‹ Paroisse de Charlesbourg [microforme]Chapitre 46 sur 57 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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“ Le 21 juillet, continuent les Annales, inauguration d'une statue de N.-D. des Lanrentides élevée sur un tertre avoisinant le Couvent.” Il y eut à cette occasion grand'messe, procession, salut, sermon..., une pieuse et belle fête enfin,

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Muir présent a cette inauguration.

“ Le 14 janvier 1880, disent encore les Annales, M. le Chevalier Muir a légué à la Mission de Notre-Dame des Laurentides un montant de huit mille piastres dont les intérêts devront être employés au soutien de la dite Mission.”

Ce citoyen modèle est mort le 7 juillet 1882 et a été enterré le 10 dans l’église de Charlesbourg. Que son corps repose en paix, en attendant le jour où il sera de nouveau réuni à son âine pour jouir avec elle &e la récompense promise aux miséricordieux. Beati misericordes.

Le 9 août 1880, les Sœurs du Bon Pasteur furent chargées de la direction de l'école modèle des filles de l’arrondissement du Trait-Carré de Charlesbourg, dans la vieille maison d’école bâtie par M. de Boucherville et donnée à la fabrique par M. Bedard. Elles n’y demeurèrent que trois ans, et en 1883 elles prirent

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possession d’un magnifique couvent de 70 pieds sur 40, à trois étages et qui est un des plus beaux ornements du Trait- Carré. La paroisse de Charlesbourg peut se glorifier à bon droit d’être une des rares paroisses qui possèdent deux couvents.

Le 21 juin 1886, la paroisse de Charlesbourg eut l'honneur de recevoir la première visite épiscopale faite par Son Eminence le Cardinal Taschereau, après les fêtes splendides qui venaient d’avoir lieu à Québec à l’occasion de l'imposition de la barrette Cardinalice, apportée de Rome par Mgr O’Brien, Délégué de Sa Sainteté Léon XIII. Ce fut une belle et grandiose démonstration, dans laquelle les citoyens de Québec rivalisèrent de zèle avec ceux de Charlesbourg, pour prouver au premier Cardinal créé en Canada, et sortant pour la première fois en cette qualité, combien on était fier et heureux de voir le premier pasteur de l’Archidiocèse de Québec élevé à la haute dignité de Prince de l'Eglise. Tous les paroissiens de Charlesbourg, portant pavillons et oriflammes, s'étaient transportés au devant du Cardinal dont la voiture était accompagnée d’un grand

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nombre de carrosses, tirés par deux et même par quatre chevaux et portant l'élite de la société de Québec...

La paroisse dans cette circonstance, comme toujours, fit dignement les choses tant au dehors qu’à l’intérieur de l’église et le souvenir de cette visite est un de ces souvenirs qu'on n'oublie jamais dans une paroisse.

M. Beaudry a eu quatre vicaires pendant les 24 années qu’il a passées à Charlesbourg: M. Lactance Mayrand, son neveu, M. F.-X. Faguy, M. Charles Boulay, Français, et M. Fortunat Rouleau qui est le 25e vicaire que la paroisse a eu depuis sa fondation jusqu'aujourd’hui (1887).

Le lecteur, qui aura eu le courage de nous suivre depuis le commencement de cette histoire jusqu’à présent, ne sera peut-être pas fâché de trouver ici des réflexions que nous n’avons pas eu occasion d'insérer dans le cours de ce récit, mais que nous croyons utiles pour mieux faire connaître la paroisse de Charlesbourg.

. Dans des notes historiques que nous avons publiées sur la Baie Saint-Paul nous disions : “ Les habitants de la cam-

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pagne offrent dans ieurs mœurs et leurs habitudes une somme de ressemblance qui les font reconnaître et distinguer partout... Cependant presque chaque paroisse présente quelques nuances dans les usages qu’on ne peut pas toujours saisir au premier coup d'œil, mais que l'habitude de vivre ensemble fait bientôt observer.” — Oui, chaque paroisse est comme une grande famille qui a ses goûts et ses habitudes particulières, sur lesquels se déteinguent quelquefois les goûts et les appréciations de quelques membres influents de cette famille et surtout de son père spirituel, lorsqu'il est longtemps à sa tête. Il est vrai que, depuis quelques années, la facilité des communications, qui met en rapport les paroisses les plus éloignées, d’abord entre elles, puis avec les villes et enfin avec nos voisins des Etats-Unis, tend à faire disparaître ces nuances dans les usages.

On doit remarquer toutefois avec un peu de surprise, mais à la louange des habitants des paroisses voisines de Québec, comme celle de Charlesbourg, que dans ces paroisses, mieux qu'ailleurs, on conserve plusieurs des bons usages du temps passé, tout en adoptant à propos les amé-

liorations que le progrès matériel introduit. Malgré leurs rapports habituels avec la ville, les habitants de Charlesbourg en particulier se laissent conduire moins facilement que dans bien d’autres paroisses, surtout pour les habits de semaine, par les exigences de cette Dame capricieuse qu'on appelle la Mode. D'un autre côté ils savent renoncer, quand il le faut, à des usages respectables, 1l est vrai, par leur ancienneté, mais qu'il importe pourtant d'abandonner, et cela malgré les réclamations d’une autre Dame qu'on appelle la Routine et qui veut toujours conserver ses possessions. n preuve de ce que nous venons de dire nous pouvons citer les améliorations de tout senre introduites depuis qelques années dans la confection des habillements, dans la manière de construire les bâtisses, dans l’ameublements des maisons, dans la manière de cultiver, dans les changements introduits relativement aux instruments aratoires, à l'élevage des ani- Cependant le luxe, qui fait irruption partout, s’est aussi implanté dans la paroisse de Charlesbourg. Celui qui en voudrait une preuve n'aurait qu'à se

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tenir sur le perron de l’église par un beau dimanche d'été ou d'hiver. Il aurait peine à croire que ceux qu'il verrait arriver, dans de beaux wagons en été ou en hiver dans des carrioles couvertes, bien fourrées de peaux, brillantes de vernis et tirées par des chevaux fringants et richement enharnachés, sont des cultivateurs, des paysans, comme on dit en France. Il douterait encore plus, lorsqu'il verrait sortir de ces voitures de véritables bourgeois et bourgeoises, aux habits de drap fin pour les hommes, et aux costumes du meilleur goût et souvent les plus riches pour les personnes du sexe qui savent de plus y ajouter ces différents petits crevecœurs que la mode introduit chaque année. Pour mieux en juger encoreil pourrait parcourir les maisons de ces riches cultivateurs où la femme Canadienne sait si bien faire régner la plus grande propreté. Il y trouverait, sous le nom de Grand'chambre, des vrais salons dans lesquels se voient souvent des meubles du plus beau bois, des sophas et des chaises de crins, une table de centre du meilleur goût et une bonne partie de ces brinborions qu'on trouve dans les salons des bourgeois de la ville. Mais il faut bien

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dire aussi avec regret que ce sont ces dépenses, disproportionnées dans plusieurs cas, jointes aux dépenses trop fortes pour les repas, qui ont cenduit et conduiront encore peut-être plusieurs habitants à la triste nécessité de vendre la terre et la maison paternelles pour aller, loin de leur belle paroisse natale, vivre dans le chagrin et l'ennui.

Si toutefois on doit déplorer ces dépenses qui conduisent à la ruine, il faut au moins donner des éloges bien mérités aux habitants de Charlesbourg, comme à ceux des autres paroisses voisines de la ville au nord, pour leur amour particulier du travail et pour le bon goût qu’ils ont de conserver dans leurs habillements de I: semaine une grande partie des bons usages de nos ancêtres. Si le lecteur veut en juger, sans se donner le trouble de parcourir les maisons, qu'il s'arrête un instant sur les marchés de Québec, surtout sur le marché Jacques-Cartier, et qu'il examine la manière de s'habiller des hommes et des femmes qui y viennent vendre leurs effets en été et en hiver. C’est, pour plusieurs articles de la toilette, à peu près le même costume, propre et convenable, qu’on voyait 1l y a cinquante

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ans, à l'exception, pour les femmes, que le chapeau rond a remplacé en été l’antique chapeau à long bec de nos grand”mères, et, pour les hommes, qu’ils n’ont plus en hiver la ceinture flêchée, et souvent ornée de grains de rassades, que les écoliers du Séminaire de Québec et des autres collèges portaient aussi avant la révolution de 1837, qui a été suivie de plusieurs autres révolutions d’un genre différent. 11 y a de plus pour les voitures du marché eu été un changement en mieux: c’est que la plupart de ces voitures sont couvertes et ont quelquefois sur les côtés des petites tablettes dont on comprend facilement l'utilité.

Qu'on nous permette ici une digression à propos de la ceinture des écoliers dont on vient de dire un mot. On aimait autrefois à porter le capot d’écolier à nervures blanches que tant d'hommes distingués dans le pays ont été fiers de porter. On le laissait avec regret et, comme preuve qu’on y tenait, c'est que souvent le premier habit laïc, ou surlout, que portait un ex-écolier n’était autre chose que le capot d’écolier dont on avait enlevé les nervures. C'est par là qu’on distinguait les clercs de première année. Nous ne

savons pas si nous nous trompons, mais il nous semble que les écoliers aujourd'hui n'ont pas l'esprit de leur état, ou mieux n'aiment pas leur état, autant qu'autrefois. À présent, dès qu'un écolier est en vacances, ou dès qu'il peut le faire pendant l'année scolaire, il quitte la marque distinctive de son état, le capot bleu et barré, toujours si respecté de tout le monde et qu'on aime toujours à voir.

Il prend l'habit /aic, le surlout, le petit chapeau, les gants, la canne... tout l'extérieur, toute l'apparence du jeune homme du monde. Aussi il ne peut plus guère s'amuser et se réjouir en écolier, comme ses devanciers de l’époque dont nous parlons ; au moins sa manière de passer le temps des vacances est bien différente, — nous parlons des grands écoliers. Il ne croit pas qu'il est de sa dignité de faire plus d’une demie lieue à pied: il lui faut une belle et bonne voiture. Contrairement aux anciens écoliers il ne se donne les plaisirs de la chasse et de la pêche qu’en autant que ces exercices ne lui demandent que peu de fatigue. Autrefois, au contraire, on aimait les exercices violents, le travail des champs et de longues

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marches,aussi le temps des vacances alors, c'est-à-dire, avant 1840, courant du 15 août à la Naint-Michel, était bien favorable à ces exercices On ne prenait pas la peine de prendre une voiture pour aller voir un confrère dans Îles paroisses voisines, on allait à pied, et on ne croyait pas pouvoir sortir de sa paroisse, paraitre dans une réunion, et surtout à l’église, sans son capot d’écolier. C'était l’habit d'ordonnance et de cérémonie, et nous sommes loin de croire qu'on avait tort d’en juger ainsi.

Mais revenons au marché.

Aller au marché, voilà un usage propre aux habitants voisins de Québec et passé dans leurs mœurs. Charlesbourg, l'eauport et Saint-Ambroise sont bien les trois paroisses dont les habitants fréquentent le plus régulièrement les marchés. (1)

(1) Avant 1837, il n’y avait à Québec que les deux marchés de la Haute et de la Basse-Ville qui se tenaient l’un devant la Basilique et l’autre devant l’église de la Basse- Ville. Il y avait un petit étal sur le marché de la Haute- Ville près de la rue de la Fabrique, et le marché au foin et au bois se tenait sur la place de l’ancienne chapelle des Jésuites, près de la cour des bâtisses de ces Pères longtemps converties en Casernes et détruites dans ces dernières années. Le marché au foin fut transporté au Palais plus tard et alors

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On aime à aller au marché; ordinairement c’est l'intérêt, quelquefois la nécessité et souvent aussi le plaisir du voyage qui engagent à y aller Le mauvais temps, les mauvais chemins, le froid le plus intense, la chaleur la plus accablante, rien ne peut faire changer la résolution d'aller au marché quand le jour fixé pour s’y rendre est arrivé, surtout si ce Jour est un samedi, le jour par excellence du marché. Pour avoir les meilleures places alors on part de grand matin, de trèsgrand matin ; non seulement on prévient de beaucoup le lever de laurore, mais, depuis quelques années, il y en a qui partent la veille, dans l'été, et stationnent tout le reste de la nuit pour y garder leurs places.

À l'exception du foin, de la paille et du bois de cordes que les hommes seuls transportent au marché, tous les autres articles qu'on à à vendre y sont transportés dans des voitures conduites aussi bien par les femmes que par les hommes, mais plus souvent par les femmes. Ce

on y construisit do nouveaux étaux pour remplacer le petit étal de la rue de la Fabrique. Ces derniers étaux n’existèrent que peu d’années et firent place aux granGs étaux des marchés Champlain, Montcalm et Jacques-Cartier.

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n'est pas une petite affaire ni un petit travail que de préparer le marché, surtout dans l'été, car dans cette saison la voiture qui part pour le marché est comme un petit magasin, non pas d'une spécialité particulière, mais de tout ce qu'une ferme peut fournir d’eflets que l'on peut vendre.

Toute la famille y met la main et tout est mis à contribution, surtout le jardin qu'on cultive au point de vue du prolit.

Pendant que le mari va tuer un veau ou un agneau dont deux ou trois quartiers et souvent même les quatre quartiers sont destinés au marcé, pendant qu'il arrache un peu de patates fraiches et d'autres légumes, la femime est dans le Jardin occupée à cueillir ou à faire cueillir les fruits de la saison, gadelles, groseilles, pommes, prunes, cerises... ; elle fait faire des petits paquets d'asperges, de sarriette; fait casser des gousses de fèves et de pois verts. Puis, pendant que les petits garçons vont cueillir des fraises et des framboises, dont la vente est souvent à leur profit, ainsi que la vente des petits oiseaux, quand la loi permet de les prendre et de les vendre, les petites filles préparent les bouquets de fleurs naturelles, les petits paquets de mil pour les oiseaux...

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et à la maison on compte le nombre d'œufs qu'on peut envoyer ; on place dans un panier proprement recouvert d’une servietie les quelques livres de beurre frais qu'on peut mettre de côté.......et on part.

Quant tout, ou à peu près tout, est vendu on va fairequelques emplettes chez les marchand; et on le fait avec avantage car on a de l'argent comptant, puis on revient à la maison un peu fatigué, il est vrai, inais content et heureux, surtout si le marché a été hon et la provision de nouvelles à rapporier abondante. Cette dernière circonstance, inséparable de l'usage d’ailer au marché, n’est pas ce qu'il y a de moins agréable dans ces voyages, et c'est peut-être ce qui peut faire mieux comprendre le plaisir qu’on éprouve à les faire...

‘Oh! qne les cultivateurs seraient heureux, disait un poëte ancien, s’ils connaissaient leur bonkeur !” Nous ne savons pas si toutes ces bonnes familles de Charlesbourg, que nous avons connues dans notre jeune âge, avaient cette connaissance de leur bonkeur ; mais nous croyons qu'elles étaient vrriment heureuses et contentes de leur sort, car il y avait dans ces familles, comme dans toutes nos

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bonnes familles Cauadiennes, tous les éléments nécessaire pour rendre heureux.

D'abord la religion, sans laquelle il n’y à point de bonheur réel, présidait à tout et établissait entre les membres de la famiile,et les serviteurs mêmes, ce respect, cette obéissance, cette douceur dans le commandement qui rendent je fardeau des uns facile à porter aux autres. Quelle exactitude à faire les prières du soir et du matin et à les faire faire aux enfants !

à réciter l’Angelus, à fréquenter les sacrements! Lt le dimanche quelle exactitude et quelle régularité pour ailer aux offices ! I] fallait un bien mauvais temps pour qu'on se crut dispensé d'assister, non pas seulemeni à la messe—on n’y manquait presque jamais—mais même aux vêpres.

Le Signe de la Croix, ce signe de victoire sur les ennemis du salut, était pour ces bons chrétiens comme le résumé de leurs profonds sentiments de religion.

Ou le leur voyait faire pariout. Le matin lorsqu'ils sortaient pour la première fois de la maison ; avant de commencer une action un peu importante ; dans un temps de tempête, à chaque éclair, ie signe de la croix, Avant d'entamer un pain on faisait une croix sur ce pain avec le cou-

teau qui souvent était le couteau plombé, si populaire autrefois.

Et la charité sous toutes les formes possibles, comme elle était généreusement pratiquée ! Donner l’'aumône, donner à couvert à un pauvre, c'était pour eux un plaisir et un bonheur. Ils comprenaient qu’en donnant aux pauvres ils plaçaient à gros intérèts dans le ciel.

La pauvreté, dit-on souvent en proverbe, n'est pas un vice, mais est une grande incommodité, cela est vrai; mais, d’un autre côté, les richesses sont une source de tant de souris pour ce monde et de dangers pour l'éternité, qu’on peut dire que la meilleure condition de bonheur pour une famille, c'est de vivre dans une modeste et honnête aisance telle que la possède le plus grand nombre de nos cultivateurs Canadiens. (Le modus agri non îla magnus d'Horace). Aussi c'est dans la classe moyenne des citoyens de tous les pays qu'on trouve le plus grarde somme de bonheur et &e contentement.

Le Canadien, comme ses pères, Aime à chanter, à s’égayer,

a dit un de nos poêtes chansonniers, devenu depuis Sir Creorge Cartier. C’est

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là le fond de son caractère et il nous semble que le chant d’autrefois, c’est-àdire, d'avant 1837, répondait à ce caractère jovial bien mieux que le chant d'aujourd'hui. On chantait des cantiques, des chansons, des romances et des complaintes dont les mois et les airs se gravalent facilement dans la mémoire du peuple qui ne se lassait point de les répéter. Chacun, avec la voix telle que la nature lui avait donnée, pouvait les apprendre et les mener sur l'air, comme on dit encore qnelquefois. Aujourd'hui, c’est bien diflérent : Les chants que l’on entend sont souvent des chants qu’on pourrait appeler savants et si savants que la plu-

part de ceux qui les entendent sont

obligés de les trouver beaux, admirables, enlevant, délirant... sans avoir pu saisir ni l'air ni les mots pour les retenir. Mais c’est la mode et qu'a-t-on à redire ?

Nous ne pouvons pas dire si anjourd'hui,à ( harlesbourg, on chante encore ces joyeux refrains qu’on entendait autrefois aux noces et au foulage à bras de l’étofte dans des espèces de canot ; ces mélancoliques complaintes qui accompagnaient le bruit du rouet des mères de la famille et de leurs filles ; ces romances. ‘“ Combien j'ai douce souvenance.”—"* Pourquoi

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