‹ Paroles de paixChapitre 12 sur 26 · acte politique méritoire et des plus · texte numérisé non relu

acte politique méritoire et des plus

favorables aux grands intérêts natio-

naux, lorsque, au moment des plus

vives impatiences, après des discus-

sions passionnées, soudain éclairées par le grand intérêt de la patrie, dans.

tous les ordres du jour, en même

temps qu’elle invitait le gouverne- ;

ment à défendre les droits de la France et à essayer, par tous les efforts, de les faire triompher, elle ‘ajoutait : «en accord avec ses alliés ».

- Par ces votes, la Chambre mar-

quait une double préoccupation :

d’abord la reconnaissance pour la fraternité d’armes d’hier et, en même temps, un souci de sécurité pare Je

demain.

Je ne suis pas de ceux qui, sous l'influence de polémiques passagères, oublient les services que les Alliés nous ont rendus sur les champs de bataille. Nous devons leur en garder une grande reconnaissance et faire en sorte, après avoir obtenu, grâce à leur concours, la Victoire, de réaliser avec eux la sécurité de l’avenir de la

France.

Les affaires extérieures doivent toujours être au-dessus de toutes les batailles dans notre pays; il n’y a pas de superpatriotisme ! Le patriotisme est commun à tous ! Tous les Français ont fait leur devoir. On ne peut donc admettre que certains aient la

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ne n’aura jamais Re tique d’humilier des peuples, même des peuples qui lui furent ennemis.

Cela n’a jamais été son rôle dans ” l’histoire du monde. Ce qu ‘elle veut, c’est qu’un peuple qui fut l’'agresseur, qui fit tant souffrir l° humanité et qui, finalement, est nus parce qu’ on est généreux et patient à son égard, ne se redresse pas dans sa défaite pour essayer de la transformer en victoire.

Cela n’est pas possible et, dans l'intérêt même du peuple allemand, pour qu'il se dirige vers la paix réelle, vers le progrès dans la liberté, il faut qu'il

ait conscience de sa défaite. Alor S ils

tournera vers ceux qui l'ont causée, vers les mauvais bergers qui l’on conduit à la catastrophe en exaltant des sentiments misérables et bas, en l’incitant à n’être au milieu du monde qu’un peuple de proie, quand il pouvait tout, dans la paix et par le seul développement de son génie naturel. Il faut qu'il le sente, de manière à se réveiller, à secouer le:

cauchemar des mauvais conseilleurs, à s’adapter enfin à la civilisation des peuples qui se sont dressés devant lui pour lui barrer la route.

CPE

L’acte de Locarno restitue dans toute sa plénitude sa force morale à la France, en la faisant apparaître vis-à-vis de son ennemie d'hier,

comme désireuse d’arrêter enfin la funeste et sanglante série des guerres. |

Ah ! le peuple allemand?

Croyez-vous que je sois allé sans émotion à ce rendez-vous au bord

d’un lac, où je devais rencontrer des

ministres allemands? Croyez-vous que

je n’éprouvais pas les sentiments les plus complexes et les plus profonds?

J'y suis allé, ils y sont venus, et nous avons parlé «européen». C° est une langue nouvelle qu’il faudra bien que

l’on apprenne.

Je tiens à dire que ces deux hommes ont accompli un acte de grand courage en venant là, sans souci des .

menaces personnelles auxquelles ils

ouvaient s’exposer dans leur propre P " rt

pays:

LS

Ils ont compris. Le peuple allemand comprendra-t-il? Je veux le croire. à

Le peuple allemand est un grand peuple, il a ses qualités et ses défauts.

Le peuple français et lui se sont rencontrés, à travers des siècles, sur bien des champs de bataille qu'ils ont ensanglantés.

La dernière guerre a été effroyable, elle a dépassé toutes les prévisions.

Ce ne sont plus des armées restreintes

qui ont été aux prises, ce sont des nations entières qui, pendant des années, se sont déchirées.

Et puis, il y a eu des vainqueurs, oui! qui sont sortis de là avec un

grand prestige, avec une force morale

agrandie, certes, mais aussi dans quel épuisement !

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