ACTE l'REMlER
LAURE
Us uiit bien leur idée. Mais il fait d'eux tout ce qu'il veut. Il fait la loi dans le chantier bien plus que le contremaître. 11 n'y en a pas un qui oserait broncher. Et puis, quand il se met à leur chanter un des airs que les femmes lui ont appris, là-bas... Ah ! alors, ils en perdent tous la tête.
MARIE, rêveuse.
Oui, il chante bien... Ah ! Laure, comme tu es sotte! {Avec un sanglüt.)Tu as une enfant, qui joue là... ton enfant joue là... et tu te plains !
LAURE, inquiète.
Mariette...
MARIE, se ressaisissant.
Ah ! c'est le printemps... c'est le... Ça vous rend toute... Et toi, tu te plains !
LAURE, avec un sourire contraint.
Mais non, je ne me plains pas.
MARIE
Mais tu to traîaics comme une âmo en peine et tu souffres de ta lionte... ta honte ! Qu'est-ce donc que la honte ? Notre corps est un temple... et mettre un enfant au monde c'est servir Dieu. A moins qu(i le temple ait été mal construit... car alors, c'est désolant... Le printemps vient, la femelle du merle fait son nid... et l'on n'est déjà plus qu'une ruine.
LAURE
Mais, toi aussi, Marie, tu peux encore être heureuse.
MARIE
Je voudrais bien... Mais qui donc m'aimera ? Et je me sens tant de courage, là... Je voudrais t'en donner un peu du mien pour que tu relèves la tête et que tu ne sois plus engourdie dans ton chagrin, comme une pierre. [Laure rit avec amertume. Marie, se contraignant.) Écoute... Faut-il que je lui parle, moi ?