‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 29 sur 122 · L H ET L X · texte numérisé non relu

L H ET L X

94. Le rôle phonétique de l'H. — L'H ne répond ni à une résonnance, ni à une consonnance quelconque. Elle est donc, par elle-même, sans valeur phonétique.

On s'en sert seulement pour modifier la valeur d'autres lettres, et cela dans trois cas : — Ajoutée à C, elle rend la soufflante CHE : c/ieval, c/iat, etc. — Après L,elle donne à cette lettre le son mouillé : Milijau, Jumil/2ac, etc., prononcez Mi-iau, Jumi-iac. — Combiné avec P, elle donne un équivalent de FE : P/iilippe, Epip/2ane, etc.

En dehors de ces trois cas, l'H est nulle partout où on la rencontre.

Elle est nulle, quand elle suit un t ou un d : thé, Seth, adhérer, etc.

Elle est nulle, quand elle suit un r : rhume, riiéteur, Rhin, Rhône, etc.

Elle est nulle, même après le c, quand ch égale k : éclio, choléra, etc.

Elle est toujours nulle à la fin des mots : a.h ! oh ! Sh&h Loth, Judith, etc.

Elle est nulle même au commencement des mots : homme, histoire, héros, etc. Dans un certain nombre de cas cependant, l'H initiale indique que le mot auquel il appartient

n'admet, ni l'élision de l'e dans l'article, ni la liaison avec le mot précédent. On dit, dans ce cas, qu'elle est aspirée.

a La prononciation courante, dit M. Hatzfeld, réduit l'aspiration à n'être que le signe d'une non-liaison. Bien des gens disent ia honte, comme s'il y avait la onte sans liaison, — C'est ainsi que l'on prononce le un, le onze. Nous ne parlons pas ici de Vh muette parce qu'elle n'est pas un son, mais seulement une lettre sans valeur pour la prononciation : honneur, herhe ; prononcez oneur, erbe. »

95. L'H aspirée. — Voici une liste des mots les plus usités où l'H, est aspirée, c'est-à-dire, dont l'articulation est précédée d'un arrêt de la voix pareil à celui qui S3 produit quand on dit correctement le-hameau, la-hache, un-homard.

Hâbler, hache, hagard, haie, haillon, haine, haïr, haire, haler, hâler, haleter, halle, hallebarde, hallier, hallo, halte, haltères, hamac, hameau, hampe, hanap, hanche, hangar, hanneton, hanse, hanter, happer, haquenée, haquet, harangue, haras, harasser, harceler, hardes, hardi, harem, hareng, hargneux, haricot, haridelle, harnacher, harnais, harpe, harpie, harpon, hasard, hase, hâter, hauban, haubert, hautbois, hausser, haut, hâve, havre, heaume, hennir, héraut, hère, hérisser, hérisson, hernie, héros, herse, hêtre, heurter, hibou, hideux, hisser, hocher, hochet, hogner, homard, hongre, hongroyeur, honnir, honte, hoquet, horde, horion, hors, hotte, houblon, houille, houle, houlette, houppe, houppelande, hourder, houri, hourvari, housseaux, houspiller, housse, houx, hoyau, huche, huer, huguenot, humer, hune, hupper, hure, hurler, hussard, hutte.

i20 LA SCIENCE DE L'ARTICULATION

Ajouter tous les dérivés, adjectifs, verbes et adverbes: hacher, hâblerie, hâtivement.

Le peuple a une tendance très marquée à supprimer l'aspiration. Il dit volontiers : les omards, les arengs, les aricots, les ibous. les aches, etc.

96. L'H muette. — En général, la remarque est de M. Crouslé ^ , l'aspiration a disparu dans les mots d'origine latine ou grecque, et elle s'est conservée dans les mots empruntés à d'autres langues, telles que l'allemand, l'anglais etc.

Mots latins. — Habile, habit, habiter, haleine, hameçon, helvétique, hériter, hésiter, heure, hiatus, hièble, hier, hilarité, hirondelle, histoire, histrion, hiver, homme, honneur, hôpital, horreur, hostie^ hostile : hôte, humain, humble, humecter, humérus, humeur, hyacinthe, hybride, hymen.

Mots grecs. — Hagiographie, harmonie, hebdomadaire, hécatombe, hectare, hectogramme, hélice, héliotrope, hellénique, hémérocalle, hémicycle, hémisphère, hémistiche, hémorragie, hépatique, heptagone, heptaméron, hérésie, hermaphrodite, hermétique, hétéroclite, hétérodoxe, hexagone, hexamètre, hiéroglyphe, hiérophante, hippodrome, hippopotame, holocauste, holographe, homogène, homonyme, horizon, horloge, horoscope, hydropique, hyène, hygiène, hygromètre, hypallage, hypocrite, hypothèque, hypothèse.

Remarques : Les dérivés de ces mots latins et grecs ont également l'H muette : habileté, harmonique, etc.

Il y a cependant quelques anomalies. Ainsi les trois mots héros, héraut et hanse dont l'H est aspirée ont donné

(1) Grammaire de la langue française, p. 14. 15.

CH.III. — ARTICULATION DES CONSONNES i2t

naissance à héroïque, héroïne, héroïsme, héraldique et hanséatique qui ont l'H muette.

L'H muette a été ajoutée dans l'orthographe française à quelques mots qui n'ont pas d'aspiration en latin : huile^ oleum ; huit, octo ; huis, ostium ; huître, ostrea ; hièhle^ ebulum.

Quelques mots qui n'ont pas d'aspiration en latin^ l'ont prise par l'intluence des langues germaines et l'ont conservée : haut, altus ; hurler, ululare, etc i.

97. Les cinq articulations du signe X. — L'X se prononce de cinq manières différentes : KS, GS, K, S, Z.

Le plus souvent il sert à exprimer deux résonnances consécutives qui sont toujours une explosive et une sifflante : le QUE et le SE, ou le GUE et le SE.

X est l'équivalent de QUE et de SE, et se lit KS :

A la fin des mots, quand il s'articule : Styx, indej?f, lyn^. silejT, YéWx, etc. — Dans les composants ex et inex suivis d'une consonne. f?;cpert, expier, inextricable, etc. —

Dans le corps des autres mots, entre deux voyelles. Luxe, axiome, maxime, Alexis, etc.

X égale GUE et ZE, et se lit GZ.

Au commencement des mots : Xavier, Xerxès, Xénie, etc.^ — Dans les composants ex et iiiex suivis d'une voyelle: exiler, exact, hexagone, etc.

Parfois l'X ne rend qu'une seule résonnance, mais cett& résonnance unique est tantôt l'explosive QUE, tantôt la soufflante SE, tantôt la soufflante ZE.

X égale QUE et se lit k toutes les fois qu'il est suivi de la sifflante SE par un S ou par un C doux : exsudation, excitation, excellence, etc.

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