AI
109. Combinaisons de voyelles. — Cela fait en tout vingt et une combinaisons de voyelles dont six nasales qui s'écrivent de bien des manières.
AI s'écrit aï ou aJ22, dans l'interjection ahi, aïe !
El, s'écrit, ei dans sommeil, ey dans grasseyé, ay dans paye.
TA s'écrit ia dans diable etya dans paya.
lAN s'écrit ia22 dans viande et iei2, dans îienie.
JE s'écrit ié dans pitié, yé dans ennuyé iê dans fiêre, yè dans hyène, iai dans biais, yai dans ennuyai, iei dans vieillard.
lEN s'écrit ien dans rien.
10 s'écrit io dans agio, io dans pioche et yau dans tuyau.
ION s'écrit ion dans aimio22s.
11 s'écrit i dans ouvrier et y dans payer. lOU s'écrit iou dans chiourme.
lEU s'écrit ieu dans Dieu et ïeu dans glaïeul.
OE s'écrit ohé dans l'interjection ohé.
UE s'écrit uè dans duègne et ue dans équestre.
UI s'écrit ui dans lui, et uy dans fuyons.
UEN s'écrit uin dans juin.
OUA s'écrit oi dans loi, eoi dans bourgeois, oe dans moelle, oê dans poêle, ua dans équateur, et, par exception, oua dans couac, pouah et pouacre.
OUAN s'écrit oin dans foin, ouen dans Rouen, ouan dans chouan.
OUE s'écrit ouai dans ouais ! et oue dans fouet.
OUEN s'écrit ouin dans bédouiii.
OUI s'écrit oui toujours, oui, fouine, Louis.
EUI s'écrit eui dans deuil, et œi dans œil.
En tout quarante-six signes pour vingt-et-un sons. .
110. La combinaison 01 et OIN. — La combinaison 01, OIN mérite, au point de vue de la prononciation, une mention particulière. On l'entend prononcer de cinq manières différentes :
Les uns lui donnent le son de OUÉ (E fermée et disent : mouéne, loué, roué. Intolérable.
D'autres l'articulent OUÈ(E ouvert) et on entend: mouène, loue, roué. Très mauvais.
D'autres le prononcent OÈ (E ouvert) : moène, loé, roè. Ne vaut pas mieux.
D'autres font entendre un 0 et un A : moane, loa, roa. Moins mauvais.
D'autres enfin l'articulent OUA et disent : mouane, loua, roua. Bon, à imiter.
111. Diphtongues et diérèses. — Quand deux voyelles qui se suivent se prononcent d'une seule émission de voix, on dit qu'elles forment diphtongue ; s'il faut, au contraire, pour les faire entendre correctement, une double émission de voix, on dit qu'il y a diérèse, c'est-à-dire séparation. Il y a diphtongue dans les mots square et bivouac, et diérèse dans les mots sci-ence et vi-olon.
Dans la diphtongue ', la voix glisse naturellement sur la
1. Diphtongue, qui jadis s'écrivait diphthongue, est un mot grec qui signifie double-son ou donhle-voijelle. Ce n'est donc que par un abus du mot qu'on a pu l'appliquer aux sons simples qui sont écrits par deux ou plusieurs lettres, comme au, eau, ou, ou.
première syllabe et se repose plus ou moins longtemps sur la seconde.
La conversation multiplie les diphtongues. Il n'est pas rare qu'on prononce en causant familièrement, sans séparation d'aucune sorte, pieux, bien, miaule, etc.
La poésie multiplie les diérèses. Les poètes disent volontiers: li-en, ni-ais, li-eu, di-amant, mi-auler, écu-elle, etc.
Règle générale, I appelle diérèse quand il est précédé de deux consonnes dont la seconde est une liquide 1 ou r. Ainsi on dira cli-ent, et cri-ant. — Y entre deux voyelles forme toujours diphtongue avec la dernière : payer, doyen, crayon, etc. — 0 suivi d'un I ou d'un Y fait toujours entendre le son ou très bref: loi, foi, froid, etc.
Plus encore peut-être que partout ailleurs l'usage ici est souverain. Jadis on disait poëte avec diphtongue. On dit aujourd'hui avec diérèse : po-ète.
112. Combinaisons des voyelles avec les consonnes, i — Qui pourrait dire de combien de combinaisons différentes sont susceptibles les sept voyelles et les dix-huit consonnes de la langue française !
Les combinaisons les plus usitées se laissent ramener à l'un des types suivants: 1. Une consonne et une voyelle,
1. « L'union des consonnes et des voyelles, dit Beaunis, constitue les sjjllabes, ou autrement les mots, puisqu'il est à peu près démontré aujourd'hui que toutes les racines étaient à l'origine monosyllabiques. Si l'on se rapporte à la définition des voyelles et des consonnes, on voit que dans la syllabe, il y a deux actes musculaires successifs, dont l'ordre de succession peut, du reste,. varier : une forme spéciale de la cavité buccale (voyelle), un rétrécissement ou une occlusion dans une région d'articulation (consonne). La syllabe présente ce caractère que le passage d'un mouvement à l'autre se fait sans temps d'arrêt, de sorte que l'oreille a la sensation d'un son continu ». Nouveaux éléments de phrjsioL, p. 617.
comme dans la. — 2. Une voyelle et une consonne, comme dans il. — 3. Une voyelle entre deux consonnes, comme dans nul. — 4. Deux consonnes et une voyelle, comme dans bleu. — 5. Une voyelle et deux consonnes, comme dans est. — 6. — Une consonne, une voyelle et deux consonnes, comme dans lest. — 7. Deux consonnes, une voyelle et une consonne, comme dans froc. — 8. Deux consonnes, une voyelle et deux consonnes, comme dans Brest.
Les plus simples de ces types, une consonne et une voyelle, et une voyelle et une consonne, offrent en français cent vingt-six syllabes composées différentes, comme le montrent les deux tableaux suivants.