CAP
Tout ce qui peut porter les nations,
lorsque des circonstances difficiles
à ro les moyens d'éviter .
conflits sanglants, je dis que tout cela :
est à approuver et que tout cela est. “ bon pour les peuples. #
CR APCE es
“Onand; je pense que, sous Lindon. +
d’un mouvement de séance, dun
discours éloquent,de critiques faciles, .
de sentiments qu’on peut exalter .:
dans son auditoire en parlant au
nom des misères de son pays et des sacrifices qu'il s’est imposés pour la victoire, quand je pense qe lon.
pourrait ainsi être amené à dire :
« Brisons laccord ! Place à te capables de faire mieux DE LEA je
pense à ce qui alors surviendrait . demain, je crie : Non!
ARC Quand, les nations, les grandes nations qui comptent, et l’Allemagne en est une, seront à nos côtés, dans la Société des Nations, discutant les problèmes internationaux autour de la table d’un conseil, en assemblée générale, il y aura des chances pour que la paix du monde ne soit pas troublée. FRE Ce qui est grave, voyez-vous, ce sont des groupements qui ne contiennent pas toutes les forces disponibles; ce qui est grave, c’est qu’il y ait de grandes forces latentes qui se tiennent à l'écart des groupements principaux, car Ces forces non grou-
UT SEE Pa
pées subissent des lois d'attraction qui les poussent les unes sur les ; autres, qui risquent de les former en groupements à part. C’est de ces antagonismes de groupements de .
nations que jaillissent les éclairs qui appellent le tonnerre. en
Lie © .
Il y a dans le Parlement des hommes qui croient que l'intérêt de la France est de se confiner dans l’isolement.… Au fond de tout cela,
il y a, une fois encore, la preuve éclatante et publique que, dans nos discussions, trop souvent des préoc-.
cupations de politique particulière prennent la situation extérieure de la
France comme rançon de leurs buts.
Pour les hommes d’État qui, ‘comme moi, ont eu le redoutable honneur de vivre la guerre à un moment et à un poste particulière- ment redoutable, il serait impardonnable de ne pas tendre de toute leur pensée et de toutes leurs forces, à la réalisation de la paix.
Pour apprécier l’acte de Locarno, il faut d’abord bien comprendre ce qu’il est, non pas seulement dans une de ses parties,mais dans son ensemble, il faut l’examiner objectivement :
s’il y a une question qui doit être traitée en dehors des considérations politiques de partis, c’est bien celle-là.
C’est une question nationale au premier chef.
Je suis l’auteur, dans cette affaire, et par là même naturellement porté à la trouver magnifique. Il fallait
un gros effort pour me défendre contre des sentiments d'affection
- bien naturels, mais qui pouvaient être
exagérés parce que, malgré tout, intéressés. Cet effort-là, vous vou- ee drez bien me rendre cette me que ê ‘je l’ai fait. |
Il y a dans l’acte de Locarno, ily a l'obligation d'examiner avant d’agir.
Est-ce pour la France une paralysie? Peut-on dire : si vous avez à .
côté de vous un peuple animé de À
‘ mauvaises intentions. ?
Je ne veux pas suspecter un peuple 9 + > RES PSE NE R avec lequel j’ai signé un traité, je ne
veux pas croire qu'il soit de mauvaise foi; mais tout de même, j'ai bien le droit d'imaginer, contre mon optimisme, qu'il puisse en être autrement. Alors, le nouveau traité va-t-il m'empêcher d’agir? M’enlève-t-il un seul des moyens que me donne le traité de Versailles? Pas du tout.
Nous sommes toujours portés, quand on envisage un problème de £. sécurité, à attendre de l’extérieur la totalité des garanties souhaitables; c’est une erreur. Il faut d’abord s’assurer soi-même contre le danger.
Il ne faut pas surtout laisser compromettre une liberté d’action qui constitue avant tout ce que j’appellerai le droit sacré de la légitime défense.
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FÉ
Dans ma pensée, la conférence de Gênes était une tentative d’organisation de l’Europe, un effort pour constituer l’Europe de la Paix. Etla clause d’admission qu’était-elle? Les puissances qui voulaient accéder à cette entente devaient signer une
clause de non-agression. FR
Et mon idée dominante était celleci: (« Tant que la zone démilitarisée du Rhin ne sera pas mieux couverte que par les termes du traité, tant que ; le pacte de la Société des Nations restera dépourvu de sanctions, de.
bras séculier, la sécurité de la France restera fragile ». ne
Il fallait donc chercher des éléments de sécurité.
Le traité de Versailles y tendait, mais il n’avait pu nous rassurer.
Cependant cette affaire de sécurité a été engagée comment? Par la France? Non. L'initiative est venue de l’Allemagne. C’est M. Streseman qui a saisi la France d’une proposition.
C’est un nouveau système, celui de l’arbitrage, et je rappellerai que Léon Bourgeois n’a négligé aucune occasion de la développer. C’est le recours aux solutions juridiques.
Mais les peuples n’étaient pas mûrs pour cette œuvre nouvelle. Il a fallu la terrible guerre dont nous sortons à peine, et la légitime inquiétude de se retrouver devant d’autres guerres
dictions à leur usage.
Se Pourquoi donc les conflits. : des nations ne seraient-ils pas portés devant les tribunaux comme les conflits des particuliers ? Est- -ce que, au sein des Penn les ‘individus n’ont pas renoncé à régler leurs diffi- .
cultés à coups de poings et à coups de ne pieds? Est-ce qu’ils n’ont pas trouvé £ dans la possibilité de recourir à. des moyens juridiques des éléments de. :.
paix et de tranquillité? Pourquoi n° en £ ue pas ainsi entre di. nations |
Cesystème,on peut lerejeter,on peut le critiquer avec ironie : il pourra se trouver des gens pour applaudir, pas beaucoup de femmes... Les encouragements les plus précieux, les approbations les plus nombreuses me sont
- venus de ce côté-là. Si je lisais quel- ques-unes des lettres que j’ai reçues on aurait de la peine à retenir des larmes.
Pr?
Pour porter tous ses fruits, un accord comme celui de Locarno doit créer un nouvel état d'esprit, faciliter de plus fréquents contacts entre les peuples, leur rendre possible la discussion de leurs intérêts respectifs ou communs, permettre enfin d’envi-
sager des Locarno économiques et
financiers qui ont aussi leur impor-.
tance, car sans eux il subsistera toujours des germes de guerre singulièrement inquiétants et aussi des menaces pour l'indépendance et la liberté des peuples. |
Un peuple n’est pas assujetti, menacé, humilié, dans son indépendance, seulement lorsqu'il sent une lourde main gantée de fér peser sur sa destinée. Il l’est aussi lorsqu'il n’a pas la libre disposition de ses.
moyens économiques et financiers :
c’est une tyrannie qui pèse sur lui, et .
de celle-là aussi il faudra bien que les :
peuples s’affranchissent. “ - Sans doute, ils ne souffriraient pas. des guerres telles que nous les avons connues, qui se manifestent par. 1e
effusions de sang, par des actes barbares: mais ils souffriraient dans leur liberté et dans leur vie, ils sentiraient peser sur eux un esclavage encore plus insupportable que celui qu’impose une guerre après défaite.
Et alors quoi? Toujours? Cette existence durerait toujours? Toujours on aurait à redouter une guerre entre la France et l’Allemagne? Toujours ces deux peuples devraient s’employer à rechercher des moyens de s’armer ouvertement ou hypocritement ? Toujours ils dépenseraient le meilleur de leurs ressources à créer des armements nouveaux? On ne peut s’arrêter sur cette voie.
Et puis, de nouvelles échéances
de guerre, est-ce que cela constitue un avenir? Est-il possible de. Venvi sager? Ne doit-on pas chercher tou
les moyens d'échapper à un pareil
ra
cauchemar? Ne vaut-il pas la pein.
de faire un effort pour créer enfin, en Europe, un état de paix durable?
J'ai pensé que oui et j'ai fait mon possible pour qu’il arrivât ce. qui est.
arrivé, c'est-à-dire la conclusion de l'acte de Locarno. eo:
accord de La - soi
c’est que P respecté dans toutes ses dispositions, par conséquent dans celles qui sont relatives à la Société des Nations.
Nous avons eu soim d'ajouter. qu - Pinterprétation de + ces termes incom À
baït à la Société des Nations et non aux signataires du pacte de Locarno.
L'Allemagne a accepté cette conclusion. Aussi, quand elle vient dire qu’elle ne cherche pas à se soustraire à ses obligations, je veux la croire.
Ce &.
En face de grands problèmes nationaux si vastes et si graves, il faut faire un effort pour sortir de ses préoccupations personnelles, de ses points de vue particuliers. Pour mesurer l’étendue du problème, il faut s’efforcer de s’y adapter avec le souci des intérêts de son pays. | CE Quand dans un concert de peuples s’appuyant les uns aux autres, ayant pris des précautions pour que leurs
délibérations ne soïent pas inefficaces, il s’en trouve un qui a la pensée de violer sa parole et de se soustraire à
toutes les procédures de garantie
établies, celui-là se met dans un cas …
infiniment plus difficile que sil
n'avait pas été appelé à contracter de pareils engagements, et c’est pour la paix, une garantie qui n'est pas négligeable. &
PE
A Rapallo, on a rappelé une
parole de Rathenau : « Ici vont …
s’ouvrir les sources des grands fleuves
futurs ». Parole profonde qu’il avait
peut-être le droit de croire prophétique. À ce moment, l’Allemagne
ayant à choisir entre deux voies, celle qui la conduisait vers le concert des
peuples, au sein de la Société des Nations, dans une politique de paix déterminée, et celle qui la conduisait vers de nouveaux groupements d’alliances, aux conditions d’avantguerre et pour des possibilités de revanche, l'Allemagne, il faut le reconnaître, par la signature de Rapallo,a mis le pied dans la première voie, le pacte de Rapallo étant un pacte économique avec la promesse d'alliance politique.
C'était le complément nécessaire; on était à un moment où les deux groupements allaient se former en Europe, ou deux systèmes d’alliance allaient s’opposer. Nous voyons le nôtre. Mais aurions-nous obtenu ces
pactes d'alliance de toutes les nations
F bn E
sur lesquelles on paraît compter:
Non, pas dans de telles conditions et pour de telles fins. si. nie
Que l’Allemagne vienne faire cette.
offre d’un pacte de sécurité qui consacrerait des traités qu'elle a toujours | discutés — que l’Allemagne après :
réflexion, et, cette fois, librement, :
contractuellement, soit prête à envisager une paix dans la ratification è des traités, cela est un fait d’une #
importance considérable ; de "est le. À
plus important qui se soit. produit.
depuis la guerre. a RS
Et quand la France a répondu oui à l'Allemagne, elle a ajouté : «Al condition que vous vous engagiez : à
réspecter toutes Je frontières,
| ; à 4 D ” \ PAROLES DE PAIX 151
La paix fut toujours un mot prestigieux. Quand on le prononce, tout le monde l’admire. Un homme parlet-il de la paix, on le félicite, on lPapplaudit, on s’exclame : « Très bien », on lui parle sur un ton ouaté dont on use à l’égard des personnes qui ne sont pas bien portantes…. Enfin, on ne le malmène pas trop..
On pense : « C’est une espèce de maniaque d’un genre sympathique. »
Et s’il a le malheur de vouloir mettre en pratique son idée, s’il fait :
un effort pour organiser la paix, c’est .
… une autre affaire ! On dit : « Celui-là
il commence à devenir dangereux, il
faut le mettre en surveillance, il
faut s’en méfier.»
Tout de même, si l’on veut a paix, il faut bien l’organiser.-
«Un pays auquel on parle trop de à
paix, perd forcément — dit-on — de .
ses qualités combattivés. Alors il vous arrive de ces échecs proches ou lointains qui sont comme des hymnes
de la vertu de la guerre elle-même. »
La guerre, dit-on encore, c’est
un rude creuset, mais c’est tout de même là que s’élabore le pur acier de l’énergie populaire. La guerre, c’est ce qui fait les nations héroïques, c’est ce qui met en activité PACE leur beauté morale. » F- La guerre, lorsqu'elle prend les peuples, les prend comme ils sont. Si un peuple, sur les champs de bataille, montre des qualités morales, excep-