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FORMATION DES SYLLABES ET BÉGAIEMENT

107. La syllabe. — Émission de voix et syllabe sont, pour nous, deux termes synonymes. Tout ce qui, dans la parole, est d'une seule venue, c'est-à-dire, tout ce qui, pour être articulé, ne nécessite aucune interruption du souffle vocal, pour nous est une syllabe.

Or dans une émission de voix on peut, à volonté, ou ne faire sonner qu'une seule voyelle, comme dans les mots a, haie, eau, eu, œufs, qui se prononcent a, è, 6, u, eu; ou en faire entendre plusieurs de suite sans consonnes, comme dans aïe, yeux, ouïe, etc. qui se prononcent a-ï, ï-eu, ou-ï; ou, au son de la voyelle ou des voyelles, ajouter le bruit caractéristique d'une consonne ou de plusieurs, comme dans elle, la, ouate et ouistiti.

On appelle syllabe pure l'émission de voix qui ne donne qu'une voyelle; diphtongue, celle qui en donne plusieurs; et syllabe composée, celle qui au son des voyelles unit le bruit des consonnes.

108. Voyelles successives. — Serait-il impossible de constituer un langage humain rien qu'avec des voyelles? Ces dernières jouent un rôle immense, chacun le sait, dans certains parlers océaniens. Les mots composés uniquement de voyelles ne sont pas rares dans le grec ^ et dans le

1. aeï, « toujours » ; eïê, « qu'il fût » ; oïoô, « Je détruis » ; uioï, «les fils »;

latin 1 , et ils ne font pas complètement défaut dans les langues modernes. Posez à un allemand et à un français une question qui appelle l'affirmative : ia, vous dira l'allemand ; oui, répondra le français ; — deux mots faits avec des voyelles.

Toutes les langues ont au moins des parties de mots, qui sont faites de voyelles juxtaposées.

Rien ne s'opposant en principe à ce que chacune des sept voyelles soit immédiatement suivie, à tour de rôle, des six voyelles restantes, on conçoit comme possible un nombre de combinaisons très considérable.

Mais en fait, un petit nombre seulement de ces combinaisons se trouvent réalisées dans chaque langue. Voici celles que le français utilise.

L'I attire : l'A dans diacre, paya, diamant, et viande ; — l'E dans pied, niais, mièvre, mien, etc. ; — l'I dans payions ; — l'EU dans pieu, lieu, Dieu ; — l'OU dans chiourme ; — l'O dans pioche, dans afYution et dans portion. — Seule la combinaison lU n'est pas usitée.

L'OU attire l'A dans pouah, dans loi, dans bourgeois, dans loquace, dans moelle, dans Ecouen ; — l'I dans oui, ouïe, fouine et Louis ; — l'E dans ouais, fouet et marsouin.

L'U se combine avec E dans duègne, écuelle, équestre, questeur et juin ; avec I dans lui, ennui, fuyons, équitation.

L'E se combine avec I dans sommeil, vermeil, etc.

L'EU admet dans œil, deuil, etc., une combinaison identique.

L'O attire l'E dans ohé !

L'A se joint à l'I dans ahi et aie /

1. ea, « celle-ci » ; eo, v je vais » ; eoi, « les orientaux » ; aio, « je dis ». etc.

Les combinaisons phonétiques, les seules qui comptent

— les combinaisons graphiques ne sont que des trompel'œil — sont donc :

lA-IAN, lE-IEN, lO-ION, II, lEU, lOU. — OUA-OUAN, OUE-OUEN, OUI. — UE, UI, UAN. — El. — EUI. — OE.

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