ACTE THOISIÈME
LAURE, avec passion
Alors, je te la donne. Alors, prends-la, elle est à toi. Pourquoi faudrait-il qu'elle traîne la misère avec moi, si elle peut avoir ça !
Elle sanglote.
MARIE
Laure, écoute-moi bien. Il y a deux jours, je t'aurais dit oui, avec bonheur. Mais... à présent, je vois les choses autrement... car, vois-tu... un enfant... il faut d'abord qu'il ait son père... n'est-ce pas ? Eh bien, c'est cela que je veux assurer à Lénette : je lui laisserai tout ce que j'ai, alors...
LAURE, avec un noiwel étonnement.
Marie! Marie! Est-ce que je te comprends bien ?... Je ne puis y croire... ce serait trop beau... ce serait trop beau I Et puis, ça ne pourrait pas bien tourner... Jamais de la vie... non, jamais!
Pourquoi pas ?
IGÜ PAUMl LES PlLllUES
LAURE
Parce que... parce que... II... il ne veut plus de moi... Je ne serais plus qu'un boulet à son pied, rien de plus.
MARIE
Même s'il savait sur quoi Lénette pourra compter ? Et ce qu'il aurait à administrer ?
LAURE
Mon Dieul mon Dieu! mon Dieu!
MARIE
Seulement, ce qui arrivera, si je meurs avant mon père, ça je n'en sais rien, car, lui, sûrement, il ne voudra pas.
LAURE
Non, non, non. C'est impossible, ça ne peut pas être... et, du reste, peu importe que ça ne puisse pas être... On finit, à la longue, par être maté. Et puis, peut-être, la destinée vous réservera-t-elle tout autre chose... autre chose qui n'ait pas été préparé par tant de larmes. Mais