‹ Parnasse royalChapitre 35 sur 37 · SONNET AU ROI · texte numérisé non relu

SONNET AU ROI

TOUT se détruit, tout passe, et le cœur le plus tendre Ne peut d'un même objet se contenter toujours ;

Le passé n'a point eu d'éternelles amours,

Et les siècles suivants n'en doivent point attendre.

La constance a des lois qu'on ne veut point entendre ; Des désirs d'un grand Roi rien n'arrête le cours : Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours ; Cette inégalité ne saurait se comprendre.

Louis, tous ces défauts font tort à vos vertus ; Vous m'aimiez autrefois, mais vous ne m'aimez plus. Mes sentiments, hélas ! diffèrent bien des vôtres I

Amour, à qui je dois et mon mal et mon bien, Que ne lui donniez-vous un cœur comme le mien, Ou que n'avez-vous fait le mien comme les autres !

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