ACTE PREMIER
MARIE
Et, luaintenaiit, parlons un peu sérieusonienl. Pourquoi te cacher ? Pourquoi ne pas dire ouvertement que c'est lui le père ?
LAU RE, açec anxiété.
Mon Dieu, comment lerais-je ? 11 me l'a défendu.
MARIE
Et pourquoi te le laisser défendre ?
LAURE
Quand il est revenu de sa tournée, à l'automne, il m'a dit : « Veux-tu que je revienne travailler au chantier ?» Je crois que dans ma joie, je lui ai baisé la main. « Mais à une condition, qu'il m'a dit, que tu tiennes ta langue, que personne ne sache rien. » Ceux d'avant, qui avaient su la chose, étaient tous partis, depuis le temps. 11 n'y avait plus que le contremaître, et, celui-là, c'est son ami. Quant au père, il l'a dans sa manche. Alors, moi, je me
mords la langue depuis des jours et des jours et je me dis : « Il faudra tout de même bien qu'on rompe le silence. » Mais il ne se passe rien... Il vient à la cantine, toujours de bonne humeur, mais jamais seul. Ça, il s'en garde bien.
MARIE
Mais quelle raison peut-il bien avoir pour tout cela ?
LAU RE, levant les épaules.
Je me figure, qu'il en a une autre en tête.
MARIE, eßrayee, avec angoisse.
Et qui donc ?
LAURE
Peut-être qu'il en a ramené une de Milan, ou peut-être ...Qui peut savoir ?
MARIE, montrant Lénette.
Et tu crois qu'au chantier, personne ne se doute ?...