L ESPRIT DE REVOLTE
soulèvement général de la masse populaire, — paysans et ouvriers, contre les classes privilégiées? La Révolution eût-elle duré quatre ans? eût-elle remué la France jusqu'aux entrailles? eût-elle trouvé ce souffle invincible qui lui a donné la force de résister aux « rois conjurés? »
Certainement non ! Que les historiens chantent tant qu'ils voudront les gloires des « messieurs du Tiers », de la Constituante, ou de la Convention, — nous savons ce qu'il en est. Nous savons que la Révolution n'eût abouti qu'à une limilation microscopiquement constitutionnelle du pouvoir royal, sans toucher au régime féodal, si la France paysanne ne se fût soulevée d'un bout à l'autre du pays et n'eût maintenu, quatre années durant, l'anarchie, — l'action révolutionnaire spontanée des groupes et des individus, affranchis de toute tutelle gouvernementale. Nous savons que le paysan serait resté la bête de somme du seigneur, si la Jacquerie n'eût sévi depuis 1788 jusqu'en 1793; — jusqu'à l'époque où la Convention fut forcée de consacrer par une loi ce que les paysans venaient d'accomplir en fait : l'abolition sans rachat de toutes les redevances féodales et la restitution aux Communes des biens qui leur avaient été jadis volés par les riches sous l'ancien régime. Vainement on eût attendu la justice des Assemblées, si les va-nu-pieds et les sansculottes n'avaient jeté dans la bascule parlementaire le poids de leurs gourdins et de leurs piques !
Mais ce n'est ni par l'agitation contre lés ministres, ni par l'affichage dans Paris des placards dirigés
contre la reine, que le soulèvement des petits villages pouvait être amené. Ce soulèvement, résultat de la situation générale du pays, fut préparé aussi par l'agitation que faisaient au sein du peuple, des hommes qui en sortaient et qui s'attaquaient à ces ennemis immédiats : le seigneur, le pretre-propriétaire, l'accapareur du blé, le gros bourgeois.
Ce genre d'agitation est bien moins connu que le précédent. L'histoire de Paris est faite, celle du village n'a jamais été commencée sérieusement : l'histoire ignore encore le paysan ; et cependant, le peu que nous en savons suffit déjà pour nous en donner une idée.
Le pamphlet, la feuille volante, ne pénétraient pas dans le village : le paysan à cette époque ne lisait presque pas. Eh bien, c'est par l'image imprimée^ souvent barbouillée à la main, simple et compréhensible, que se faisait la propagande. Quelques mots tracés à côté d'images grossièrement faites, répandues dansles^villages, — et tout un roman se forgeait dans l'imagination populaire, concernant le roi, la reine, le comte d'Artois, madame de Lamballe^ le pacte de famine, les seigneurs, « vampires suçant le sang du peuple » ; il courait les villages et préparait les esprits.
Là, c'était un placard, fait à la main, affiché sur un arbre, qui excitait à la révolte, promettant l'approche des temps meilleurs, et racontant les émeutes qui avaient éclaté dans des provinces à l'autre bout delà France.
Sous le nom des « Jacques », il se constituait des groupes secrets dans les villages, soit pour mettre le feu à la grange du seigneur, soit pour détruire ses ré-
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coites ou son gibier, soit enfin pour l'exécuter ; et que de fois ne trouvait-on pas dans le château un cadavre percé d'un couteau qui portait cette inscription : De la part des Jacques!
Un lourd équipage descendait le long d'une côte ravinée, amenant le seigneur dans son domaine. Mais deux passants aidés du postillon, le garrottaient et le roulaient au fond du ra\in, et dans sa poche on trouvait un papier disant .De la part des Jacques! — et ainsi de suite.
Ou bien, un jour, au croisement de deux routes^ on apercevait une potence, portant cette inscription : Si le seigneur ose percevoir les redevances, il sera pendu à cette potence. Quiconque osera les player au seigneur, aura le même 5o?^^ .-^ Et le paysan ne payait plus sans y être contraint par la maréchaussée, heureux au fond d'avoir trouvé un prétexte pour ne rien payer. Il sentait qu'il y avait une force occulte qui le soutenait ; il s'habituait à l'idée de ne rien payer, de se révolter contre le seigneur, et bientôt, en effet, il ne payait plus et il arrachait au seigneur, par la menace, le refus de toutes les redevances.
Continuellement on voyait dans les villages des placards annonçant que désormais il n'y aurait plus de redevances à payer, qu'il fallait brûleries châteaux et les terriers cahiers de redevances), que le Conseil du Peuple venait de lancer un arrêt dans ce sens, etc.
— « Du pain! Plus de redevances ni de taxes»! Voilà le mot d'ordre que l'on faisait courir dans les villages. Mot d'ordre compréhensible pour tous, allant droit au cœur de la mère dont les enfants n'avaient pas mangé depuis trois jours, allant droit au cerveau du paysan harcelé par la maréchaussée
qui lui arrachait les arriérés des taxes. « A bas l'accapareur ! » — et ses magasins étaient forcés, ses convois de blés arrêtés, et l'émeute se déchaînait en province. — « A bas l'octroi ! » et les barrières étaient brûlées, les commis assommés, et les villes, manquant d'argent^ se révoltaient à leur tour contre le pouvoir central qui leur en demandait. — « Au feu les registres d'impôts, les livres de comptes, les archives des municipalités ! » et la paperasse brillait en juillet 1789, le pouvoir se désorganisait, les seigneurs émigraient, et la révolution étendait toujours davantage son cercle de feu.
Tout ce qui se jouait sur la grande scène de Paris n'était qu'un reflet de ce qui se passait en province, de la révolution qui, pendant quatre ans^ gronda dans chaque ville, dans chaque hameau, et dans laquelle le peuple s'intéressa bien moins aux ennemis du pouvoir central qu'à ses ennemis les plus proches: aux exploiteurs, aux sangsues de l'endroit.
Résumons-nous. — La révolution de 1788-1703, qui nous présente sur une grande échelle la désorganisation de r Etal par la révolution populaire [éminemmenl économique, comme toute révolution vraiment populaire), — nous sert ainsi d'enseignement précieux.
Bien avant 1789, la France présentait déjà une situation révolutionnaire. Mais l'esprit de révolte n'avait pas encore suffisamment mûri pour que la Révolution éclatât. C'est donc sur le développement de cet esprit d'insubordination, d'audace, de haine
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contre l'ordre social, que se dirigèrent les efforts des révolutionnaires.
Tandis que les révolutionnaires de la bourgeoisie dirigeaient leurs attaques contre le gouvernement, les révolutionnaires populaires, — ceux dont l'histoire ne nous a même pas conservé les noms, — les hommes du peuple préparaient leur soulèvement, leur révolution, par des actes de révolte dirigés contre les seigneurs, les agents du fisc et les exploiteurs de tout acabit.
En 1788, lorsque l'approche de la révolution s'annonça par des émeutes sérieuses de la masse du peuple, la royauté et la bourgeoisie cherchèrent à la maîtriser par quelques concessions ; mais pouvait- on apaiser la vague populaire par les Etats Généraux, par les concessions jésuitiques du 4 août, ou par les actes misérables de la Législative ? — On apaise ainsi une émeute politique, mais avec si peu de chose on n'a pas raison d'une révolte populaire. Et la vague montait toujours. Mais, en s'attaquant à la propriété, en même temps elle désorganisait VEtat. Elle rendait tout gouvernement absolument impossible, et la révolte du peuple, dirigée contre les seigneurs et les riches en général, a fini, comme on le sait, au bout de quatre ans, par balayer la royauté et l'absolutisme.
Cette marche, c'est la marche de toutes les grandes révolutions. Ce sera aussi le développement et la marche de la prochaine révolution, si elle doit être — comme nous en sommes persuadés, — non pas un simple changement de gouvernement, mais une vraie révolution populaire, un cataclysme qui transformera de fond en comble le régime de la propriété.
THÉORIE ET PRATIQUE
Lorsque nous discutons Tordre de ctioses qui, à notre avis, doit surgir de la prochaine révolution, on nous dit souvent.: — a Tout cela, c'est de la théorie, dont nous n'avons pas à nous préoccuper. Laissons ça de côté et occupons-nous de choses pratiques (de questions électorales, par exemple). Préparons l'avènement de la classe ouvrière au pouvoir , et plus tard nous verrons ce qui pourra surgir de la révolution. ))
Il y a cependant quelque chose de nature à nous faire douter de la justesse et même de la sincérité de ce raisonnement. C'est qu'en l'énonçant chacun a sa théorie toute faite sur le mode d'organisation de la société au lendemain, ou plutôt le jour même, de la révolution; loin de faire peu de cas de ses théories, il y tient fermement, il les propage,
et tout ce qu'il fait maintenant n'est qu'une conséquence logique de ses idées. Au fond, ces mots : — « Ne discutons pas ces questions théoriques » se réduisent à ceci : — « Ne mettez pas en discussion noire théorie, mais aidez-nous à la mettre à exécution. »
En effet, il n'y a pas d'article de journal, dans lequel l'auteur ne glisse ses idées sur l'organisation de la société, comme il l'entend. Les mots : <( État ouvrier », « organisation de la production et de l'échange par l'Etat », « collectivisme » (limité à la propriété collective des instruments de travail et répudiant la mise en commun des produits), « discipline du parti », etc., tous ces mots se retrouvent constamment dans les articles des journaux et dans les brochures. Ceux qui font semblant de n'attacher aucune importance aux (( théories », font tout pour propager les leurs. Et, pendant que nous évitons ce genre de discussions, d'autres propagent leurs conceptions et sèment leurs erreurs, contre lesquelles il faudra lutter un jour. Pour ne citer qu'un seul exemple, il suffira de nommer la Quintescence du Socialisme de Schaeffle, ce livre fait par un ex-ministre autrichien, qui, sous prétexte de défendre le socialisme, n'a d'autre but que celui de sauver l'ordre bourgeois dans la débâcle. Il est vrai que ce livre, qui laisse trop percer l'oreille de l'ex-ministre, n'a pas eu de succès auprès des ouvriers français et allemands; mais tout de même ses idées, assaisonnées de quelques phrases révolutionnaires pour mieux faire avaler la couleuvre, sont propagées tous les jours.
D'ailleurs, cela est tout naturel. Il répugne à l'esprit humain de se lancer dans une œuvre de démolition
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sans se faire une idée, — ne fût-ce que dans quelques traits essentiels, — de ce qui pourrait remplacer ce qu'on va démolir. — « On instituera une dictature révolutionnaire », disent les uns. — « On nommera un gouvernement, ;pris parmi les travailleurs, et on lui confiera l'organisation de la production, » disent les autres, — « On mettra tout en commun dans les Communes insurgées », disent les troisièmes. Mais tous, sans exception, ont une conception quelconque de l'avenir, à laquelle ils tiennent plus ou moins; et cette idée réagit, consciemment ou non, sur leur mode d'action dans la période préparatoire actuelle.
Nous ne gagnons donc rien à éviter ces « questions de théorie »; au contraire, si nous voulons être «pratiques», nous devons nécessairement, dès aujourd'hui même, exposer et discuter sous tous ses aspects notre idéal de communisme anarchiste.
D'ailleurs, si maintenant, pendant la période d'accalmie relative que nous traversons, nous ne devons pas exposer, discuter et propager cet idéal, — quand est-ce que nous le ferons ?
Sera-ce le jour oîi, dans la fumée des barricades, sur les débris de l'édifice renversé, il faudra, sur le champ ouvrir les portes à un nouvel avenir? oii il faudra avoir déjà une résolution prise et une ferme volonté pour la mettre à exécution ? — Alors, ce ne sera plus le temps de discuter. Il faudra agir, à l'instant même, soit dans un sens, soit dans un autre.
Ge qui a fait que les révolutions précédentes n'ont
pas donné au peuple français tout ce qu'il avait droit d'en espérer, ce n'est pas qu'il eût trop discuté sur le but de la révolution, dont il sentait l'approche. Le soin de déterminer ce but et de voir ce qu'il y aurait à faire, a toujours été abandonné aux meneurs qui ont invariablement trahi le peuple, comme de raison. Ce n'est pas que le peuple eût eu une théorie toute faite qui l'empêchât d'agir , — il n'en avait aucune. La bourgeoisie , en 1848 et en 1870, savait fort bien ce qu'elle allait faire le jour où le peuple renverserait le gouvernement . Elle savait qu'elle s'emparerait du pouvoir, le ferait sanctionner par des élections, armerait le petit bourgeois contre le peuple et que, tenant en ses mains l'armée, les canons, les voies de communication et l'argent, elle lancerait ses mercenaires contre les travailleurs, le jour où ils oseraient revendiquer leurs droits. Elle savait ce qu'elle allait faire le jour de la Révolution.
Mais le peuple n'en savait rien. Dans la question politique, il répétait , après la bourgeoisie : République et suffrage universel en 1848; en mars 1871 il disait avec la petite bourgeoisie : « La Commune ! » Mais, ni en 18i8, ni en 1871, il n'avait aucune idée précise de ce qu'il fallait entreprendre pour résoudre la question du pain et du travail. « L'organisation du travail », ce mot d'ordre de 1848 (fantôme ressuscité dernièrement sous une autre forme par les collectivistes allemands), était un terme si vague qu'il ne disait rien ; de même le collectivisme, tout aussi vague, de l'Internationale de 1869 en France. Si, en mars 1871, on eût questionné tous ceux qui travaillèrent à l'avènement de la Commune sur ce qu'il y avait à faire pour résoudre la question du pain et du travail,
THÉOlilE ET PRATIQUE oll
— quelle terrible cacophonie de réponses contradictoires eût-on reçu ! Fallait-il prendre possession des ateliers au nom de la Commune de Paris? Pouvait-on toucher aux maisons et les proclamer propriété de la cité insurgée ? Fallait-il prendre possession de tous les vivres et organiser le rationnement? Fallait-il proclamer toutes les richesses entassées dans Paris, propriété commune du peuple français, et appliquer ces moyens puissants à l'affranchissement de toute la nation? — Sur aucune de ces questions il n'y avait d'opinion formée au sein du peuple. Préoccupée des besoins de la lutte immédiate, l'Internationale avait négligé de discuter à fond ces questions. — « C'est du roman, c'est de la théorie que vous nous faites, » — criait-on à ceux qui les abordaient; et lorsqu'on parlait de Piévolution sociale, on se bornait à la définir par des mots tout aussi vagues, comme Liberté, Égalité, Solidarité.
Loin de nous l'idée d'élaborer un programme tout fait pour le cas d'une révolution. Un pareil programme ne ferait que gêner l'action; beaucoup en profiteraient même pour se faire ce sophisme : — « Puisque nous ne pouvons pas réaliser notre programme, ne faisons rien, ménageons notre sang précieux pour une meilleure occasion. »
Nous savons fort bien que tout m.ouvement populaire est un acheminement vers la révolution sociale. Il réveille l'esprit de révolte, il habitue à considérer l'ordre établi (ou plutôt le désordre établi) comme éminemment instable; et il faut la sotte arrogance
d'un parlementariste allemand pour demander : « A quoi a servi la Grande Révolution ou celle de la Commune ? » Si la France est lavant-garde de la Révolution, si le peuple français est révolutionnaire d'esprit et de tempérament, c'est précisément parce qu'il a fait tant de ces révolutions désavouées par les doctrinaires et les nigauds.
Mais, ce qu'il nous importe de déterminer, c'est le but que nous nous proposons d'atteindre. Et non seulement le déterminer, mais le signaler, par la parole et par les actes, de manière à le rendre éminemment populaire, si populaire que le jour du mouvement il s'échappe de toutes les bouches. Tâche beaucoup plus immense et plus nécessaire qu'on ne se l'imagine généralement; car si ce but est tout vivant devant les yeux du petit nombre, ce n'est nullement le cas pour la grande masse, travaillée dans tous les sens par la presse bourgeoise, libérale, communaliste, collectiviste, etc., etc.
De ce but dépendra notre mode d'action, présent et futur. La différence entre le communiste-anarchiste, le collectiviste-autoritaire, le jacobin et le communaliste-autonomiste, n'est pas tout entière dans leurs conceptions d'un idéal plus ou moins éloigné. Elle se fait sentir non seulement le jour de la révolution, elle apparaît aujourd'hui môme, sur chaque chose, dans chaque appréciation, si minimes soient-elles. Le jour de la révolution, le collectiviste -étatiste courra s'installer à l'Hôtel-de-ville de Paris, d'où il lancera ses décrets sur le régime de la propriété; il cherchera à se constituer en gouvernement formidable, fourrant son nez partout, jusqu'à statistiquer et décréter le nombre de poules élevées à Fouilly-
THEORIE ET PRATIQUE
les-Oies. Le communaliste - autonomiste courra de même à l'Hôtel-de- ville et, s'inslituant, lui aussi, gouvernement, il essayera de répéter l'histoire de la Commune de 1871, tout en défendant de toucher à la sainte propriété tant que le Conseil de la Commune n'aura pas jugé opportun de le faire. Tandis que le communiste-anarchiste ira prendre possession sur-le-champ, des ateliers, des maisons, des greniers à blé, bref de toute la richesse sociale^ et cherchera à organiser dans chaque commune, dans chaque groupe, la production et la consommation en commun, afin de pourvoir à tous les besoins des communes et des groupes fédérés.
Cette même différence s'étendjusqu'aux plus petites manifestations de notre vie et de notre action journalière. Tout homme cherchant à établir un certain accord entre son but et ses moyens d'action, il s'ensuit que le communiste-anarchiste, le collectivisteétatiste et le communaliste-autonomiste se trouvent en désaccord sur tous les points de leur action immédiate.
Cette différence existe; ne cherchons donc pas à l'ignorer. Au contraire, exposons chacun franchement notre but, et la discussion qui se fait continuellement, chaque jour, à chaque instant dans les groupes, — non pas comme dansles journaux, celle-ci est toujours trop personnelle, — élaborera au sein des masses populaires une idée commune, à laquelle le grand nombre pourra se rallier un jour.
Quant au présent immédiat, nous avons quelques
terrains d'action communs , sur lesquels tous les groupes peuvent déjà agir d'accord. C'est le terrain de la laite contre le capital, et celui de la lutte contre le souteneur du capital, —le gouvernement. Quelles que soient nos idées sur l'organisation future de la société, il y a un point acquis pour tous les socialistes sincères : — l'expropriation du capital doit résulter de la prochaine révolution. Donc, toute lutte qui prépare cette expropriation doit être soutenue unanimement par tous les groupes socialistes, h quelque nuance qu'ils appartiennent. Et plus les divers groupes se rencontreront sur ce terrain commun et sur tous ceux que les circonstances mêmes nous indiqueront;, mieux l'entente commune sur ce qu'il y a à faire pendant la Révolution, pourra s'établir.
Mais souvenons-nous; pour qu'une idée plus ou moins générale puisse surgir des masses le jour de la conflagration, ne négligeons pas d'exposer toujours notre idéal de la société qui doit surgir de la révolution. Si nous voulons être pratiques, exposons ce que les réactionnaires de toute nuance ont toujours -appelé « utopies, théories ». Théorie et pratique ne doivent faire qu'un, si nous voulons réussir.