LE CONGRÈS NATIONAL DE L'A. H A. C, H
propagande centrale et régionale, son journal, etc.
Le Congrès a, enfin, déterminé les grandes lignes de son programme politique et décidé la nature et l'étendue de sa participation à l'action électorale.
Les principes qu'il a fait siens, les motionqu'il a adoptées, ne peuvent être énumérés e! commentés dans le cadre de cet article. Je dirai seulement qu'un important principe s'est expressément affirmé au Congrès de Lyon ; on peut le résumer ainsi :
L'A. R. A. C. fait de la politique parce qu'elle estime que les revendications spéciales, individuelles, de ses membres ne peuvent être définitivement consacrées que par un ordre social effectivement démocratique, et aussi parce qu'elle pense que l'autorité morale des survivants de la guerre est une force qu'il convient d'utiliser en vue du bien public.
Mais l'A. R. A. C. n'est pas un parti. Etre un parti politique, c'est avoir un programme particulier, séparatiste, vis-à-vis des partis. Cu n'est pas le cas. Le parti politique chargé du réalisai l'ensemble des aspirations morales et sociale* de l'A. R. A. C. existe déjà : c'est le parti socioliste. Que nos camarades du parti se persuadent donc de ce fait, que quelques-uns d'entre eux paraissent n'avoir pas suffisamment saisi ; LA,
146 PAKOLES D'UN COMBATTANT
R. À. G. ne saurait, en aucun cas, faire concurrence au Parti. Bien au contraire. Elle lui apporte le considérable appoint matériel et moral des ex-soldats, et des hommes et femmes qui ont souffert de la guerre, et lui confié l'exécution temporelle de l'idéal commun.
Elle met pourtant à cela une restriction sur laquelle elle se montrera intraitable : le Parti socialiste n'est pas homogène, et elle n'entend faire alliance qu'avec les hommes qui ont défendu sans défaillances ni concessions la pure doctrine socialiste. Elle prend place nettement à gauche, et, comme je le disais, en cette émouvante réunion de dimanche, à la salle Emile Zola, les hommes intransigeants qui la composent considèrent comme leur droit et par conséquent comme leur devoir de rappeler à l'ordre les membres ou les fractions du Parti qui se laissent atteindre par l'intoxication opportmniste.
L'HUMANITÉ, 11 Septembre 1919. '