‹ Paroisse de Charlesbourg [microforme]Chapitre 33 sur 57 · MONSIEUR ANTOINE BEDARD · texte numérisé non relu

MONSIEUR ANTOINE BEDARD

15ème Desservant et 7ème Curé,

On dit quelquefois en proverbe, et cela d’après la parole même de Notre Divin Sauveur, que personne n’est prophète dans son pays et auprès de ses parents ; mais, si on ne peut pas être prophète, M. Bedard a prouvé qu'on peut au moins être curé dans sa paroisse natale et au milieu de ses parents et mériter l'estime, l'amour et la vénération de tous.

Né à Charlesbourg, le 10 août 1771, (1) fils de Charles Bedard et de Marie- Josephte Jobin, baptisé le même jour par M. Morisseaux et ayant pour parrain Antoine Bertrand et pour marraine Marie- Louise Pepin, épouse de Philippe dit Amplemanne, M. Antoine Bedard était donc un enfant de la paroisse et il est regardé à bon droit comme une de ses gloires les plus pures. Il est un de ces curés de Charlesbourg dont le nom béni semble ne devoir jamais tomber dans l'oubli et dont la mémoire, amoureusement conservée, devra passer de généra-

(1) L'abbé Tanguay dit à tort qu’il était né à Québec.

be, et Notre t prode ses s être n peut natale 1ériter e tous.

71, (1) Marieur par arrain fariebe dit

était il est le ses e ces à béni

dans reuse-

néra-

ébec.

tion en génération. De même qu'il y a des figures qu'on ne peut pas oublier, il y à aussi des esprits naturellement ornés, des cœurs bien faits, des âmes généreuses et fortement trempées par la religion, des hommes enfin doués des vertus les plus aimables qui impriment caractsre et tracent partout où ils passent un sillon que le temps, qui détruit tout, a bien de la peine à effacer. M. Antoine Bedard était une de ces natures d'élite, un de ces caractères à la fois doux et austères, une de ces âmes vraiment sacerdotales qui commandent l'estime, l’amour et la vénération. Ces hommes là sont aimés de tous et partout, et il semble qu'ils ne devraient jamais mourir, car la terre reste pauvre quand ils partent pour le ciel.

M. Antoine Bedard, dit l'abbé Tanguay, “ fut ordonné, le 21 mars 1795 ; professeur de Philosophie au Séminaire de Québec, en 1796 ; missionnaire à Richibouctou en 1800 ; curé de Ste-Anne de Beaupré en 1804; de St-Ambroise en 1805 ; de NSt-Thomas en 1817; de $t- Ambroise en 1818 ” et de Charlesbourg

.comme curé desservant, en 1822, et curé

en titre à la mort de M. de Boucherville.

188 PAROISSE DE CHARLESROURG

À près la mort de M. de Boucherville, M.

Philippe Anger, qui avait été quelque temps son vicaire, fut nommé de nouveau en cette qualité à Charlesbourg où il resta jusqu'au mois de mai de la même année, 1823,et,au mois de juin suivant il fut remplacé par M.Jean-Olivier Giroux, ordonné le 11 mai. M. Giroux resta dans la paroisse jusqu’au mois de mars 1824 c’est-à-dire, jusqu’à la nomination de M. Cook comme curé de Saint-Ambroise, laquelle nomination déchargea M. Bedard de la desserte de cette derniere paroisse.

Le 16 mai 1822 il y avait eu une assemblée dans laquelle MM. deBoucherville et Bedard conjointement réglèrent ‘les comptes de 1820. Dans cette assemblée M. de Boucherville seul fit un acte par lequel on apprend qu’on avait donné “le St. Jérome dans l’église en échange pour une copie du même ou d’un autre tableau de même grandeur.” C’est le dernier acte écrit de la main de M. de Boucherville dans le cahier des délibérations, et on est porté à croire que M.

Bedard n’approuvait pas cet échange car il n’a pas signé l’acte qui en fut dressé.

Ces échanges, ou ventes de tableaux, en effet, sont souvent regrettables, car les

ville, M.

quelque nouveau üilresta e année, fut remordonné \ paroisse st-à-dire, k comme nominadesserte

une a5- Boucherréglèrent te assemt un acte ait donné | échange ’un autre C'est le de M. de délibéra- * que M.

hange car it dressé. leaux, en s, car les

QE

peintres, meilleurs juges que les curés en ces matières, ne AUS EU pas de faire ces sortes de marchés à leur avantage.

Le même jour encore, 16 mai 1822, à

la damande de M. de Boucherville, ancien curé, et de M. Bedard, curé desservant, il fut accordé à ce dernier une somme de deux cents louis que la fahrique lui prêta ‘“ sur les raisons du bien pubiic de la paroisse alléguées par ces Messieurs et bien comprises par les marguilliers.” Cet acte est signé par MM. de Boucherville et Bedard. Cette somme fut remise, le 27 août suivant.

M. Bedard, qui desservait toujours les deux paroisses de Charlesbourg et de Saint-Ambroise, même après la mort de M. de Boucherville, demanda, le 13 février 1823, la permission de biner pour la mission des Hurons.

Le 14 juillet de cette même année 1822 Mgr Plessis fit une visite épiscopale à Charlesbourg; il alloua les comptes des années précédentes, mais ne fitaucune ordonnance. Quant aux comptes de cette année même, ils avaient été perdus et on se contenta alors au ler janvier 1824, de constater le montant de l'argent qu'il y avait aa coffre. En ajoutant la

1490 PAROISSE DE CHARLESBQOURG

balance de l’année qui venait d’expirer il se trouva y avoir £766 1 9 ou $3064.35.

Bon à-compte pour la nouvelle église qu'on projetait de bâtir.

I] y avait à Chariesbourg un usage qui remontait à l’origine de la paroisse et que M. Bedard fit abolir, en 1825; c'était de vendre les restes du pair bénit, quand il y avait restes, au profit de la fabrique.

Mais depuis cette année ]à ceux qui rendirent le pain bénit, comme on s’exprimait alors, rapportaient les restes chez eux après la messe.

Ces restes quelquefois étaient considérables surtout lorsque, la gloriole s’en mêlant, on élevait à qui mieux mieux des pyramides de sept, huit et dix étages de galeti:s soutenues par des cousins et ornés d'étoiles, le tout sovvent argenté, doré et quelquefois recouvert de suc.e blanc crêmé, comme les pains de savoie.

C’est même cet ex.ès de dépense, peu proportionné dans bien des cas aux moyens de ceux qui s’en donnaient le luxe, et aussi la mesquinerie dans laquelle d’autres, au contraire, tombaient quelquefois, qui ont engagé en partie Son Eminence le Cardinal Taschereau à faire cesser cet usage du pain bénit, qui rappelait le

Ds En Encre

jirer il 64.85.

église

ge qui sse et c'était quand rique.

ai renrimait Z eux

nsidéle s’en mieux étages sins et rgenté, » suC.e sayole.

eu pronoyens uxe, et autres, is, qui nce le er cet elait le

vieux Souvenir des agapes des premiers temps de l'Eglise. Il y avait de plus des sujets de mécontentement et de jalousie dans la distribution de ces cousins, de ces gros morceaux et de ces étoiles aux arais, aux voisins et aux dignitaires de la paroisse, sans parler des distractions que l’on causait lorsque cette distribution se faisait pendant la messe. Et puis combien d’autres petits abuset inconvénients ?

Celni, par exemple, de faire passer une partie de la messe aux bedeaux à trancher en petits morceaux et à distribuer dans l'église ce pain bénit aux paroissiens ; et puis ces tentations de constater par euxmêmes quel goût il avait, auxquelles ces bons bedeaux succombaient assez facilement ; et les petits servants de messe, si naturellement portés à vouloir manger de la galette, qui est d’antant meilleure qu elle à été prise et mangée en cachette.

Il y avait aussi l'inconvénient pour les personnes qui voulaient communier de mañg r avant le temps de la communion,

par distraction, ie petit morceau de pain bénit que tous recevaient. L'usage était de donner le chanteau, ou un morceau de pain bénit plus gros que les autres gros morceaux, à celui des paroïissiens qui

492 PAROISSE DE CHARLESBGURG

devait rendre le pain bénit le dinanche suivant. Ni ce paroissien n'était pas présent dans son banc, alors le bedeau mettait er: réserve, pour l'envoyer par occasion, le chanteau et aussi quelquefois certains petits restes de pain bénit; et nous avons connu des servants de messe habiles à découvrir ces cachettes du bedeau.

Chaque paroissien, tenant feu et lieu, était tenu de rendre le pain benit à son tour, en vertu de la loi française.

C'est M. Bedard qui à fait construire l'église actuelle, avec l’argent de la fabrique et les contributions volontaires des paroissiens. Depuis longtemps, comme on l’a vu, le besoin se fuisait sentir de construire une nouvelle église plus spacieuse, et il en avait été particulièrement question pendant que M. de Boucherville était curé. Dès l’année 1824 M. Bedard fit présenter une requête à Mgr Plessis à cet effet; mais tout en resta là, parcequ'il y avait divergence d'opinion entre lui et l'Evêque relativement à la place où devait être construite cette nouvelle église.

Mer Plessis voulait qu’elle fût placée entre le presbytère (qui était au sud-ouest du presbytère actuel) et le chemin qui

anche it pas bedeau r par uefois ait ; et messe

du be-

1t lieu, . à son

struire | fabries des ‘omme itir de AS Sparement erville Bedard essis à cequ'il » lui et où deéglise.

placée l-ouest in qui

conduit à Québec et qu’elle eut le portail tourné vers la ville; M. Bedard la voulait où elle est aujourd’hui. ‘“ Attendons, disait M. Bedard, l'Evêque qui remplacera Mgr Plessis pensera peut-être autrement.” On attendit, en effet, et Mgr Plessis étant mort, le 4 décembre 1825, M. Bedard ne tarda pas à s'occuper de faire fixer la place par Mgr Panet et à préparer les paroissiens aux travaux de construction.

Le 19 juin suivant, 1826, Mgr Panet délégua M. le Grand Vicaire Demers pour constater les allégués d’une requête des paroissiens demandant à pâtir une nouvelle église, et à en fixer la place et les dimensions. M. Demers se transporta donc à Charlesbourg, le 7 août, et tint une assemblée dans laquelle il fixa la place de l'église où elle-a été construite et lui donna pour proportion 120 pieds sur 58; “proportion ridicule,” dit-il dans son rapport approuve par Mgr Panet le 21 du même mois, et qu'il n’a accordé qu'aux instances réltérées des principaux de la paroisse, et qu’à la condition qu'on ajouterait deux chapelles saillantes.

La hauteur des murs du quarré devait être de 35 pieds et 3 pouces français entre le dessus des lambourdes et le dessous des sablières.

Cela fait on s'occupa à préparer les matériaux et les plans, p ‘is sur requête du 6 mars, 1827, présentée à Mgr Panet on se fit autoriser à employer l'argent de la fabrique à cette construction. Dans cette même assemblée du 6 mars 1327 les syndics nommés. savoir : François Bedard, Henri Giroux, Jean Déry, Jacques Beaumont, Jean-Baptiste Villeneuve, Ls Barnabé Parent, Jean Trudelle, Charles Leclerc, Joseph Paradis, Joseph Bedard et Jean- -Baptiste Bedard, passèrent le marché pour la maçonnerie avec André Bergevin dit Langevin et Pierre Bélanger, de Be: auport, et les travaux de construction commencèrent dans lPété de cette même année 1827. (1)

(1) Voici la datte des différents marchés passés pour In construction de l’église :

Le 20 février 1823 marché avec Noël Dorion pour les portes et les fenêtres,

Le même jour, avec Antoine et Régis Lapointe pour la charpente, les clochers... :

Le 23 septembre 1828, marché avec Jean Guénard et Etienne Audy pour couvrir en planche.

Le 12 décembre 1828, marché entre Et. Darveau, de Des-

LA

chambault, et Jean Trudelle, un des syndics, pour 70 mille bardeaux de cèdre à être livrés et reçus au Palais, partie

en mai et partie en juin 1829.

PAROISSE DE CHARLESBOUBG

rm

r les Pendant les travaux de cette construcquête tion M. Bedard fit plusieurs fois le tour Panet de la paroisse, ordinairement à pied, pour Ant de collecter, dans un petit bas de soie bien Dans connu, les piastres, les écus et les autres 1327 petites pièces d'argent (on :...aaissait peu inçoIs le papier-monnaie alors) qu'on nc refusait , Jac- jamais, et qu'on donnait au contraire bien leuve, volontiers à ce bon petit Père Bedard Char- qu'on aimait et qu'on vénérait.

h Be- En 1828, Joseph Pepin fut engagé en sèrent qualité de bedeau, à raison de $32. Ce André bedeau, que les anciens de la paroisse ont anger, bien connu, portait la coete. Cet usage struc- de porter la coête, généralement répandu cette ———

Le 15 juillet 1829, marché avec Frs. Barbeau pour couvrir eu bardeau, ouvrage à finir soit dans l’année, soit en Dur 14 F 2 A + . + pour | Le 31 décembre 1829, marché avec Noël Dorion et Frs.

Magnan pour le plancher de la nef et du chœur. pour les Le 26 murs 1830, marché avec Charles Pageot pour faire ù le jubé, les escaliers :

pour la Le 19 novembre 1833 marché avec André Paquet pour la voûte—ouvrage à livrer dans deux ans, c’est-à-dire, au 19 nard et novembre 1835.

Le 8 mai 1841 pendant que M. Roy était curé, nouveau

ES 2 , de Des marché avec André Paquet pour les tombeaux des autels,

70 mille

les balustres....... André Paquet donne quittance pour le is, partie

parfait paiement de tous ses travaux à l’église, le 2 octobre

autrefois, commençait alors à devenir de plus en plus rare et n’était conservé que par quelques vieillards. Il est aujourd’hui complètement abandonnéet on ne doit pas le regretter, non plus que l'usage des perruques poudrées.

Ce fut l’ongtemps l’usage :

Où portait longs cheveux comme au temps d’Absolon ; Maintenant on nourrit longue barbe au menton,

Et on se croit plus sage.

La piace fixée pour la nouvelle église, resserrée entre le chemin publie et un terrain que la fabrique ne pouvait pas

posséder, étant à peine suflisante, et les Congréganistes ie pouvant avoir leur chapelle à la suite de la sacristie, comme avec l’ancienne église, on décida alors de donner un second étage à la sacristie.

Les Congrégauistes donnèrent £231.6 0, ou $925.20 pour ce second étage où jusqu'ici a été leur chapelle qui va bientôt être remplacée par une grande et belle chapelle, au-dessus de la sacristie que l’on est à construire sous l’habile direction du curé actuel de la paroisse, M. Offmann. L'église actuelle de Charlesbourg a été consacrée, le 25 mai 1830, par Mgr Joseph Signay, alors Coadjuteur de Mgr Panet,

ir de z , A ue en présence d’un grand nombre de prél'hui tres et d’un grand concours du peuple.

Lt pas Ce fat un jour de fête splendide, éclairé , des par un beau soleil, et dont on a longtemps parlé dans la paroisse. Voici la traduc-

tion de l'acte qui en fut dressé : “ En l’an

du Seigneur 1830, le vingt-cinquième de

lon ; mai, moi Joseph Signay, Evèque de n, Fussala, Coadjuteur du Très-Ilustre et Très-Révérend Seigneur Bernard-Claude

Se. Panet, Evêque de Québec, ai consacré LUN l'église et l'autel mn l'honneur de saint t pas Charles, et ai incius dans le dit autel des

t les reliques des saints Martyrs Clément, Vital et Fidèle, et ai accordé, dans la

leur Fidi | >mme forme ordinaire de l’église, à tous et chaors de cun des fidèles un an d'indulgence auristie. jourd’hui, et à ceux qui visiteront l’église

Page 1