MONSIEUR CHARLES MARIE BOUCHER DE BOUCHERVILLE
14ème Desservant et 6ème Curé,
M. Charles Marie Boucher de Boucherville était fils de KSieur René-Amable Boucher de Boucherville et de Dame Madeleine de Simblin. I] était né le 29 décembre 1781 et fut ordonné prêtre par Mer Denaut, à Boucherville, sa paroisse natale, le 6 janvier 1805, jour des Rois, qui était un dimanche cette année là. Il fut d'abord vicaire de Mgr Denaut à Longueuil, puis vicaire à Québec, en 1806, d'où il fut appelé à la cure du Château Richer, le 21 décembre 1807, par Mgr Plessis.
Aussitôt après la sépulture de M.
Derome, le ler oct. 1808, Mgr Plessis écrivit à M. de Boucherville, ‘“ Vous avez appris la mort de M. le curé de
Charlesbourg. Il s’agit de le remplacer.
J'ai jeté les yeux sur vous; cela vous coûte et à moi aussi. Mais des raisons supérieures m'obligent de remplir cette place sans délai. Je crois que vous y convenez, que vous y pourrez faire plus de bien qu’au Château-Richer, parceque la place est plus importante et la mission plus vaste. La voix publique vous y nomme, quoique je n’ale communiqué à personne le dessein que j'avais de vous la donner. L’encan de M. Derome doit évacuer dès cette semaine le presbytère.
Arrangez-vous de manière à y faire l'office le 9 de ce mois, sauf à retourner au Chàteau-Richer les jours suivants pour régler vos affaires.”
M. de Boucherville se rendit au désir de Mgr Plessis, mais il le fit avec peine et regret, car il était déjà bien attaché aux paroissiens du Château-Richer, quoiqu'il ne les eut desservis que pendant neuf mois, et puis il aimait le petit côteau au bord du fleuve, sur lequel l’église et le presbytère dc cette paroisse sont bâtis, et où il rêvait de longues années de bonheur ; mais le prêtre est un soldat etil ne peut être heureux, dans le vrai sens de ce mot, et utile qu’au poste qui lui est assigné.
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Peu de temps après son arrivée à Charlesbourg, le 23 oct. 1808, M. de Boucherville se fit autoriser par les marguilliers à faire faire quelques bancs dans le jubé, conjointement avec le marguillier en charge, J.-Bte Bedard, et à remplacer le bedeau Biom par Joseph Bedard, septième bedeau connu de la paroisse, qui entra en fonction, le jour de la Toussaint, à raison de dix-huit piastres par année. C’est la première fois, que dans les comptes, il est parlé de piastres, et Joseph Bedard est aussi le premier bedeau de la paroisse qui ait porté l'habit d'ordonnance que fit faire M. de Boucherville, et qui a été le même à peu près dans toutes les paroisses Jusqu'à ces derniers temps, c’est-àdire, une cloque de drap bleu avec triple collet de drap rouge bordé de gallon blanc de fil de soie ou d'argent.
Sous M. Borel, les paroiïissiens furent admis aux assemblées pour recevoir les comptes des marguilliers ; mais, comme pendant son règne et celui de son successeur, M. Derome, on n’a pas laissé d’actes des élections des marguilliers, on peut croire avec raison que jusqu’à M.de Boucherville, les notables n'avaient pas été
admis aux assemblées faites pour ces
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élections. Pour la première fois donc, le 27 décembre 1808, à l'élection de Jacques Galarneau, la première élection que présida M. de Boucherville, on vit, non seulement les marguilliers, mais aussi quelques anciens de la paroisse assister à l’assemblée. La porte à laquelle les notables frappaient depuis longtemps pour être admis aux assemblées pour les élections des marguilliers fut donc enfin ouverte à Charlesbourg. On sait combien cette admission des notables aux assemblées des marguilliers suscita d'opposition et de trouble dans la plupart des paroisses.
Le 10 septembre 1807, on retira du coffre-fort quarante et un louis et cinq shellings, (£41 5s.0). C’est la première fois encore qu'il est question de louis et de shellings dans les comptes, cependant ces comptes de la fabrique continuent à être tenus, comme auparavant, par livres, sous et deniers, jusqu’en 1815, ensuite par louis, shelling et denier, et enfin aujourd’hui, par piastres et centins. (1)
(1) Dans les comptes de cette même année 1809 on voit une entrée de 495 livres de vingt copres, pour vingt sous. Le vrai mot est copper, anglais. Déjà l’anglomanie commençait à se répandre et autrefois plus qu'aujourd'hui on disait, à la campagne surtout, copres ou copes au lieu de sous.
Dos. En 1812 il y avait à Charlesbourg un
ne, le détachement de miliciens, placé en quar-
Lcques tiers d'hiver dans les demeures des parois-
1e pré- siens et dont les officiers se plaignirent 1 seu- de ne pas avoir à l’église les places qui si quel- leur convenaient. Mgr Plessis, auquel
à l’as- ces plaintes avaient été communiquées, otables écrivit, le 10 janvier 1812, à M. de Bouur être cherville : “ Par une lettre officielle en ections date d'hier il m'a été signifié que le désir verte à de Son Excellence le gouverneur (alors | n cette Sir Creorge Prévost) était que les officiers «, »mblées du détachement qui est en quartier k ition et d'hyver dans votre paroisse eussent des ls aroisses. places pour y assister au service divin, tira du sans être ebligés de demeurer dans les
et cinq allées. Comme je ne connais aucun banc
remière approprié à cette fin, je désirerais que
louis et vous leur procurassiez quelques chaises
pendant en dehors et auprès du balustre, en atten- 4
inuent à r livres,
ensuite bnfin au-
dant que Son Excellence ait déclaré s’il serait plus conforme à son intention qu'on leur fit occuper le banc seigneurial.”
À cette lettre M. de Boucherville
k 1 répondit: ‘La politesse et les égards es "1 que méritent MM. les officiers du détar vingl SOUS: ! chement résidant à Charlesbourg m'ont SSD 1 fait prévenir dès les commencements les
jourd'hui on ‘ 9 ks au lieu de 4
172 PAROISSE DE CHARLELBOURG
ordres contenus dans votre lettre d'hier.
J'ai offert à M Pinguet, et par lui aux autres oMiciers, des chaises dans tel endroit de la nef de l’église qu'ils voudraient les placer. Que pouvais-je faire de plus, n'ayant pas de banc pour moi-même ?
Leur refus me fait croire que le but de l'application qu'ils ont faite à Son Excellence était d'obtenir des places dans le banc du capitaine de milice ; ce qui me semble plus convenable, d'autant que ce banc appartient au gouvernement, comme dans les autres campagnes. Plus de politesse ou plus de docilité à mes avis de la part du capitaine de milice (de la paroisse) aurait prévenu ce petit trou-
ble.” (1)
(1) Dans une circulaire manuscrite de Mgr Briand aux curés, en date du 15 octobre 1768 il disait : ‘ Vous accorderez au premier baillif de votre paroisse le ler banc de l'église et vous lui ferez rendre les mêmes honnenrs qu'on
rendait ey-devant aux capitaines de milice. C’est un article
sur lequel il (le Gouverneur Carleton) me prie de vous
marquer sa volonté.”?
N. B.—" Ce banc est le 1er de la rangée du milieu, du côté de l’épitre. S’il est occupé, la fabriquo rendrait le prix de l’adjudication à ceux qui le posséderaient, soit de tout
temps, soit depuis que Îies Capitaines ont été retranchés.??
d'hier.
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Comme on l’a vu, les 40 heures existaient déjà à Charlesbourg lorsqu'on a enterré Louis Jacques dans la chapelle de la Congrégation, en 1735 ; mais il n'y avait aucun document propre à faire voir que cette confrérie avait été établie par l'autorité ecclésiastique. Sur la demande donc de M. de Boucherville les 40 heures furent établis de nouveau par un mandement de Mgr Plessis, du 21 janvier 1814, pour remédier aux désordres en général et surtout à un désordre particulier : les supertitions. “ Entre le grand nombre de familles chrétiennes et vraiment édifiantes qui se trouvent parmi vous, dit Mgr Plessis, il se trouve des superstitieux qui, n'ayant pas une juste idée de la Ste Religion qu'ils professent, la font consister dans des choses vaines, croyant apercevoir des effets surnaturels où il n'y en a pas, et, dans le délire d’une imagination égarée, emploient pour la guérison des maladies, ou pour la connaissance des secrets de la nature, des moyens aussi insignifiants que criminels et réprouvés par la religion...” Ce mandement devait être lu tous les ans jusqu’à ordre du contraire Cette lecture, qui humiliait les paroissiens, fut
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discontinuée à la demande de M. le curé Payment adressée à Mgr Turgeon, alors Administratenr et pendant sa visite épiscopale, le 12 juin 1850.
Il est à croire que M. de Boucherville s'était exagéré ce désordre dont le bonhomme Tintin était probablement le plus coupable auteur. Mais qu'était-ce donc que ce bonhomme Tintin ? Non véritable nom était Augustin Côté, né à Naint- Pierre, Ile d'Orléans, lle des sorciers, et le bonhomme Tintin se donnait comme bien savant dans l’art de la sorcellerie. (Cest sous ce rapport qu'il a laissé un souvenir presqu'impérissuble, surtout dans la partie de Charlesbourg qui avoisine Naint- Ambroise et dans cette dernière paroisse.
Ce bonhomme Tintin, marié à Charlesbourg en lères noces, le 10 mai 1803, et en mes noces, le 8 avril 1834, et mort, le 1 avril 1851, habitait depuis plus de 50 ans une petite maison sur la terre actuelle de Sieur Edouard Paquet et au bord du chemin royal du village de Saint-Bernard.
Il avait une petite boutique de forgeron annexée à sa maison et cette boutique, comme sa maison, était le lieu de repos de bien des passants, et le rendez-vous surtout des jeunes gens qui aimaient à
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erville e bonle plus e donc ritable Saintrs, et le ne bien C'est uvenir la par- Naintiroisse. harles- 803, et ort, le de 50 ctuelle brd du brnard.
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s'amuser aux dépens des choses ineffFables qu'il débitait sur la magie et la sorcellerie auxquelles il croyait plus qu'aux articles du Credo. Sur les dernières années de sa vie, ce bonhomme Tintin, auquel les infirmités de ses jambes ne permettaient d'aller qu’en sautant, au moyen de deux petites cannes, ne parlait que de sautereauzx Qu croyait voir agir partout. Ces sautereaux, selon Jui, étaient des espèces de diablotins que les bons vivants, qui prenaient plaisir à ses folies, lui conseillaient de persécuter et de conjurer par des moyens plus ou moins ridicules et amusants pour eux-mêmes. Ainsi, ils l'avaient engagé à percer ces sautereaux avec une vieille baïonnette qu'il appelait sa franche carabine, et on le voyait souvent occupé à les persécuter ainsi en prononçant, avec une force qui allait crescendo, ces mots cabalistiques et d’usage en tout : abraki, abraka ête abrac ête abra.… D’autres fois ils lui firent croire qu’il fallait les étourdir en frappant sur une vieille chaudière... Un jour quelquesuns de la troupe joyeuce représentèrent avec de la craie, au-dessus de la porte de la boutique de Tintin, un crapaud, qu’il prit pour un sautereau sous cette forme,
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€. ils lui firent croire qu’il n’y avait qu’un moyen de le conjurer : c'était de l’ébouillenter. Bien leur en prit, ar Tintin, comme toujours, les crut et s’approchant, d’après leur conseil, aussi près que possible de la porte au dessus de laquelle était figuré le crapaud, avec un vaisseau rempii d'eau bouillante, il lança cette eau en criant que le crapaud pleume. Mais l’eau retomba sur lui-même et, comme on peut bien le penser, ce ne fut pas le crapaud qui fut plumé..….…. On n’en finirait pas si nous entreprenion: de raconter tous les tours et détours qui ont été faits à propos de ce bonhomme Tintin ; mais le peu que nous venons d’en dire suffira pour prolonger le souvenir de ce curieux personnage, au sujet duquel nous nous sommes souvent amusé, comme bien d’autres, dans notre enfance et auquel nous aimons à donner une petite place dans res notes historiques, pour faire connaître son nom aux descendants de ceux qui l’ont connu et se cont si bien amusé à ses dépens.
Le 6 octobre 1816, à ia demande de M.
Antoine Bedard, alors curé de Saint-Ambroise, la fabrique de Charlesbourg décida de prêter deux cents louis, £200, à ja fabrique de Saint-Ambroise et les marguil-
qu'un ébouillintin, chant, e posquelle 11sseau tte eau is l’eau nn peut rapaud ait pas ous les propos euL que 1r pro- Jersonpommes autres, aimons s notes in non connu
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liers de l'Œurvre furent autorisés à ‘ passer l'acte et mettre les conditions convenables avec les capitaines s'ils se trouvent à la passation de l'acte.”
On peut trouver un peu étrange de voir les capitaines de Charlesbourg et de Saint-Ambroise invités à prendre part aux délibérations de la fabrique en leur qualité de capitaines ; maïs il faut bien remarquer qu'autrefois, et à peu près jusque vers 1827, le capitaine de la paroisse était un personnage important.
Il avait, au nom du gouvernement, un banc gratis dans l’église, ce banc était le premier de la seconde rangée du côté de l’épître ; il avait, ou prétendait avoir, le droit de recevoir le pain bénit, et encore un gros morceau, après le seigneur : au temps de la domination française il était chargé de publier ou de faire publier les ordonnances, et souvent de les faire exécuter ; de tenir la main à l'exécution de tous ies règlements pour les chemins; il était aussi chargé de conduire à la prison, (et elles étaient rares et éloignées alors Jes prisons) où au moins au plus proche capitaine, les prisonniers qu'on menait ainsi, comme on le disait alors, de capitaine en capitaine ; de plus ilétait
tenu de faire faire l'appel nominal, le jour de la Saint-Pierre à la porte de l'église avant la messe, de tous les miliciens de la paroisse et d’en faire lui-même la revue. C'était un spectacle qui nous amusait bien et que nous trouvions en même temps bien solennel lorsque, dans notre enfance, nous voyions le Major J. Bte. Kenaud, à la prestance digne et imposante et que relevait encore ce jourlà son habit d'ordonnance et l'épée qu'il portait au côté, passer en revue les raïliciens de la paroisse que les sergents mettaient en lignes plus ou moins droites.
Ces bons miliciens, pleins de sette gaïeté française qui ne laisse pas le caractère des Canadiens, répondaient à l'appel de leurs noms en y ajoutant souvent le mot pour rire; le tout se terminait par le cri de Vive le roi! comme témoignage et comme preuve de leur loyauté, assez louche dans ce temps-là.
Le Major Renaud était un homme d'un esprit vif et piquant, d'une rare facilité d’élocution et, lorsqu'il parlait en public surtout, le timbre de sa voix forte et solennelle charmait l'oreille de ses auditeurs et les captivait. Il aurait figuré avec avantage parmi les représen-
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tants du peuple ; maïs son ambition se borna à prendre les intérèts généraax de sa paroisse et à guider ses coparoissiens dans la revendication de leurs droits comme Canadiens et comme sujets de l'Empire Britannique.
C'était un fort joùteur dans les questions débattues de la politique du temps, ainsi que dans les questions qui regardaient le droit rural sur lequel il pouvait rendre des points à plusieurs avocats.
Nous l'avons entendu une fois entre autres, avant 1837, réfuter un des premiers citoyens de Québec, qui était venu un dimanche haranguer à la porte de l’église les paroïissiens de Charlesbourg en faveur des célèbres 92 résolutions contre lesquelles ie’ Major Renaud se prononçait avec conviction et vigueur.
Il remporta dans cette circonstance une victoire complète et entraîna les applaudissements de presque tous ceux qui l'avaient écoaté. Le souvenir de cette lutte oratoire nous a laissé la conviction que ce n’était pas un homme facile à désarçonner, lorsqu'on le rencontrait sur un des deux terrains que nous venons de mentionner.
Le Major Renaud était cultivateur et se faisait gloire de son état. Il disait,
avec un juste sentiment d’orgueil. que les cultivateurs ne devaient pas se faire les serviteurs des Messieurs de la ville. Aussi, lorsqu'il vendait sur le marché un voyage de foin, il allait le mener à la demeure du bourgeois qui l’avait acheté ; mais il exigeait alors que ce bourgeois fit décharger lui-même le voyage et placer ce foin au fenil par ses propres serviteurs.
Dans le cours de l’année 1813 M. de Boucherville présenta à Mgr Plessis une requête, signée des congréganistes, exposant que ces congréganistes ne savaient pas si la congrégation, existant dans la paroisse, avait été canoniquement érigée et ils suppliaient l’évêque de vouloir bien donner à la dite congrégation un titre d'érection canonique, lui accordant tous les privilèges et indulgences ;ropres à cette confrérie.
Mer Plessis érigea en conséquèuce la Congrégation dans la paroisse de Chaïlesbourg ‘“ pour être à toujours gouvernée par le curé ou prêtre desservant ou vicaire de la dite paroisse, avec tels officiers qu’il s’associera conformémént aux règles qui seront établies, attribuant dès maintenant et accordant à perpétuité aux membres de la dite Congrégation
ue les re les À ussi, oyage re du ais il it dé- ‘er ce urs.
M. de is une CxXpovalent ans Ja érigée r bien n titre t tous pres à
uce la Charrernée it ou ls offiat aux nt dès Létuité ation
toutes les indulgences plénières et partielles ci-devant accordées par les Souverains Pontifes aux Congrégations érigées dans les colléges des Jésuites.” Cette érection fut accordée, le 20 janvier 1814.
M. de Boucherville fit plusieurs tentatives auprès de ses paroissiens pour les décider à bâtir une nouvelle église, mais inutilement. On ne croyait pas que le temps était venu de s'occuper de cette construction ou plutôt, à tort ou à raison, on ne voulait pas que M. de Boucherville dirigeât ces travaux. Ce n’était pas la crainte d’être obligés de faire de forts déboursés qui les retenait, car la générosité pour l'entretien du culte, pour l'éducation et les bonnes œuvres en général, est une vertu des paroiïssiens de Charlesbourg et en preuve, le 6 janvier 1818, à la demande de Mer Plesis, il fut décidé que Ja fabrique prêterait, sans intérêt, £100 ou $400 “ pour l'édification de l'église du faubourg Naint-Roch.”
Le 29 mai 1818, Mer Plessis fit une visite pastorale à Charlesbourg et alloua les comptes, mais ne fit aucune ordonnance. |
Dans le mois de juillet de cette même année 1818, M. de Boucherville fit une
mission à Cap Chat et à Sainte-Anne des Montset fut remplaeé pendant son absence par M. F. X Côté. mort curé de Sainte- Geneviève. Mgr Plessis lui écrivait de Champlain à propos de cette mission :
“ Je désire que vous partiez si bien à la fin, si fort à la fin de juin que ce ne soit qu'après la St. Pierre, autrement je serais fort embarrassé de votre paroisse, M. Cadieux ne pouvant me quitter qu'au commencement de juillet.” Puis 11 lui conseilla de faire parapher un régistre par un juge du district de Québec, s’il y consent, parcequ'il serait impossible de s'adresser au juge de Craspé.
Il fit encore une mission en juillet et août de l’année suivante 1819. Il est probable qu'il avait fait la même mission en 1816, car Mer Plessis, lui écrivant le 4 mai 1516, lui donne tous les pouvoirs extraordinaires des missionnaires“ dans tous les lieux compris entre Rimouski et la Baie de Gaspé au sud du fleuve St.
Laurent,” et il l’autorise seulement à prêcher et à confesser depuis Rimouski inclusivement jusqu'à Saint-André aussi inclusivement. Il lui conseille aussi de faire parapher deux petits régistres. Quel changement depuis ce temps dans cette
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partie du pays! On était loin de prévoir qu'il y aurait là un évêché, un clergé nombreux, plusieurs communautés, deux villes et une voie ferrée traversent tout ce territoire.
M. de Boucherville aimait beaucoup la chasse et la pêche qu'il® regardait d'ailleurs comme un exercice nécessaire à sa santé ; mais les fatigues et les misères qu'il y essuya furent la cause d’un abcès qui le fit souffrir bien longtemps et le conduisit enfin au tombeau. Dès le commencement de l’année 1822, il ressentit les atteintes de la cruelle maladie qui mit fin à ses jours, et, le 20 avril de cette même année, Mgr. Plessis chargea M.
Bedard de la desserte de Charlesbourg lui laissant en même temps celle de Naint-Ambroise. Il l’autorisa à biner ou à chanter la messe le dimanche alternativement à Saint-Ambroise et à Charlesbourg. Quant aux sauvages de la Jeune Lorette, M. Bedard fut autorisé à ne leur dire la messe que pendant la semaine et à les desservir comme il l’entendrait ; mais cependant il fut compris qu’il leur chanterait le salut le dimanche et les jours de fêtes d'obligation.
M de Boucherville se retira dans sa maison, la maison d'école actuelle du Trait-Carré, où il mourut le 16 janvier 1828, à l'âge de 41 ans et 17 Jours. Il fut inhumé le 20, dans le chœur de l’église, par M. Robert, Vicaire (rénéral et prêtre du Séminaire de*Québec, en présence de MM. J.D. Daulé, chapelain des Ursulines, P. F, Turgeon, prêtre du Séminaire (plus tard Archevêque de-Québec), Réné-Olivier Bruneau, curé de Beauport, P.-OI. Langlois, euré du Château-Richer, L.-Ths.
Bedard, chapelain de lPHôpital-Général, Jean-Zéphirin Caron, curé de N.-D. de Foye, Chs.-Frs. Baïllargeon, chapelain à Saint-Roch de Québec (plus tard Archevêque de Québec), Louis-Marie Lefebvre, vicaire à Québec, Philippe Anger, exvicaire de Charlesbourg, et Antoine Bedard, curé. |
Pendant les dernières années,et surtout pendant la dernière maladie de M. de Boucherville, plusieurs prêtres vinrent lui aider, ou plutôt aider à M. Bedard chargé des deux paroisses. Outre M.
Bernard-Benjamin Decoigne, (mort, curé de la Baïe Saint-Paul) qui fut vicaire à Charlesbourg depuis la Saint-Michel 1820 jusqu’à la fin de juin 1821, MM. Philippe
ins sa le du nvier I] fut église, prêtre nce de ulines, e (plus Dlivier . Lan- L.-Ths.
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surtout M. de inrent edard re M.
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Lefrançois, Claude Cauvreau, Joseph Moll et Philippe Anger prêtèrent le secours de leur ministère, pour un temps peu long pour chacun, il est vrai, mais tel qu'on doit les compter comme anciens vicaires de la paroisse.
M. de Boucherville descendait de Sieur Boucher de Boucherville, premier gouverneur des Trois-Rivières, et il était oncle de l’Honorable de Boucherville, aujourd'hui Membre du Conseil Législatif ; il appartenait donc à une des premières et’ des plus nobles familles du pays. Mais, loin d'aimer à se glorifier de son origine, il aimait, au contraire, dans son humilité, à la faire oublier. Il savait estimer à sa valeur la gloire que ses ancêtres avaient acquise, mais il voulait faire comprendre, comme il le comprenait lui-même, que le plus beau titre de noblesse pour lui était son carastère sacré de prêtre. Il signait simplement Chs.
Boucherville, méprisant la morgue de ces faux nobles qui croient qu’un de placé avant leur nom va leur tenir lieu des qualités requises pour mériter l'estime qui n’est due qu’au vrai mérite qui est en même temps la véritable noblesse.