‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 36 sur 122 · Une voyelle et une consonne · texte numérisé non relu

Une voyelle et une consonne

ac, ag, at, ad, ap, ah

ec, eg, et, ed, ep, eb

ic, ig, it, id, ip, ib

oc, og, ot, od, op, ob

uc, ug, ut, ud, up, ub

ouch, OU], ous, ouz, ouf, ouv ouc, oug, ont, oud, oup, oub

euch, euj, eus, euz, euf, euv eue, eug, eut, eud, eup, eub

Ach,

ai,

as.

az.

af.

av

ech,

ej,

es,

ez.

ef,

ev

ich.

ij,

is,

iz.

if,

ach,

oj,

os,

oz.

of.

ov

uch.

uj,

us.

uz,

uf.

uv

al.

ail.

ar

el,

ell,

er

ir

ol,

oll.

or

ul,

ull.

ur

oui,

ouU,

our

eul.

euU,

eur

agn.

an.

am

egn,

en,

em

ign,

in.

im

ogn.

on,

om

ugn,

un.

um

ougn,

oun,

oum

eugn,

eun.

eum

115. Syllabes explosives. — La succession des consonnes appelle quelques remarques.

L'articulation des explosives a cela de particulier qu'elle est impossible sans une interruption du souffle vocal. Deux explosives n'entreront donc jamais dans une même syllabe, puisqu'elles appartiennent nécessairement à deux émissions de voix. Et c'est pour cela qu'on entend toujours un EU" bref entre deux explosives qui se suivent immédiatement dans le discours : ac-eu-te pour acte, heb-eu-domadaire pour hebdomadaire, etc.

La contraction nécessitée par l'articulation des explosives donne aux muscles articulatears une attitude si ferme que rien n'est plus aisé que d'articuler, plusieurs fois de suite, la même explosive. De là, la facilité qu'ont les enfants de répéter les mots où se rencontrent des combinaisons de ce genre : Gugusse, coco, toutou, dada, papa, bébé.

138 LA SCIENCE DE l' ARTICULATION

D'une explosive à une vibrante, la transition est si douce qu'on est comme entraîné de l'une à l'autre. Aussi innombrables sont les mots où revient cette succession : claie, cri, glas, grue, plat, prix, blé, bru, trou, Dreux, etc. Seules les combinaisons tl et dl ne se produisent jamais ; ces deux lettres, quand elles se suivent, appartiennent à deux syllabes différentes : at-las, ad-ler, etc.

D'une explosive quelconque à une soufflante linguale le passage est possible : Xanthippe, Ximénès, Tsar, dzonngarie, psaume. Possible encore, le passage d'une explosive labiale et même linguale à une soufflante gutturale, comme dans pschutt, tchèque, et djinn. On remarquera toutefois que ces rencontres sentent l'étranger.

116, Syllabes soufflantes. — L'articulation des soufflantes n'amenant jamais l'interruption complète du souffle vocal, on peut passer des unes aux autres sans soubresaut: chou, joue, sou, zou, fou, vous.

Chacune de ces articulations nécessitant une contraction assez ferme des muscles articulateurs, la répétition d'une même soufflante est relativement facile .chouchou, joujou, cessez, zézaie, fifi, vivez, etc.

Entre une soufflante labiale et une vibrante, l'affinité est évidente : fleuve, frère, vrille, vlan ! — La combinaison chl et chr est d'origine étrangère dans schlague et schrader. Sr et Zr n'appartiennent pas à la même syllabe dans Israël et da.ns Ezras. D'une soufflante linguale à uneexplosive quelconque, la transition est possible: square, sganarelle, statue, spore, sbire, etc.

Possible encore, le passage d'une soufflante linguale aune soufflante linguale ou labiale, comme dans slave et dans svelte.

117. Syllabes vibrantes. — Les vibrantes, parmi les innombrables combinaisons dont elles font partie, n'occupent

jamais la première place. Toutes les fois qu'à l'intérieur d'un mot R où L figurent avant l'une quelconque des autres consonnes, on est sûr qu'ils appartiennent à deux syllabes différentes. Essayez de faire entendre dans une seule émission de voix au commencement d'un mot : RCH, RJ, RS, RZ, RF, RV,RQ, RG, RT, RD, RP, RB, RL, RN, RM, ou \nen: LCH, LJ, etc., — vous n'y parviendrez jamais, à moins d'insérer une voyelle et dire RECH, REJ, etc.

RE et LE se combinent, à condition de prendre la seconde place, avec la plupart des explosives et avec quelques soufflantes.

Clan, gland, tl... dl..., plan, blanc, slave, flan, v'ian.

Craie, gré, trait, dru, pré, blé, sr..., frais, vrai.

Les nasales repoussent toute combinaison avec les autres consonnes. Le ME et le NE ne se combinent que dans les dérivés du mot grec mnémê a mémoire » : mnémonique, jnnémotechnie, mnémosyne, etc.

118. Répétitions. — Pour les explosives et les nasales la répétition se fait très nette sans aucun effort : Ab-bas, Anna, etc. ; ce qui s'explique facilement par le fait que l'occlusion et l'ouverture d'une région d'articulation peuvent -donner naissance à un même son. Or les explosives et les nasales sont le résultat d'une occlusion inévitablement et rapidement suivie d'une brusque ouverture qu'il dépend de nous de rendre sonore.

Beaucoup moins nette, parce que plus laborieuse, est la répétition des soufflantes et des vibrantes. C'est beaucoup moins une répétition qu'une accentuation du son constitutif de la consonne qu'on remarque dans la prononciation des deux R de arrêtez et des deux S de assez. Plus fort dans le premier temps de l'émission, le son de l'R et de l'S devient plus faible dans le second, mais en réalité il n'y a qu'un

son prolongé et accentué. « Ajouter un R à un R, un S à un S, ce n'est en somme que prolonger la série des vibrations assez longtemps pour donner à l'oreille, grâce à la durée et à la différence d'intensité des deux temps, la sensation d'un redoublement de consonne ^ ».

119. Remarques générales. — Ce rapide exposé de la succession des consonnes suffit pour nous faire constater:

1° Que la réunion des deux consonnes du même groupe est impossible.

Le MNE est la seule exception connue. Vous ne réussirez, jamais à faire se suivre, sans intercaler un EU, soit deux explosives DT, BP, QG, soit les deux soufflantes CHJ, JL, FV, soit les deux vibrantes LR.

2" Que le passage d'un groupe à un autre — le groupe des nasales excepté, — est souvent facile, surtout le passage aux vibrantes.

3° Que le passage d'un groupe à un autre se fait de préférence d'une dure à une dure et d'une douce à une douce. C'est ainsi que le K attire l'S dans luxe, maxime, ex, texte, etc., tandis que le G attire le Z dans exil, exorde, examen, etc. Le respect de la même règle fait dire apsence, même quand on écrit absence.

La raison de ces trois faits est contenue dans cette loi physologique « qu'il est plus difficile de faire passer immédiatement un muscle d'un degré de contraction à un degré de contraction différent que de passer de la contraction d'un muscle à celle d'un muscle différent - ».

120. Le bégaiement. — C'est le nom du vice de la parole directement opposé à la bonne émission des syllabes, défini par Littré, dans son Dïclionnaire de médecine : « Difficulté

Page 1