‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 48 sur 122 · Id., ibid · texte numérisé non relu

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cil. VII. — APPAREIL PHONATEUR ET HYGIÈNE VOCALE 239

vent présenter et multiples les indispositions dont peuvent souffrir les divers éléments de l'appareil phonateur.

Parmi les malformations ou déformations, les plus fréquentes ou les mieux connues, figurent : la division du palais et du voile qui accompagne parfois la division de la lèvre supérieure, disposition connue sous les noms de becde-lièvre et de gueule de loup ; — la présence sous la langue d'un filet ou frein qui immobilise presque la pointe qu'elle relie au plancher de la bouche; ■ — la forme ogivale trop accentuée ou la trop grande brièveté de la voûte du palais avec projection des dents en avant ; — la perforation du palais ; — la chute ou l'ablation des dents ; — diverses inllammalions et tumeurs de la langue; — l'hypertrophie des amygdales ; — la paralysie du voile du palais ; — l'allongement de la luette ; — la formation de kystes dits grenouilletles sur le plancher de la bouche , — et la présence de polypes dans le nez et dans le larynx. Toutes ces difformités ou infirmités ont cela de commun qu'elles affectent à peu près exclusivement l'articulation ou le timbre. Congénitales ou consécutives, elles relèvent de la chirurgie à qui il appartient de dire en dernier ressort à quelles conditions et dan& quelle mesure on peut les supprimer ou les amoindrir.

173. Indispositions et maladies. — Les indispositions résultent d'accidents survenus durant l'accomplissement de l'une quelconque des fonctions vitales auxquelles doit satisfaire l'appareil phonateur. Plusieurs des éléments qu'il utilise, ceux de la bouche et de l'arrière-bouche, servent aussi, servent surtout, à la nutrition. Tous, sans exception, servent à la respiration, les uns incessamment, comme la trachée, le larynx et le pharynx ; les autres, comme le nez et la bouche, par intermittence. Or le travail de la nutrition est très dur, et celui de la respiration lui-même ne va pas sans quelque fatigue.

240 l'art de la phonation

La mastication déforme la bouche et la déglutition violente le gosier. Broyé ou transmis, l'aliment peut surexciter et même blesser l'organe qu'il touclie ; et de fait la plupart des maladies spéciales de cette partie de l'appareil phonateur sont dues à des accidents de la fonction nutritive. Le mal de gorge, en particulier, le plus souvent n'a pas d'autre cause. (( D'une façon générale, dit le D'" Erowne, on peut affirmer avec certitude qu'une affection de cette région (la partie qui est commune aux deux voies, respiratoire et alimentaire, c'est-à-dire le gosier,) est presque toujours liée à des troubles de l'appareil digestif, plutôt qu'à des troubles de l'appareil respiratoire ou de l'organe spécial de la voix » ^.

Très nombreuses sont les affections des voies respiratoires. La moins inquiétante est le rhume simple, qui se borne à une légère congestion de la muqueuse du larynx et de la trachée; les plus fréquentes sont constituées par des phénomènes d'inflammation dits aigus, quand ils durent peu, et chroniques, quand ils se prolongent, et qui, suivant qu'ils ont pour foyer principal les bronches, le larynx, le pharynx ou les fosses nasales, prennent le nom de bronchite, de laryngite, de pharyngite, et de rhinite ou coryza — rhume de cerveau. Les plus graves sont la phtisie qui ruine le poumon, la diphtérie qui siège au larynx, et l'angine qui prend à la gorge. Graves ou légères, aiguës ou chroniques, toutes ces indispositions sont du ressort de la médecine, qui seule a mission de nous apprendre à quelles conditions on s'en préserve et à quel prix on peut s'en guérir.

174. Heureuse immunité. — Un fait vraiment digne de remarque, c'est que les déformations et les indispositions de l'appareil phonateur sont presque toutes et presque toujours sans action directe sur l'organe propre de la phonation,

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