ACTE PREMIER
MADAME HOMEYER
Monsieur Zarncke, je ne demande d'éloges de personne. Je suis une honnête veuve. Et quand on a eu du tourment comme moi dans la vie... ah ! Dieu !
ZARNCKE
Mais, dites donc, vos tourments ne vous ont pas trop mal réussi.
MADAME HOMEYER
Mais oui, je suis assez bien conservée.
ZARNCKE
Et puis, c'est aussi la bonne conduite.
MADAME HOMEYER, aveC UJl SOUpÏT.
Oui, oui.
Écoutez, ma fille, encore une question : vous n'avez rien entendu la nuit dernière ?
MADAME HOMEYER
Si fait. J'ai bien entendu quelque chose, des pas, un peu de bruit.
ZARNCKE
Et pourquoi n'en avez-vous rien dit ?
MADAME HOMEYER
C'est que personne ne m'a rien demandé. Et puis, d'ailleurs, je ne me charge pas de dénoncer. Je ne me môle pas des affaires des autres.
ZARNCKE
Vraiment ? Pour vous, ce sont les affaires des autres ?
MADAME HOMEYER
Mon Dieu ! comment aurais-je pensé que c'étaient des voleurs ?
ZARNCKE
Et qu'est-ce que ça aurait bien pu être ?