Grundriss des Physiologie
5. D'" Th. Piderit, la Mimique et la Pliysiognomonic, traduction Girut (1 vol. in-8<* de la Bibl. de pJiilos. contemporaine, Paris, Félix Alcan, 1888.
Mantegazza ^, tous savants estimables, mais philosophes plus que suspects. Leur principal mérite est d'avoir exposé, souvent avec éclat, des vues fort ingénieuses, et surtout d'avoir clairement décrit et groupé méthodiquement un très grand nombre de faits. On courrait risque de tomber dans les erreurs les plus graves en acceptant toutes leurs conclusions, mais on se priverait de beaucoup de lumières en s'interdisant de profiter de leurs expériences. Aux lecteurs d'aviser. Ceux qui n'auraient ni le loisir ni le goût de chercher leur bien dans le dépouillement de ces œuvres mêlées, feront bien de s'en tenir à l'étude du manuel de M. Matthias Duval ^ . Us y trouveront, résumées avec une compétence indiscutée et une clarté souveraine, toutes les questions d'anatomie et de physiologie dont la connaissance s'impose aux artistes.
266. La question psychologique. — De tout temps l'homme s'est efforcé de voir l'âme en regardant le corps ; l'espérance de s'élever par l'étude de la natu re extérieure à la connaissance de notre nature intérieure, et de découvrir la conscience en considérant la physionomie, est aussi ancienne que l'humanité.
« Bien des siècles avant que les divers mots techniques, qui servent à désigner l'étude de la physionomie humaine, eussent pris place dans nos dictionnaires et dans l'histoire de la science, l'homme avait regardé le visage de l'homme pour y lire la joie et la douleur, la haine et l'amour, et il avait cherché à en tirer des divinations curieuses et d'une
i. P. Mantegazza, professeur au muséum d'histoire naturelle de Florence, ha. ^physionomie et l'e-rpressiondcs sentiments. 1 vol. in-S", de la Bibliolhèqiie scientifique internationale, Paris, Félix Alcan, 1889.
2. Précis d'anatomie à l'usage des artistes, par Matthias Duval, professeur d'anatomie à l'école des Beaux-Arts, professeur à la Faculté de Médecine, membre de l'Académie de Médecine. Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts, Paris, Quantin, nouvelle édition 1896-.
application quotidienne. Il n'est pas de peuple illettré, de langue rudimentaire, qui n'ait incarné dans quelque proverbe le résultat de ces premiers jeux de la divination. Les bosses, les regards louches, les yeux étincelants et les yeux éteints, les diverses longueurs du nez et les diverses largeurs de la bouche sont célébrés ou condamnés dans les dictons populaires ^ ».
267. Notions instinctives. — Et nous continuons tous, aû^ jourd'hui encore, cette œuvre d'interprètes et de devins.
(( Bavard ou taciturne, impassible ou agité, tout le monde porte sur soi l'empreinte de son âme. Nous coudoyons à chaque instant des gens avec qui tout contact verbal nous est impossible ; nous en rencontrons quotidiennement avec lesquels nous n'échangeons que des formules peu significatives de politesse.
« Or ni les uns ni les autres ne nous sont complètement étrangers, si, éveillés par notre sensibilité et guidés par notre intelligence, nous prenons la peine de les observer. Beaucoup de personnes, en vertu de notions indéfinissables, parviennent à se former un jugement très exact de ceux qui les approchent. Chacun de nous est plus ou moins physionomiste, bien que sujet à l'erreur.
« La maîtresse de maison qui engage une servante, le commerçant qui prend un employé, le chef de parti qui recrute des affiliés, consciemment ou inconsciemment, s'en rapportent presque toujours à l'allure et au visage avant de décider leur choix. C'est donc que nous sentons confusément qu'il y a un langage évident dont il s'agit de déchiffrer l'alphabet.
a Devant la fragilité des notions instinctives, trop inconstantes et pleines de trahisons, des hommes à tous les âges,.. dans toutes les civilisations, sous toutes les latitudes, ont