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C[I. Vir. — APPAREIL PHONATEUR ET HYGIÈNE VOCALE 237

par leurs bords internes, et leurs fibres contractées sont comme autant de fils tendus que le moindre effort du souffle pulmonaire suffit à faire vibrer.

A peine mis en contact les ligaments vocaux sont frappés de bas en haut par l'air du poumon cherchant une issue, et comme ils sont élastiques, ils cèdent sous l'effort, mais pour retomber immédiatement un peu au-dessous de leur position première, par le seul fait de la diminution de la pression inférieure, conséquence nécessaire de l'expulsion d'une petite partie de l'air du poumon. L'opération re- |.j„ g Glotte pencommence et se continue rapidement fia»' i'<'mission du son. et régulièrement, à volonté, avec ou sans interruption, jusiju'à épuisement de la provision d'air. Il en résulte deux catégories de vibrations : celles des ligaments qui montent et descendent et celles de la colonne d'air qui, par saccades, s'élance du larynx. Les vibrations des ligaments sont dites primaires, celles de la colonne, secondaires ; le son vocal est le produit des unes et des autres. Il est d'autant plus parfait que les émissions du souffle sont mieux réglées, et que les vibrations des ligaments sont plus régulières.

171. Un quatuor complet. — L'ébranlement imprimé à l'air vocal par le déplacement des cordes ne peut pas ne pas se communiquer à la colonne entière, au-dessus comme audessous du larynx, et le mouvement imprimé aux cordes vocale par le contact de l'air ébranlé ne peut pas ne pas se communiquer à tous les éléments du tuyau sonore, de l'ouverture à la soufflerie, si bien que l'émission d'un son vocal met nécessairement en vibration l'appareil phonateur tout entier ; ce qui oblige le physicien philosophe à distinguer dans la production de la voix humaine la collaboration de quatre facteurs différents : l'air au-dessous du larvnx dont le rôle

238 l'art de la phonation

essentiel est de donner à la voix son intensité, par l'ébranlement sonore que ses vibrations communiquent à la cavité thoracique; l'air au-dessus du larynx dont les vibrations incessamment modifiables comme les dimensions des cavités mobiles où elles se produisent ont pour effet principal de donner à la voix son timbre ; les cordes vocales dont la tension détermine surtout la hauteur du son vocal ; les diverses parties enfin de l'appareil phonateur, dont l'élément musculaire tendu pour l'acte phonétique sous l'action de l'air inspiré, s'ébranle uniformément à raison de 28 vibrations par seconde et produit un son propre constant très grave, «dont les harmoniques renforcés individuellement par la cavité buccale jouant le rôle de résonnateur variable à volonté constituent les vocables des voyelles » i, — L'admirable instrument que la voix humaine ! Elle est pour ainsi dire à elle seule « un quatuor complet dans lequel figurent quatre corps diversement sonores, exécutant chacun leur partie, dont l'importance relative est continuellement variable à la volonté de l'exécutant. C'est cette collaboration et cette demi-indépendance des quatre exécutants qui produisent l'infinie variété des sonorités qu'un bon chanteur possède à sa disposition, et c'est la complication de notre appareil phonateur qui fait sa richesse et sa beauté » -.

172. Difformités et infirmités. — Comme aussi sa délicatesse. Une phonation parfaite suppose évidemment une conformation heureuse et une disposition excellente de toutes les pièces de l'appareil vocal. Qu'une seule présente une malformation ou souffre d'une indisposition, adieu la belle harmonie qui fait le charme et la puissance du concert vocal. Or nombreuses sont les malformations quepeu-

1. Guillemiii. De la Phonation, dans la Yoix, juillet-août 1890, p. 227.

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