Lettre au Diiecleir d'un journcil, juin
m PAROLES D'UN COMBATTANT
vain français, et profité dune mission du gouvernement pour défendre d'une façou si grossièrement agressive ses idées personnelles.
Le conférencier m'accuse d'abord d'avoir dépeint la guerre sous des couleurs fausses. J'ignore si ce fonctionnaire galonné a fait — comme il le prétend — sa campagne en France avant de la faire en Amérique. Mais sa prétention de connaître les soldats fait sourire. Avezvous été simple soldat dans les tranchées, mon officier? Non? Alors, ne parlez pas de ce que vous ne savez pas.
J'affirme que tout ce qui a été écrit par moi est l'exacte vérité. Il s'agit ou de choses que j'ai vues ou faites (et c'est la plus grande partie) ou de choses qui m'ont été racontées par des camarades que je savais sincères. Je n'accepte donc là-dessus aucune espèce de démenti. Je serais seulement troublé si un soldat ayant réellement fait la guerre venait contester des descriptions ou des passages de mon livre. Mais le fait ne s'est pas produit jusqu'ici à ma connaissance.
En réalité, l'état d'esprit de mon commentateur malveillant fait partie de tout un système de propagande qui consiste à enjoliver la guerre, à transformer aux yeux du public les effrayantes mêlées d'aujourd'hui en une manière de « guerre en dentelles », telle qu'elle