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L'Allemagne n’est pas absolument une. Elle peut le devenir dans cer :
taines conditions exceptionnelles et.
sous l’influence d’un sentiment natio- 4 nal. Elle ne l’est pas en temps normal, —
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pas plus du reste qu’aucun pays.
À certains moments, on a vu des hommes comme Erzberger et Rathenau tenter des opérations dans le sens de la paix. Combien étaient critiqués les malheureux hommes politiques Le qui répondaient à ces appels? On.
disait : « Îls seront dupés, il n° 7 a BR.
aucune bonne foi.» … re
Il a fallu que l’assassinat les jetât -
__à terre pour montrer que tout de à
même il y avait quelque bonne foi
\dans leur effort.
; EE Vous croyez qu’un traité imposé par la défaite et exposé par là même à de continuelles récriminations est meilleur, au point de vue de sa force morale, qu’un accord librement et normalement agréé de part et d’autre? Ce n’est pas mon avis. C’est une question d'appréciation.
EE © N'est-ce pas un spectacle émouvant, particulièrement édifiant et réconfortant, que, quelques années à peine après la plus effroyable guerre qui ait jamais bouleversé le monde, alors que les champs de bataille sont encore presque humides de sang, les
peuples, les mêmes peuples qui se sont heurtés si rudement se rencontrent dans une assemblée pacifique et s’affirment mutuellement leur volonté commune de collaborer à l’œuvre de paix universelle.
Quelle espérance pour les peuples !
? D Nous avons en commun, Français et Allemands, avec cinq autres.
grandes nations, signé un Pacte, un | Pacte sincère, loyal, de paix. Nous, savons qu’il ne peut prendre toute sa :
force, tout son développement que sous l’égide de la Société des Nations. - :
C’est à elle que nous l’avons confié; c’est par elle, dans son sein, qu'il doit prendre tout son développement, car elle réalise l’atmosphère propice au
règlement de tous les conflits irritants qui peuvent naître entre deux nations que leur histoire sanglante fait apparaître comme s'étant affrontées si souvent sur les cruels champs de bataille.
C’est dans la sérénité de la Société des Nations, c’est dans cette atmosphère si particulière que j’ai si profondément appréciée, comme président du Conseil, lorsque je me suis trouvé, dans une circonstance difh- cile, appelé à régler un conflit, c’est dans ce milieu de force pacifique qui nous pénètre tous qu’un accord comme le nôtre peut trouver sa vie et
réaliser ses buts.
… Je pose cette question après a:
entendu toutes les réserves et toute les critiques formulées contre le accords de Locarno : si en 1914, à à veille de la guerre, nous avions eu la garantie de l’Angleterre et de V'Ita lie, si nous avions eu la certitude : de trouver à nos côtés,en cas d’agressio | outre l'Angleterre et l'Italie, Ja Tchécoslovaquie et la Pologne, | je vous le demande, croyez-vous ne l'Allemagne, quelles que fussent ses arrière-pensées, aurait osé. déclarer la guerre? .
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J'ai connu une minute d'émotion oo à Locarno, au D
apposèrent leur signature he
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ce protocole d’un caractère spécial,
d’une portée nouvelle, qui disposait de l’avenir des peuples en procédant de considérations juridiques et non plus de considérations de force.
Lorsque, devant une foule de gens qui n'étaient pas parties à l’affaire, — c'étaient les braves habitants de Locarno et des villages voisins, mêlés à des touristes, — lorsque nous ‘sommes apparus au balcon et que - nous avons montré à tous les regards le document qui venait d’être signé par la France, la Belgique, la Grande- Bretagne, l'Italie, la Tchécoslovaquie, la Pologne et l’Allemagne, eh “bien, messieurs, il y eut dans cette foule un moment de grande émotion.
Ce fut comme une espèce de cri pas-
sionné et fervent qui s'élevait de cette foule, l’expression de ce senti- | ment que quelque chose de réel venait peut-être d’être fait en faveur de la paix. Et, depuis lors, ceite émotion profonde, nous l’avons tous res- :
sentie. :
Pour moi, ce qu’il y a de bien dans l’acte de Locarno, c’est qu'il ne fait tort à aucune des nations qui l’ont signé. Il n’a pas été rédigé et signé pour assurer des avantages à telle nation contre telle autre. re
Il faut, pour l’apprécier, le juger dans son véritable esprit, qui n’est pas un esprit de nationalisme étroit