BOURDALOUE, OU Comble de la surprise.
Ah! ah! ah *!...
ALBERT. Que signifie?...
BOURDALOUE, regardant Albert. Y es-tu plus que moi ?
ALBERT. Je n'y comprends rien.
Moliican consulte des notes.
BOURDALOUE. La même rue , c'était possible... le même numéro, passe encore...
mais le même logement!... comment tous ces gens-là peuvent-i's s'y arranger?... Ah! tu me diras, comme ils sont toujours absents, le local est assez spacieux.
ALBERT, àlui-même. Ruiné!... perdu!...
trompél. .. Ah ! ce n'est pas l'argent que je regrette?...
BOURDALOUE. Woi, si !... [Baissant la voiœ.) Car je commence à désespérer de mes vingt milie francs.. . il paraît décidément que les "^hannetons sont en déconfiture... et je ; n'entends plus parler des. .. clarinettes d'apothicaire... Eh bien ! à quoi penses-tu donc? ALBERT, rêveur. A la rencontre bizarre que nous venons de faire.. . à ce voleur, qui m'avait arrêté à mon entrée dans Paris, et que j'ai retrouvé, il y a un instant, quand tu me conduisais dans cette maison clandestine...
BOURDALOUE. Dans Cette maison, où nous pouvions rattraper dix fois, vingt fois, ce que nous avions perdu.
ALBERT, oh! n'importe... c'est encore un service que nous a rendu cet homme, il nous a empêchés d'entrer dans un de ces honteux tripots, où l'on perd à la fois son argent et son honneur!
MOHICAN. Ces messieurs se décident à attendre?
BOURDALOUE , regardant Mohican. Ah ça, mais... plus je l'examine **...
ALBERT. Quoi doUC ?
BOURDALOUE. Regarde donc, Albert !...
voilà un physique qui...
ALBERT. En effet !
BOURDALOUE, éclatant. C'est l'oncle Canailion!... Comment! caméléon de portier que tu es... de portier tu te fais oncle, et d'oncle tu te fais chasseur!...
MOHICAN ***. Tel que vous me voyez, j'ai été employé dans vingt-sept maisons, en qualité de concierge... c'est pourquoi, fati-
* Bourdaloue, Albert, Mohiran.
"Albert, Bourdaloue, Mohican.
*** Albert, Mohican, Bourdaloue.
MAGASIN THÉÂTRAL
gué d'être toujours mis à la porte , pour ne plus être chassé, je me suis fait chasseur.
ALBERT. Mais, au moins, tu connais tes nouveaux maîtres, et tu peux i:ohs dire...
BOUKDALOLE.Oui,parle,Canaillon, parle...
je t'écoute avec le plus tendre intérêt.
MOHICAN. Voilà... (7/ ouvre la bouche... la referme et salue.) Messieurs, j'ai bien l'honneur de vous saluer*.
BOURDALOUE. Comment! tu as l'honneur de nous saluer?... mais j'aurais volontiers l'honneur de te casser quelque membre !
MOHICAN. Monsieur !, .. je suis armé !
ALBERT. Serait-ce encore une mystification?
BOURDALOUE. Ah! je lesaurai, palsaïubleuî je le saurai!... je ne bouge pas de ce domicile, que je n'aie vu les Mareignac, les Rigobert, les Biscotin, les Grandgousier... lime les faut, je les veux, je les atlendsl
MOHICAN. Si ces messieurs veulent passer dans le cabinet de monsieur, ils y seront plus à leur aise !
ALBERT. Allons...
BOURDALOUE. Allons-y... je m'y installe , je m'y cramponne, je n'en sors plus !
ENSEMBLE
Air. ; Pardonne: à ma résistance.
Comment! encore du mystère! Espér qu'il s'éclaicira.
Le secret que l'on veut °° taire, C'est ici qu'on , l'apprendra.
Bourdaîo-u,e et Albert etitrent à droite, Mohican à gauche. Après la sortie des trois personnages, la scène reste vide. Musique à l'orchestre. Après quelques mesures, le porte du fond s'ouvre et Aubry parait dans le costume du Kf acte. Il examine de tous cfités , puis il se dirige lentement vers le secrétaire, à gauche.
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