ACTE TROISIEME
c'est de la vraie mort-aux-rats. J'en ai déjà des durillons au foie. Il va bientôt falloir que je me mette d'une société de tempérance.
LAURE
Ah ! oui, ça serait joliment bien ça, père.
EICHUOLZ
Joliment bien... joliment bien. Est-ce que tu sais ce qui serait bien pour moi ? D'abord, je ne mangerai plus dans une écuelle en terre, tu peux te le tenir pour dit.
LAURE
Ah ! tout ça, ce sont dos idées que tu te fais, père.
EICHHOLZ
Car, qu'est-ce que je suis ?... Une charogne chez l'équarisseur... puisqu'ils me chassent à cause d'un... d'un assassin.
LAURE, coulant détourner la conversation. Ah bah !
EICHHOLZ
A ma place, y a un assassin. Je ne supporterai pas ça. Je vas me flanquer à l'eau. Je vas avaler une boulette de poison... et, après, je me vendrai à la « natom.ie » pour que tu n'aies rien de moi, sale bête... pas mémo mon cadavre.
LAURE. souriant Mais je ne veux rien du tout, père.
EICHHOLZ
Et si tu avais seulement un peu d'honneur dans le cœur, tu me flanquerais ce gueux-là à la porte et tu récurerais au phénol la place où il se met. Au lieu de cela, il se pourléche ici de tes rôtis.
Laisse-lui donc le peu qu'il mange, père. Et puis, est-il vraiment celui dont le commissaire a parlé hier ? ça, personne n'en sait rien.