‹ Parnasse royalChapitre 36 sur 37 · LE CHIEN, LE LAPIN ET LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE CHIEN, LE LAPIN ET LE CHASSEUR

Tahle jy86

CÉSAR, chien d'arrêt renommé, Mais trop enflé de son mérite, Tenait arrêté dans son gîte Un malheureux lapin de peur inanimé.

« Rends-toi! lui cria-t-il d'une voix de tonnerre Qui fit au loin trembler les peuplades des bois. Je suis César, connu par ses exploits Et dont le nom remplit toute la terre. » A ce grand nom, Jeannot lapin, Recommandant à Dieu son âme pénitente, Demande d'une voix tremblante :

€ Très sérénissime mâtin Si je me rends, quel sera mon destin ?

— Tu mourras. — Je mourrai, dit la bête innocente. Et si je fuis? — Ton trépas est certain.

— Quoi, reprit Tanimal qui se nourrit de thym, Des deux côtés je dois perdre la vie !

Que votre auguste seigneurie Veuille me pardonner, puisqu'il me faut mourir

Si j'ose tenter de m'enfuir. »

Il dit et fuit en héros de garenne.

Caton l'aurait blâmé, je dis qu'il n'eut point tort,

Car le chasseur le voit à peine Qu'il l'ajuste, le tire et le chien tombe mort. Que dirait de ceci notre bon Lafontaine? Aide-toi, le ciel t'aidera.

J'approuve fort cette méthode-là.

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