LES GRANDS DEVOIRS
Aux jeunes gens,
Chers amis,
Votre noble et fraternel appel m'arrive dans ce coin solitaire oij j'achève im livre et où il m'est impossible, pour le moment, do m'écarter de ce travail. Mais, je tiens à vous dire cependant combien votre voix me parle au cœur, combien je me sens honoré que les jeunes, généreux et hardis militants des « Ecrits du Midi ') veuillent bien considérer que je sViis dans leurs rangs.
Certes, nous servons le même idéal : la libération de la multitude par elle-même, la grande loi de vérité et de raison substituée partout aux régimes parasitaires qui ont mené de toutes
parts le vieux monde au malheur, et l'amèneraient à l'anéantissement définitif, si l'humanité ne réagissait pas. Nous servons le même 'idéal par les mêmes moyens : dire la vérité, porter cette lumière devant ceux qui ne savent pas, leur montrer le droit chemin et les vrais ennemis ; et la porter aussi devant la face de ceux qui mentent. Nous sommes pareils, si ce n'est que vous avez sur moi une grande et puissante supériorité : votre jeunesse.
Ce n'est pas trop de toute cette force jeune pour mener à bien une tâche qui est dramatique comme les événements. On essaiera de circonvenir par tous les moyens le magnifique effort que vous coordonnez, vous, les vôtres, et ceux qui vous ressemblent. D'innombrables embûches sont tendues au progrès par ceux qui n'en veulent pas. La plus inextricable est la concession qu'ils consentent parfois de force sous l'action éclatante de la vérité, la demi-mesure qu'ils lâchent pour garder le reste, l'apparence de progrès qui laisse l'autocratie dans la plaio et lui permet de reprendre peu à peu les hommes, corps et âmes.
Votre rôle de libérateurs doit vous imposer d'abord et surtout, d'être intransigeants, et d' bien vous persuader que tant que vous n'aure. pas tout, vous n'aurez rien. Ce danger mi' préoccupe jusqu'à l'angoisse quand j'entends de