‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 46 sur 122 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

trois rétrécissements successifs déterminant entre eux des espaces vides. Ces espaces jouent simplement le rôle de résonnateur. Un seul, celui qui resserre le larynx au sommet de la trachéeartère, joue un rôle essentiel dans la production du son. Là, est la vraie glotte, là se forme la voix, là sont les parties vibrantes, lèvres vocales de Mandl, ligaments vocaux de Brown, cordes vocales du commun des physiologistes.

467. La boîte vocale. — Le larynx est formé principalement de cartilages et de muscles.

Les cartilages constituent la charpente de la boîte vocale. Il y en a cinq :

En bas, le cricoïde ou l'annulaire,

o. Section verticalB du larynx. 1. — Cavité supérieure.—2. Cavité inférieure.

— 3 et 4. Cavité moyenne ou glotte. — 5 et 6. Cordes vo-

sorte de bourrelet circulaire repo- caie.s inférieures. — 7 et 8. sant sur le premier cartilage de la C'^'"'*'^^ ^o^aies supérieures. trachée, et qui, peu élevé en avant, se dresse en arrière comme un col empesé.

Par devant, le thyroïde ou le bouclier, de beaucoup le plus développé, ayant la forme d'un angle dièdre, le sommet tourné en dehors et présentant au cou la saillie visible appelée « pomme d'Adam b.

A l'intérieur, s'appuyant en arrière sur les épaules de l'annulaire et dirigeant vers le bouclier leur extrémité antérieure, les deux arythénoïdes ou les pyramides, de forme triangulaire, mobiles, destinés à jouer un rôle important dans l'ouverture et la fermeture de la glotte.

En haut enfin, l'épiglotte ou l'opercule, destiné à fermer le larvnx au moment de la déglutition.

L ART DE LA PHONATION

168. Les muscles du larynx. — Les muscles meuvent les cartilages. Les anatomistes en comptent neuf. Leur fonction principale est de modifier la forme et la situation du larynx suivant les exigences de la respiration, de la phonation et de la déglutition. Les plus importants sont les deux muscles intérieurs qui, partant de deux points de l'annulaire, comme les cartilages arythénoïdes, et convergeant comme eux et sur eux, viennent s'insérer par un point d'attache commun sur le cartilage thyroïde. Ils constituent avec les deux cartilages qu'ils enveloppent la glotte proprement dite, divisée par les physiologistes en deux parties ; l'une postérieure fixée dans ses dimensions et dans sa forme, toujours ouverte, et assurant, par là même, le lihre passage de l'air nécessaire à la respiration, c'est la glotte intercartilagineuse ou respiratoire ; l'autre antérieure, comprise entre les extrémités convergentes des muscles, plus rétrécie par conséquent et plus molle, susceptible par là même d'occlusion plus ou moins complète sous l'action de la volonté, c'est la glotte interligamenteuse ou vocale. Cette dernière seule forme la partie phonétique du larynx ; les deux ligaments qui la constituent, par leurs vibrations engendrent la voix, et c'est pour cela qu'ils ont reçu le nom d'ailleurs assez impropre de cordes vocales. Ils ont cela de particulier que leur contraction modifie à la fois leur consistance, leurlon-

Fig. i. — Vue latérale du larynx. — 2. Bouclier, cartillage thyroïde. — 1. Anneau, ■cartilage cricoïde. — 3. 4.

Pyramides, cartilage arythénoïdes. — 5. Opercule, épi- :glotte. — 6. Tube aérilere, trachée.

gueur et leur volume. Tandis que la tension amincit les cordes des instruments ordinaires, les cordes de la voix, au contraire, se gonflent d'autant plus qu'elles se tendent davantage.

169. Les cordes vocales. — Il a été constaté sur des animaux vivants et même sur des tiommes à la suite de maladies ou de blessures accidentelles : 1° que l'émission de la voix est possible tant que les ligaments vocaux restent intacts, alors même que toutes les autres parties internes du larynx sont détruites; 2'' que l'existence d'une ouverture dans le larynx au-dessus de la glotte n'empêche en aucune fecon la formation des sons ^'S- •'^- s^^''"" ^^^ '^•■>"^ ^"'^ •''•^"

haut : 1. Bouclier, cartilage thvroide.

vocaux ; 3" que la présence 2. Anneau, canila-e cricoidc. d'une ouverture semblable ^eti. Pyramides, cartilages arythé-

noïdes. ^ 5 et 6. Muscles thyro-arvdans la trachée détermine thénoïdes. — 7 et 8. Ligaments vocaux,

la perle complète de la voix ; 'orties vocales.

4» qu'il suffit de fermer l'ouverture de la trachée pour que

les sons puissent se produire à nouveau.

Les ligaments vocaux sont donc bien réellement les organes essentiels de la production delà voix. Il importe par conséquent, d'en bien saisir la nature et le fonctionnement. Ce sont deux bandes de tissu élastique, recouvertes d'une membrane très fine. Leur longueur moyenne est d'environ trois quarts de pouce chez l'homme adulte et d'un demi-pouce chez la femme. Chacune des deux bandes unie latéralement au bouclier sur toute sa longueur s'amincit et s'effile dans sa partie antérieure. En arrière elles divergent comme les deux pyramides auxquelles elles sont unies par leur extré-

L ART DE LA PHONATION

Fig. 6. — Glotte au repos. — 1 et 2. Pyramides.—3 et 4. Cordes vocales.

mité postérieure ; en avant elles convergent vers un point commun au centre du bouclier, où leurs extrémités antérieures viennent se confondre. Elles sont donc naturellement séparées par une ouverture triangulaire qui va s'élargissant de l'avant à l'arrière.

Au repos l'ouverture de la glotte est relativement étroite ; il suffit qu'elle puisse donner passage à l'air de la respiration ; mais il dépend de nous d'em modifier la forme et les dimensions ; nous pouvons sans effort les écarter considérablement, nous pouvons même à volonté la fermer hermétiquement. « Pour avoir une idée bien nette des cordes vocales, figurons-nous deux rideaux musculaires disposés horizontaleinent, et qui, tantôt se rejoignent au milieu du larynx par leurs bords internes, tantôt se replient versles parois de l'organe » K Tant que la glotte reste ouverte, l'air entre et sort librement, aucune vibration ne se produit, aucun son n'est possible, et si on parle, c'est à voix basse, c'est-à-dire en imprimant par la langue et les lèvres un mouvement au souffle qui passe, sorti silencieux du larynx immobile. ^. „ ^, ,,

^ FiS-7. — r.loltc pen-

dant la respiration pro-

170. Pour émettre un son vocal. Pour f*^"''*^ émettre un son vocal, il est nécessaire de fermer les rideaux, hermétiquement. Cela n'est pas difficile. Au moindre signe de la volonté les muscles qui règlent les mouvements des cartilages arythénoïdes font leur œuvre, et tout aussitôt ces cartilages se rapprochent, les cordes vocales se touchent

Page 1