NOUS ACCUSONS I
rayer définitivement les deux fléaux que les théories de folie ont imposés jusqu'ici au genre humain : l'exploitation des multitudes et la guerre. '
Et c'est justement à cause de cela, à cause de la valeur de vérité idéaliste et pratique et de rayonnement du bolchevisme, et non à cause de quelques mesures dictatoriales prises par les commissaires du peuple — conséquences transitoires et justifiées de toute révolution réalisatrice, — et non à cause de tels désordres dont les Alliés savent bien que les bolchevistes ne sont pas responsables, que nos maîtres — nos ennemis — ont entrepris le supplice et l'anéantissement de la Russie.
NOUS ACCUSONS les Alliés devoir travesti la vérité en ce qui concerne l'altitude des Russes au moment de la paix de Brest- Litowsk. Les Russes proposaient une paix pleinement démocratique, sans aucune arrière-pensée. Les Alliés ont refusé d'adhérer à cette proposition : ils auraient dû, pour cela, avouer leurs buts de guerre, qui étaient annexionnistes et inavouables. Ce ne sont donc pas les Russes, ce sont les dictateurs de la France et de l'Angleterre qui, dans ces circonstances comme dans d'autres, ont été des traîtres h la cause des peuples et de la paix, ont prolongé la guerre et décimé les
armées nationales ; comme ce sont eux qui ont ensanglanté la révolution russe par leur féroce opposition intéressée et l'aide hypocrite apportée sans arrêt aux contre-révolutionnaires ; comme ce sont eux qui, par* l'organisation systématique des massacres, de la ruine et de la famine, ont amené en Russie une ère de catastrophes qu'ils ont ensuite dénoncée comme la conséquence du régime soviétique.
NOUS ACCUSONS les gouvernements bourgeois de l'Entente d'oser jeter les dernières ressources et les dernières forces des peuples, qu'ils mènent, dans une cause ouvertement, cyniquement réactionnaire, que l'on ne peut sans déloyauté qualifier autrement : celle de ces bouchers, de ces bandits, de ces tsaristes qui s'appellent IColtchak et Denikine^
NOUS LES ACCUSONS d'avoir laissé des armes, des cadres et des soldats innombrables à l'Allemagne, de s'être fait les complices de cette réorganisation militaire pleine de menaces de revanche, dans le but de mieux écraser les revendications populaires de Russie, d'Allemagne et d'ailleurs, et d'avoir ainsi sacrifié, une fois de plus, la sécurité de la Patrie et la paix future, à la haine de classe.