‹ Paroles de paixChapitre 18 sur 26 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

voilent encore la paix, quand on voit

la France dans cette attitude après ce qu'elle a souffert, eh bien : dra-

peau bas.

- Elle le mérite.

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Comment douter que, lorsque des … nations ont signé un pacte avec nous, | l’heure venue, elles seraient capables de manquer à leur signature? Mais alors, cette espèce d'inquiétude qui

consiste à douter de tout, en quoi ét par quoi pourrait-elle être rassurée? Quelque pacte d’alliance qu’on pût vous apporter, vous hausseriez les épaules et pousseriez des exclamations d’incrédulité.-

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La France considère que l’Allemagne a un rôle à jouer, dans l’Europe et dans le Monde.

Ce qui fait l’équilibre du monde, c'est qu'il y a des peuples différents, avec leur génie propre.

En faire disparaître un ou l’amoindrir au point de lui rendre impossibles les manifestations de sa race et de son génie, dans ce qu’elles ont d’inoffeusif pour les autres peuples,

ce serait un crime contre l’humanité.

son an d’héroïsme, id est incomparable et rien ne

FR

Paffaiblir. Si c’est une ee =

tions. ES Dans toutes les guerres ou France s’est rencontrée avec l'Alle-

grès économiques, de magnifiques usines, elles auront organisé des centres de production admirables et, tous les vingt-cinq ans, tous les cinquante ans, le rouleau des armées ‘viendra tout anéantir, les incendies s’allumeront de toutes parts, le sang sera répandu à flot? Non!

4 | Vous savez, quelle a été la thèse de la France, immédiatement après la guerre, pour la constitution de la Société des Nations; vous connaissez le principe dont elle s’inspirait et qui lui a toujours valu la confiance des peuples : pas de grands, pas de moyens, pas de petits peuples. Des peuples égaux, voilà tout. Voilà la doctrine française, voilà le princip

qu’en toutes circonstances la France

a aflirmé.

L'esprit d'égalité à la Société des Nations fait d’incessants progrès, et ce n’est certainement pas du côté de

la France qu'il rencontrera jamais

d’obstacles. Toujours, nous nous tournerons vers la thèse la plus conforme aux principes démocratiques

sur lesquels sont fondées nos insti- .

tutions. Mais nous agirons comme

nous le devons, avec la pensée de ne

| e ane pas accomplir un acte destructif, avec la volonté de sauvegarder et de

fortifier l’embryon, le germe vivant |

auquel nous devons tous les soins

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qu'exige une culture si difficile, si

délicate et si sensible au moindre courant d’air.

Le principe des nationalités pouvait autrefois s’appliquer d’une manière complète, presque absolué, car alors l’évolution des peuples avait un caractère politique, leurs intérêts n'étaient pas enchevêtrés de nation à nation, de continent à continent. Les considérations d’ordre technique, d'ordre géographique prévalaient, et, quand elles pouvaient s’appliquer, d’une manière relativement facile.

Aujourd’hui,l’interdépendance économique des peuples est une grave difficulté à laquelle se heurtent les chefs de gouvernement lorsqu'ils

entreprennent de créer des états en |

observant le principe des nationalités.

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C'est l’honneur de la France de s’être toujours efforcée, dans toutes :

les circonstances historiques qu’elle a traversées, de faire vivre, de réaliser

ce principe:

Le rôle de la France, dans cette :

Europe nouvelle, où elle n’a que des amis parmi ces peuples créés par la victoire, c’est d’aider ces pen dx dans leurs Hors, c’est de les conseillér lorsqu'ils veulent bien demander à la France des conseils, ce qui arrive souvent; c’est de préparer leur union sur le terrain économique.

L’Autriche n’a pas tout ce qu fe faut pour une grande prospérité .

économique, la Hongrie non plus,

c’est entendu. Mais il y a dans le monde bien des puissances qui sont arrivées à un degré merveilleux de prospérité et qui pourtant manquaient des choses essentielles.

Ces peuples doivent se rapprocher; ils doivent chercher à s’entendre dans la volonté commune de rester dans la paix, sans cette arrière-pensée de représailles qui empêche la paix de s'établir entre la France et l’Allemagne, et qui peut faire demain le mallieur de l’Allemagne.

Nous devons tâcher de les appeler

à faire des efforts communs, à-se

grouper, à chercher des moyens rai-

- sonnables de vivre ensemble et

d’assurer leur prospérité. C’est dans

. ce sens que la France doit travailler,

PP

Des tendances existent, dont. l’une, que je vais vous indiquer, n° est pas la moins dangereuse et je considère qu'il est quelque peu criminel de l’exploiter. Elles sont à la base des mouvements formidables auxquels :

assistent non sans inquiétude les.

grandes nations qui ont des intérêts | en Extrême-Orient et qui ont passé :

des conventions avec la Chine. à ‘

Il existe notamment, non pas dans

les milieux éclairés, mais dans les parties les plus obscures, les plus intinctives de la population, des sentiments de xénophobie que. vous n'ignorez pas. Les libérer par. une

propagande appropriée, provoquer des révoltes sous l’influence d’un tel état d’esprit, jeter des populations aveugles et instinctives à l’assaut des civilisations européennes, les pousser à massacrer des Européens, à répandre le sang, je ne crois pas que ce soit une bonne propagande, je ne crois pas que ce soit une bonne action; ce

- ne sont pas là des actes qui puissent

conduire un peuple à son émarci-

pation. Les peuples sont toujours, à

un moment donné, victimes de telles manifestations, lorsqu'ils s’y sont laissés entraîner.

Pour ce qui est de la France, elle a ‘toujours observé, en Chine, la con-

duitela plus mesurée, la plus réfléchie.

és

On a constaté qu’au milieu de

toute cette effervescence, de tous ces désordres, elle avait gardé une situation pour ainsi dire privilégiée. Ce qui ne l’a pas empêchée de rester fidèle aux solidarités internationales qu’imposent des intérêts communs.

basés sur des conventions identiques. ; Mais ici comme ailleurs — c’est | une règle que j’ai toujours suivie — la politique intérieure ne nous | regarde pas. Nous n’avons pas à nous |

immiscer, mais nous avons le droit

de prendre des précautions pour ne

pas être victimes de ses répercussions

éventuelles. de

Si la Syrie, dans l’ensemble, pouvait constituer une nation, nous en

serions parfaitement heureux. Nous

LS

‘serions heureux de la constituer à l’état de nation et de lui dire : « Gouverne-toi toi-même, organise ta gen-

darmerie, ta police, ton armée, si tu as besoin d’une armée. Défends-toi.

Si tu as besoin de conseils, la France, que tu connais, que tu aimes, qui t’a aidée dans le passé, sera à ta disposition. »

Nous ne considérons pas la Syrie comme une colonie, ni comme un protectorat; nous considérons la Syrie comme un pays de culture traditionnelle française, de sympathies françaises, de civilisation française, un

pays qui sans cesse, dans les pires moments qu'il a traversés, faisait appel au drapeau français. Par consé-

quent, nous n'y sommes pas comme

des conquérants. Nous - y. somme: nes comme un peuple appelé par le désir passionné des populations.

Il y a eu, pour mettre à à l'épreuve notre politique, partout où l’expan- :

sion coloniale nous a appelés, une ‘minute CAPEUT qui a fait passer des

frissons, j’en suis sûr, dans le Cœur

de tous les Français; il y a eu une

minute où tous les peuples auxquels nous avions apporté notre civilisation se sont trouvés les maîtres de .

leur situation. La parole leur était donnée. Ils avaient la libre disposi:

tion de leur pays et d’eux-mêmes.

MS

C’est le moment où s’est abattue

sur nous cette effroyable guerre de a

À ce moment-là, et autrement que par des affirmations de principe, les Marocains, les Tunisiens, les Algériens, les indigènes de l’Indo- Chine et de toutes nos possessions coloniales ont pu manifester leur sentiment. Ils ont pu disposer d’euxmêmes. :

Qu’ont-ils dit? Ils ont dit : « Enlevez vos troupes, portez-les à la défense dela mère-patrie, ayez confiance dans notre loyalisme et, ce qui est mieux, dans notre affection. »

Et non seulement ils ont vu partir nos troupes en les accompagnant de leurs vœux, mais d’eux-mêmes ils se sont dits Français, d’eux-mêmes ils

sont venus à nos frontières, ils se sont joints à tous les peuples civi-

lisés, parce qu’il n’y a pas, quand on 7 parle de la France, qu’une simple

nation, il y a une idée, il y a un passé, :

une gloire humaine que tout le

monde est tenu de défendre.

Voilà la liberté des peuples à dis-

poser d'eux-mêmes.

N'est-ce pas là la plus belle démons- | tration qui puisse être faite en faveur

de la France?

mo

Elles sont d’hier ces ironies, ces allusions à la tour de Babel où les peuples en commun travaillent à l’organisation de la paix dans un conflit de langues disparates et par la rédaction de textes que ne revendiquerait. certainement Fa l'Académie.

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