‹ Paris voleurChapitre 58 sur 58 · MOHICAN, BOURDALOUE, LE COMMIS- SAIRE, AUBRY, ALBERT · texte numérisé non relu

MOHICAN, BOURDALOUE, LE COMMIS- SAIRE, AUBRY, ALBERT

AUBRY, allant au-devant du Commissaire et lui serrant la main. Eli! bonjour^ mon cher commissaire !

BOURDALOUE, bondissant. Hein!...

AUBRY. Je m'impatientais, et j'ai envoyé ce garçon au-devant de vous... Vous m'apportez ce dont nous sommes convenus, n'estce pas ?

Le commissaire lui remet des papiers.

BOURDALOUE. Le magistrat est un complice! {Bas, à Mohican.) Va chercher un second commissaire, pour arrêter le premier !

LE COMMISSAIRE, bas. Ce sont eux?

AUBRY. Oui, oui... {Haut.) Ah ça, vous déjeunez avec moi... avec ces messieurs?...

BOURDALOUE, indigné. Le scélérat nous

invite !

AUBRY. Passez dans cette pièce ; nous vous

suivons.

LE COMMISSAIRE, passant à droite.

vous gênez donc pas, Aubry.

Il sort à droite.

ALBERT et BOURDALOUE, vivement. Aubry !

ALBERT. L'ami de mon père!...

BOURDALOUE. Le tuteur de la petite Bizot! AUBRY, revenant. Et fabricant de toiles peintes... Oui, messieurs... car...

Air : de la Vieille.

Mon histoire n'est pas finie...

Dupe d'abord, et plus tard bambocheur, Dans le commerce et l'industrie, J'ai trouvé fortune et bonheur...

Car, je l'avoue, en toute modestie, Votre ami, votre protecteur, N'a pas l'honneur D'être... un voleur.

J'étais heureux... lorsqu'un jour, votre père M'écrit : Il part ! le fils en qui j'espère ! Quand, loin de moi, sur lui gronde l'orage, Tends-lui la main, sauve-le du naufrage!...

Alors, j'ai mis sur votre chemin l'industriel classique qui vous demandait la bourse ou la vie... le vieux général qui voulait se battre

Ne cher monsieur

avec vous... le parrain Rigobert qui vous traitait d'intrigant... sans parler de Biscotin et de Grandgousier [riant), qui dévalisaient monsieur votre menior... et voilà comment. ..

Un seul ami s'est chargé de trouver

Cinq ennemis pour vous sauver!

Vous n'aviez qu'un ami... j'ai su trouver

Cinq ennemis pour vous sauver!

Nous étions six pour v^us sauver !

Musique jusbuà la fin.

ALBERT. Me sauver, monsieur!.. Oh! je ne crois plus au bonheur!... lisez, monsieur, lisez cette lettre écrite de Dijon !

BOURDALOUE. Ah ! voilà !. . la petite Bizot galope en croupe sur le cheval du lancier !

AUBRY. Comment ! vous savez déjà que le frère d'Aline a changé de régiment?

ALBERT, avec joie. Son frère!

BOURDALOUE. On rend l'argent volé. .. mais les femmes volées, ça ne se retrouve jamais !

AUBRY, allant vers la porte à droite. Eh! bien! si fait! tout se retrouve ici... et la preuve...

11 montre une jeune fille qui vient de paraître conduite par Mohican.

ALBERT, s'élançant vers la jeune ^ fille. Dieu !. . Aline!..

LA JEUNE FILLE. Mon cousin * !

ALBERT, hors de lui. Est-ce bien elle?., n'est-ce pas un rêve?.. Monsieur! monsieur! dites-moi de grâce...

AUBRY. Tout ce que vous voudrez... à Dijon... Mais, hâtons-nous... la diligence part à quatre heures, et nous avons à peine le temps de déjeuner avec ce brave commissaire, qui vient de me remettre vos passeports.

BOURDALOUE , avec amertume. Argent , femme , il retrouve tout... tout !.. et moi , rien !

AUBRY. Mohican, quelle heure est-il?

MOHICAN, tirant sa montre. Monsieur, il est midi moins... ^

BOURDALOUE, poussaut nn cri et courant t près de Mohican. Ah !.. . Est-ce bien elle?... ^ n'est-ce pas un rêve?., ma grande montre!... {A.^ubry, auquel il se cramponne). Monsieur! monsieur!... où suis-je ici?

AUBRY. Rue Thibautodé, n" 28.

CHOEUR FINl^.

Air : Valse de M. Guénée.

A table, mes amis!

Prf'ts à quitter Paris, Dans un repas joyeux Faisons-lui nos adieux...

Désormais reunis, Retournons au pays.

Pour trouver le boniieur qui n'est pas à Paris.

* Bourdaloue, la jeune fille, Albert, Aubry, Mohican.

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