ACTE QUATRIÈME
BiEGLER, la main dans celle de Laiire.
Oui, quoi qu'il arrive, c'est lui que nous remercierons. Chut!... Est-ce que ce n'est pas minuit qui sonne ? (On entend au loin sonner une horloge.) Mais vrai, il faut décidément que je fasse ma ronde et que je sifïle... sans ça, je ne serais pas digne de... {Il rit doucement^ l'air heureux.) Allons, bonne nuit, mademoiselle Laure.
LAURE
Bonne nuit, monsieur Biegler.
RiEGLER, au pied des marches.
A présent, je peux monter tranquillement l'escalier.
LAURE
Il ne reviendra plus jamais.
BIEGLER, de l'escalier.
Bonne nuit !
LAURE
Bonne nuit. {Biegler disparaît par la droite.) Père !... il faut pourtant te décider à aller au lit. Père ! {Le vieux ne bouge pas. On entend trois brefs coups de sifflet de Biegler.) Entendstu, père, comme il siffle ? {Biegler siffle encore, de plus loin.) Père, c'est le bonheur qui siffle ! C'est le bonheur !
Elle tombe en sanglotant devant le vieillard, le visage caché sur ses genoux. Le vieux continue à dormir. Le sifflet de Biegler s'entend de moins en moins à mesure qu'il s'éloigne.