‹ Parodie du Juif errantChapitre 14 sur 24 · PREMIÈRE PARTIE. ÎV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. ÎV

général , d'autant mieux que le bourgeois, qui venait

ainsi de lui sauver si miraculeusement la vie , était sans doute fort pressé et allait dîner en ville , car il s'éloigna aussitôt , sans laisser seulement le temps à votre père de le remercier et de lui offrir un petit verre.

•• Après la bataille de Waterloo , le général , qui avait bien le plus charmant caractère , mais qui éprouvait toujours le besoin de taper sur quelqu'un , passa dans les Indes où il se mit à défendre les Indiens contre^les Anglais.

■ Aussi je n'ai pas besoin de vous dire que votre père se couvrit derechef de gloire, et il n'eut dans les

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Indes que de la satisfaction; sauf qu'un jour, danune charge très-précipitée , il dégringola , lui et son cheval , dans un ravin.

» Voilà, mes enfants, tout ce que j'avais à vous révéler pour l'instant sur votre famille ! •»

Une mauvaise plaisanterie faile à «lovial.

Pendant ce récit palpitant d'intérêt, de bien étrange- choses se passaient dans l'écurie où étaient ren-

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fermés le ti^re, la panthère, Goliath, Barrock et autres animaux féroces.

Barrock avait reçu mission d'un comité directeur , que vous connaîtrez plus tard , de retarder de quelques jours l'arrivée de Dagobert à Paris. — Il y allait du repos du monde peut-être !

Que fait alors Barrock ( Il ne trouve rien de mieux que de ménager un tête-à-tête entre Jovial , le pauvre cheval de Dagobert, et la panthère noire de Java.

La panthère noire , à l'inverse des habitués des restaurants à 32 sous, adorait le bifteck de cheval, et l'infortuné Jovial fut dévoré en un clin d'œil.

Puis, cette opération culinaire terminée, Barrock fit rentrer la panthère dans sa cage en se servant de sa fameuse badine , de son riding-stick d' acier qui chau ffait

depuis le commencement du roman , sans qu'on sût pour quel usage.

Dagobert, entendant les suprêmes hennissements de ce pauvre Jovial , qui pour l'instant l'était peu , accourt à la défense de son quadrupède et saisit Barrock

à la gorge , dans l'intention bien évidente de se procurer la satisfaction de l'étrangler.

Puis, changeant tout à coup d'opinion, Dagobert , qui venait de réfléchir que le cadavre de Barrock ne lui serait d'aucune utilité pour faciliter ses moyens de transport jusqu'à Paris, se mit tout bonnement à crier à la garde et au commissaire, afin que le dompteur de bêtes féroces lui rendît un autre cheval.

Vous conviendrez avec moi que ce raisonnement ne manquait pas d'une certaine justesse, — nous verrons plus loin si Daçrobert eut complètement raison de s'en rapporter ainsi à la justice , qui malheureusement

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