‹ Parmi les pierres, pièce en quatre actes;Chapitre 98 sur 146 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

domaiider quelque chose... Pourtant si... il y a quelqu'un qui peut venir... Elle peut toujours venir... Elle n'est pas encore venue... mais elle peut.

LAURE, at^'cc un sourire apaisant.

Mais qui donc, qui donc ça ?

Al) ! oui ! Il faut que je me soulage le cœur.

LAURE

Non... si vous ne voulez pas.

BIEGLER

Savez-vous ce qui va se passer, maintenant ?... D'abord, ils vont s'écarter peu à peu... On veut se mettre à l'ouvrage avec les autres et voilà qu'on est tout seul. Puis, c'est des propos qu'on entend circuler. On dit : « Eh ! là-bas, vous êtes-vous déjà assuré sur la vie ? )> Ou bien on dit : « Y a des gaillards, s'ils ne se donnent pas bientôt de l'air, on mettra 1<^ clianti(M' à l'index. » Et puis, c'est un mor-

ceau de bois qui vole en l'air. Et puis, c'est une pierre. Et, un beau jour, c'est vous-même qui viendrez me dire : « Je suis bien fâchée, monsieur Biegler, mais il faut que vous alliez manger ailleurs, rapport aux autres. » {Laiire secoue (violemment la tête.) Attendez un peu. Pour finir, c'est le patron qui vient et qui vous dit: (c Voilà votre livret. Vous pouvez partir, » Et on sait bien qu'on va s'enfoncer encore dans le pays de la faim où on ne trouve rien de chaud à se mettre sous la dent, et pas de lit pour dormir, et on dit tout de même : « Dieu soit loué 1 »

LAU RE

Ah ! c'est affreux.

BIEGLER

Notre aumônier, à la prison, disait toujours : « Réjouissez-vous de pouvoir expier. » Expier ! Ah ! un beau mot. Ces messieurs l'ont inventé tout exprès pour nous... Oui, et poin-quoi faut-il donc que j'expie ?... Parce que mon chemin m'avait conduit dans ce gîte ?... et

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