LA RÉSONNANCE I
^ 36. Description physiologique. — Dans la prononciation^ de ri, le rôle principal revient à la langue. Plus elle se rapproche du palais sans s'y accoler, plus l'I devient pur. L'essentiel est que le tuyau vocal se trouve rétréci le plus possible. Instinctivement les mâchoires se rapprochent tandis que la pointe de la langue vient s'appliquer fortement contre les dents incisives inférieures pour que sa partie charnue puisse refluer plus aisément vers le palais et s'y attacher en s'élargissant comme pour sortir des deux côtés entre les molaires. En même temps le voile du palais s'applique contre la paroi postérieure du pharynx de façon à fermer hermétiquement les fosses nasales. Le larynx est à son maximum de hauteur; les dents sont à peine séparées par l'épaisseur d'une pièce de cinquante centimes; les commissures des lèvres sont tirées dans leur écartement maximum ; la cavité buccale réduite à son minimum a la forme d'une fiole à col allongé et à ventre très court. L'air doit se porter presque entièrement sur les incisives qu'il va heurter avant de s'échapper à travers les lèvres à peine entr'ouvertes. Si étroit est, au moment de l'émission de l'I, le passage de l'air, « que le souffle sonore, pressé entre la face dorsale de la langue et la voûte palatine, communique à celle-ci des vibrations très fortes qui se transmettent à tout le crâne et sont particulièrement sensibles au-dessus de la tête ». — Goguillot.
37. Émission de l'L — Des Alpes maritimes et pennines aux promontoires siciliens, et de la Ligurie à ïlUyrie, en Italie, hommes et choses, tout est en i ;
^ Crispi, Tamburini, Cherubini, Ballerini ; Girgenti, Assisi, Rieti, Chieti, Termini, Tivoli, Sibillini, Brindisi et Rimini. — Quand Isis brille sur les collines, sur les rivages et sur les cîmes, vers le midi, le paysan de ïlonie se signe et dit : ce soir la pluie. —Dans le pays de Sésostris, de Sérapis, d'Apis, d'Osiris et d'Isis, l'ibis tranquille bâtit son nid parmi les lis et les iris. — Bandits sinistres, six nihilistes de Tiflis, hier à minuit, ont entrepris de détruire par la dynamite la citadelle de Nijni.
38. Remarques. — L'I a pour unique équivalent l'Y: cygne, martyr, tyran, système, etc.
L'Y, dans une foule de cas, égale deuxi: pays, royal, rayon, joyeux, appuyer, voyage, qui se prononcent régulièrement, pai-is, roi-ial, rai-ion, joi-ieux, appui-ier, voilage.
Associé à l'A ou à l'E ou suivi d'un N ou d'un M, I devient un E : plaine, veine, serin, thym ; précédé d'un 0, il a le son de l'A ; moine, foi, etc. Surmonté d'un tréma, comme dans Moïse, l'I se détache toujours de la voyelle qui le précède, et ne se combine que rarement en diphtongue avec celle qui suit, comme dans aieux. D'ordinaire il forme une syllabe, seul, comme dans laïque, ou suivi d'une consonne, comme dans Lais.
I est nul enfin dans un certain nombre de mots, tels que: oignon, encoignure, Enghien, qui se prononcent o-gnon, enco-gnure, En-ghen.
Par ordre d'importance numérique, les I occupent, en français, la troisième place après les E et les A. Une seule forme de la bouche suffisant à les émettre tous, la durée seule les différencie.
« Dans l'intérieur d'un mot la voyelle est plutôt longue
devant un son-consonne doux ou continu, et plutôt brève devant un son-consonne dur ou explosif» i.
Entre l'I long et l'I bref, la différence de durée est rarement considérable. Est toujours long, l'I surmonté d'un accent circonflexe : épftre, beJftre, etc. — Est très bref l'I, première voyelle d'une diphtongue i'ambe, aïeux, etc.