ACTE TROISIÈME
BiEGLER, se rassri/ant.
Pi'obalilo quo je le sais.
LAURE
Oui, il faut que, pendant des milliers et des milliers d'années, les couches supérieures pèsent sur la terre vivante pour qu'elle se change en pierre... Mais chez l'homme, ça ne demande pas si longtemps... je m'en suis aperçue. Deux ou trois ans de pression... toujours la même... et ça suffît.
BIEGLER, over amertume.
Si ça suffît !
LAURE
On rit et on pleure, et on dort, et on travaille... Ah ! on peut même être gai... En somme, on est une créature comme les autres et, pourtant, on n'en est plus une... car, tout en dedans, rien ne vit plus. On n'a pas plus de volonté qu'une pierre ; on se laisse pousser du pied, comme une pierre, on devient indiiïéreut à tout, comme une pierre.
BiEGLER, avec ardeur.
Oui, oui, c'est bien ça... Oui, oui.
LAURE
Mais, aujourd'hui, il m'est revenu de la vie. Il y a eu quelque chose qui m'a fait tant de plaisir... Hier, j'étais comme vous... Mais, aujourd'hui, je peux vous aider. Seulement, il faut que vous ayez confiance, que vous croyiez que je le veux vraiment.
BIEGLER
J'aurais bien confiance... mais... {Ruminant en dedans.) il faudra tout de même que je m'en aille.
LAURE
Je croyais que vous étiez content.
BIEGLER
S'ils m'avaient laissé tranquille... tous... j'aurais été dans le paradis. Le matin... comme ça, sur les deux heures,... je me sentais tout, léger... car alors, personne ne pouvait venir me