‹ Paroles de paixChapitre 24 sur 26 · RNA ES SE RARE · texte numérisé non relu

RNA ES SE RARE

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J’ai pensé qu'après l'effort de la guerre, mon pays avait droit à .

paix. Je me suis souvenu que les.

vastes convulsions qui accompagnent ù et qui suivent les guerres entraînent bien des déceptions, même pour ceux qui ont remporté la victoire. Jai compris que l’équilibre se referait difficilement dans le monde, et qu’un des premiers devoirs de la France était de s’employer, detoutson cœur, à assurer cet équilibre mondial,

indispensable à une paix. due |

ai

Après la guerre, des soubresauts d'ordre ‘social étaient inévitables . dans tous les pays. On s’est livré à des excès un peu partout. Néanmoins, on ne peut pas prétendre qu’il y ait ” eu,en France, des faits graves. Dans la

tempête mondiale, la France appa- * raît come un rocher, elle se manifeste comme un professeur d’ordre et ce n’est pas là un élément négligeable, pour la force morale de notre pays.

Même dans les circonstances qui mettent en opposition, en polémique, des hommes d’État français, lorsqu'ils se trouvent aux prises avec la réalité des intérêts de leur pays, immédiate-

ment une même pensée de solida-

rité nationale se lève en eux et s’affirme aussitôt dans leurs actes.

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Nous avons la force; nous pourrions, nous saurions nous en Servir, s’il le fallait, pour imposer le respect de tous les engagements souscrits, mais la France républicaine est essentiellement pacifique.

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Quand le gouvernement; qui représente la France, parle à l'extérieur, ce n’est pas au nom d’une catégorie de citoyens, ni d’une croyance, c’est au nom de la France tout entière, avec ses traditions; c’est au nom de la France de la Révolution qui a fait son prestige dans le monde, prestige

auquel je ne consentirai jamais à renoncer,car il est un des élémentsessentiels de sa force de rayonnement.

Il est un droit supérieur à tous . autres: c’est le droit, pour une collectivité nationale, de vivre dans son indépendance et dans sa fierté.

Ajoutons, affirmant le droit absolu, imprescriptible, d’une nation à la vie, que, dans le cas où les frontières se trouveraient ouvertes à l’invasion, à défaut d’une loi, ayant prévu le cas d’une indisponibilité des chemins de fer,un gouvernement serait excusable, en vertu de ce droit supérieur, de recourir à des mesures même extralégales. mais cette doctrine est

celle de la Révolution, la doctrine de | Danton. ei : Vi à

Il n’est pas de liberté, si respectable soit-elle, il n’est pas de liberté

particulière ou corporative, dont.

l’exercice soit susceptible de porter.

atteinte au droit de la nation à vivre.

Ce droit est fait de toutes les concessions sur les droits particuliers, sur les libertés particulières, et quand.

il est en cause, devant lui tout doit ..

s’incliner, pourvu que défendant son existence et recourant le cas écliéant à des mesures exceptionnelles, la société se tienne dans les limites de la légalité. | ü É Ne 2e es

Le régime parlementaire | a. des.

inconvénients, tous les régimes ns.

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ont; mais il a cet avantage essentiel qu’il est le régime de tous Les peuples qui ont évolué dans le progrès politique et social, et, lorsqu'un gouvernement est nettementinvesti de l’autorité de son parlement, il peut parler haut et ferme. On sait, en l’entendant, que c’est la voix de la nation même qu’on entend.

: CP AP La France, la vraie France, la voilà ! Vous la voyez aujourd’hui comme elle a toujours été, ce qu’elle n’a jamais cessé d’être, ce qu’elle sera toujours. Au cours de l’histoire, elle est apparue souvent armée, casquée. Pourquoi? Parce que sa | position géographique la désignait - à bien des coups. Elle a été un soldat,

elle a combattu. Mais dans la der- .

nière guerre, ce n’est pas seulement son sol ou sa liberté qu’elle a défendu. Ce sont aussi les principes que .

sa tradition lui imposait, non pas des principes français seulement, mais des principes humains, des principes mondiaux. Fille de la Révolution, elle a compris que son existence seule n’était pas en cause, mais tout un avenir de solidarité internationale.

Ces idées-là, ce sont celles qui lui sont chères.

Naturellement, elle a défendu son sol, naturellement elle a été patriote jusqu’à l’extrême limite, et depuis, si elle est restée armée, c'est parce qu’elle avait le souci bien légitime, ayant été envahie, meurtrie, ensan-

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glantée deux fois en moins de cinquante ans, de ne pas l’être dans l'avenir.

Mais dès qu’on eut fait appel à elle, dans la Société des Nations, pour

organiser un système de paix et de

. sécurité, elle n’a pas hésité une

minute et vous l’avez trouvée toujours disposée à collaborer à l’établissement de ce pacte d’aide mutuelle qui lui permettait de secouer le lourd fardeau des armements qui pèse sur

ses épaules. «

D LAC" #7 Hogan

Quand on songe au chiffre des morts, quand on rencontre tant de

jeunes hommes mutilés, atteints dans l'intégrité de leur être, quand on voit

tant de femmes en deuil et tant d'êtres

qui regardent leurs enfants avec un éclair de tendresse où se mêle je ne

sais quelle lueur d’inquiétude, je dis,

que l’homme qui s’efforce d’assurer.

la paix dans la mesure où il le peut

et d'éviter d’autres malheurs a le droit de n’être pas insulté. :

Je n’ai jamais déprécié les adver-

saires de la France. À Genève, où

cinquante- -deux nations avaient bien

voulu faire l’honneur au représen:

tant de la France d’accueillir en leur

nom les représentants de J’Alle-.

magne, j'ai dit : € L’AHcmagne, eh bien, oui, c’est un grand peuple ‘avec ses défauts et se: qualités. On ne peut pas dire que ce ne soit pas un

grand peuple par son esprit de.

méthode et par la continuité de son

Hi ASE HOMMES RAT EN LES

PAROLES DE PAIX 179 effort intellectuel. Mais plus il est grand, plus nous le reconnaissons tel, nous Français, et plus grand est le

rayonnement de la victoire que nous

avons remportée. »

- À vaincre les faibles, on ne tire pas bien grande vanité. Mais, quand on s’est battu, comme nous nous sommes battus, et quand, après sa victoire, On retrouve son ancien adversaire, on a le droit. de lui dire :

« Est-ce que ce sera toujours la même

chose? Est-ce qu'il faudra recom-

+ mencer tous les dix ans? » Et quand

on pense aux ruines que la victoire . laisse dans un pays victorieux, quand

FA" à CA

on pense aux richesses anéanties

pour des années et des années, à

toute l’énorme perte de substance

ces maladies.

compromet pas dans sa force, quand,

matérielle et morale, que signif la guerre, chercher à éviter cela, c’ est peut-être bien un effet de la maladie du messianisme.… mais si vraiment il est des maladies qui peuvent engen- + drer de pareilles idées, “bénies soient

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