‹ Paroles de paixChapitre 14 sur 26 · LA · texte numérisé non relu

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et égoiste. Il a été rédigé, il a été |

conclu dans un esprit européen et dans un but de paix.

Réalise-t-il les conditions de la sécurité absolue? Rend-il à jamais impossible toute guerre? Je me garderai de l’affirmer. Je ne veux pas faire de dupes dans mon pays.

Nous dispense-t-il de tenir l’œil constamment ouvert sur les événements, de les surveiller étroitement ?

Nous dispense-t-il de toutes les mesures qui peuvent être propres à garantir notre sécurité, si par malheur un événement venait à la mettre en péril? Je dis : Non.

Les accords de Locarno ne justifient ni l’excès d’optimisme dont certains ont fait montre dans le pre-

mier moment d’enthousiasme, ni l'excès de pessimisme manifesté par | d’autres. Ils sont ce qu’est toute œuvre humaine réalisée dans des conditions difhciles : non pas l'absolu, is mais, je crois, un bon relatif.

Dans les circonstances où mous

sommes, au lendemain de la terrible ee guerre que nous avons supportée qui n’a ressemblé à aucune autre dans le te

passé, qui a mis aux prises non pas + seulement des armées, mais des - :

peuples entiers, au lendemain d’ une .

pareille catastrophe, — huit ans après, — il n’est pas étonnant que le pen:

dule n’ait pas encore cessé ses oscil

lations et au ne re demeure

\ Nous sommes toujours portés,

quand nous envisageons un problème de sécurité, à attendre de l’extérieur la totalité des garanties souhaitables. C’est une erreur. Il faut d’abord s’assurer soi-même contre le danger. Et il ne faut surtout jamais laisser compromettre une liberté d’action qui constitue avant tout ce que j’appellerai le droit sacré de la légitime défense.

Les jeunes nationalités à peine nées et qui demain seront de grands peuples ont si ardemment désiré

la vie que tout d’abord parmi le . bouillonnement qui accompagne leur | naissance, apparaissent aussi des __ aspirations plus ou moins vastes,

des pensées forcément et naturellement égoistes. Il est très difhcile d’appeler l’ensemble des peuples à sacrifier suffisamment de souveraineté nationale pour qu’une sorte de super-nation finisse par s’élever, pourvue de toutes les sanctions matérielles et morales qui imposent la paix. ; Qu’une heure pareille puisse sonner, chacun de nous le souhaite. Que | la France fasse tout pour le rapprochement de plus en plus intime des peuples, c’est un rôle auquel son.

Gouvernement doit s’appliquer. Mais | que l’œil sur ce flambeau de paix, les Gouvernements de la France en .

soient éblouis au point de ne plus voir ce qui se passe autour d’eux, cela

AE) Dei ee

‘serait bien grave, et je suis obligé de le dire : nous ne sommes pas encore au moment des embrasse-

ments fraternels dans toute la vieille Europe.

Il y a des points à surveiller, et soyez sûrs que la meilleure garantie que la paix vienne, qu’elle vienne pour toute l’Europe, c’est que la France ne se laisse pas aller à la faiblesse. Il faut, dans l'intérêt de tous, qu’elle garde sa force avec la . volonté de n’en pas abuser.

ASE 2

La France a dans son passé trop de traditions humaines, elle a donné trop de gages de liberté au monde, et elle est un symbole trop éclatant pour tous les peuples du monde pour ne

pas considérer qu’en dehors de son

héritage propre, c’est un héritage

mondial qu’elle défend en se défen- à

dant. RE CP PP ;

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