L'art de la lecture, p
2. Id. Ibid. p. 55. «L'articulation, écrit M. Coquelin aîné, l'articulation, c'est le dessin de la diction. Une phrase de Samson, articulée comme il savait le faire, cela valait pour la caractérisation d'un personnage, un portrait au crayon de M. Ingres. L'articulation est donc l'étude sur laquelle doit se porter le premier effort de l'acteur. Elle
est à la fois i"A B C et le plus haut point de l'art. II faut l'apprendre au
6. Science indispensable. — On voit par ces exemples de quelle importance est, pour tout homme appelé au ministère de la parole, la science de l'articulation. A tout prix il faut l'acquérir ; il n'en est pas de plus nécessaire.
Il n'en est pas de plus difficile. Peu de personnes naissent avec une articulation complètement bonne. Chez les uns elle manque de souplesse, chez les autres de fermeté, chez plusieurs elle est sourde. A ces imperfections originelles, pour ainsi dire, et organiques s'en ajoutent souvent plusieurs autres qui les aggravent: des habitudes défectueuses imposées par le milieu, des travers tout personnels, des originalités recherchées et voulues pour ellesmêmes, etc.
Le travail, un travail assidu et méthodique peut corriger ces défauts et le peut seul. A quelles conditions? A la double condition d'être à la fois théorique et pratique, de donner des règles pour diriger l'intelligence et d'indiquer des exercices pour assouplir la voix. Les règles de l'articulation ont été formulées avec précision par d'éminents physiologistes. Les exercices d'articulation abondent ; les maîtres de la diction les ont réunis et groupés avec art. Nous n'avons
début comme les enfants apprennent la civilité, parce que l'articulation est la politesse des comédiens comme l'exactitude est la politesse des rois, et il faut ensuite la cultiver toute sa vie. » L'art du Comédien, dans la Revue illustrée, n» 97, 1889.
« Le public est toujours reconnaissant, écrit M. Albert Lambert, à l'artiste qui se fait bien comprendre. Beaucoup de comédiens n'ont eu que ce seul talent, et il a suffi à leur créer une situation solide au théâtre. Et, d'autre part, eussiez-vous le génie d'un Talma, dun Frederick, d'une Mars ou dune Racliel, si l'on ne vous entend pas ou si l'on vous entend mal, c'est comme si vous n'existiez pas. Le premier point de la diction et de l'art dramatique, c'est d'être parfaitement entendu. Pour cela, il faut une bonne voix, — naturellement, — mais surtout une articulation très nette, très pure, qui dessine toutes les lettres d'un mot comme des caractères d'imprimerie neufs, une articulation qui martelle, siffle et morde bien les consonnes. » Sur les 'planches.
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rien de mieux à faire que de résumer ici pour nos lecteurs les travaux de ces deux catégories de spécialistes.
7. Ce qu'elle comprend. — Les éléments premiers du langage articulé sont les voyelles et les consonnes. Diversement combinées, celles-ci forment toutes les syllabes ; diversement unies, les syllabes forment tous les mots ; diversement groupés, les mots forment toutes les phrases, dont la succession forme le discours.
La science de l'articulation s'étend donc aux voyelles, aux consonnes, aux syllabes, aux mots et aux phrases. Sur chacun de ces points, elle trace des règles à suivre et indique des défauts à éviter.
Il y a des règles imposées par la nature ou fixées par l'usage, des règles spéciales pour l'émission des voyelles, pour l'articulation des consonnes, pour la formation des syllabes, pour la prononciation des mots, pour l'agencement des phrases. Ces règles, il faut les suivre ; et donc les étudier.
Il y a des défauts, — infirmités organiques ou habitudes vicieuses, — des défauts spéciaux comme les lois qu'ils transgressent : l'accent provincial contraire aux règles de l'émission des voyelles; la blésité qui dénature l'articulation des consonnes ; le bégaiement opposé à la bonne formation des syllabes ; le bredouillement qui altère la prononciation normale des mots ; et le balbutiement qui trouble l'agencement régulier des phrases. Ces défauts il faut les éviter ; et donc les connaître.
Mais la parfaite intelligence des règles serait impossible à qui n'aurait aucune idée du rôle des organes articulateurs et la correction des défauts serait bien difficile à qui ignorerait l'art de régler à volonté le jeu des diverses pièces de ce merveilleux organisme. Un traité d'articulation commence donc nécessairement par quelques notions de physio-
logie et par l'indication de quelques exercices de gymnastique buccale, après quoi, rien n'est plus aisé que de distribuer en cinq séries tous les problèmes qu'il doit résoudre, intitulées, si l'on veut: émission des voyelles et accent provincial ; articulation des consonnes et blésité ; formation des syllabes et bégaiement ; prononciation des mots et bredouiliement ; agencement des phrases et balbutiement.