Parsifal, drame sacré de Richard Wagner
Richard Wagner naquit le 22 mai 181 3 à Leipzig. Enfant, il s'occupait déjà beaucoup de poésie ; étudiant, la musique l'attira davantage. Il marcha rapidement, puisqu'en 1834 il était chef d'orchestre au théâtre de Magdebourg. De cette époque datent ses deux premiers opéras : « Les fées », exécuté à Munich en 1888, et « La défense d'aimer », ouvrages dont il ne subsiste que peu de chose. En i836, Wagner épousait la cantatrice Minna Planer, et accepta les fonctions de chef d'orchestre à Konigsberg, qu'il abandonna en 1837 pour une place identique à Riga. A cette époque, Paris le fascina au point qu'il s'y rendit (vers 1839), ne se doutant pas que des temps difficiles s'ouvraient pour lui, pendant lesquels il subsistait grâce à des travaux et arrangements exécutés pour certains éditeurs. Il demeura trois ans dans la capitale française (jusqu'en 1842), et y écrivit sa « Faust-Ouverture », « Rientfi » et «. Le vaisseau fantôme ». Exécutés à Dresde en 1842 et 1843, ces opéras valurent à Wagner la place de chef d'orchestre de la Cour. C'est dans cette même ville, mais en 1845, que « Tannhâuser » fut représenté. Nous voici touchant à une époque importante
de l'existence du maître, époque tourmentée s'il en fut. L'année 1848, un peu partout, avait semé l'effervescence dans les esprits; en mai 1849, le souffle révolutionnaire passait par Dresde, et Wagner prit part à la sédition. Non seulement, Wagner perdit sa place, mais, fuyant les conséquences d'un mandat d'arrêt, se vit obligé de se réfugier à Zurich. C'est là qu'il élabora ses travaux théoriques et poétiques. Entretemps Wagner s'était lié d'amitié fervente avec Liszt ; ces rapports portèrent leurs premiers fruits en i85o, alors que Liszt faisait exécuter à Weimar « Lohengrin », composé en 1847. Un certain nombre de personnalités allemandes intervinrent alors en faveur du proscrit, lequel ne fut gracié qu'en 1862. Wagner rentra, la joie au cœur, en Allemagne et se fixa d'abord à Carlsruhe, puis à Vienne, espérant trouver partout un accueil favorable pour ses œuvres. C'est alors que se passa un fait extraordinaire, unique dans les annales modernes et qui évoque les fastueux mécénats des Médicis. En 1864, le jeune roi de Bavière, Louis II, monta sur le trône des Wittelsbach. Son premier acte fut de convoquer Wagner en cette Athène des arts qu'est Munich et où Wagner allait pouvoir se livrer à ses travaux, libéré, par la munificence royale, de tout souci matériel. Deux dates importantes marquent cette époque : 1 865 et 1868, années où furent exécutés, sous la direction de Hans de Biilow, élève de Wagner, « Tristan et Isolde » et « Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg ».
Veuf depuis 18C6, Wagner se remaria avec une des filles de Liszt, Cosima, divorcée de Hans de Bûîow, et qui dirige encore le théâtre de Bayreuth, créé par Wagner. En 1869 le succès de « L'Or du Rhin », à Munich, fut tel, que le maître songea à la réalisation de son grand projet, l'érection d'un théâtre spécial. En 1872, on posa à Bayreuth la première pierre de l'édifice, érigé par les subsides des Sociétés Wagner, fondées un peu partout, puis avec les
sommes importantes gagnées par Wagner dans des tournées de concerts restées fameuses. Le festival inaugural, en 1876, réunit en ce théâtre un parterre de rois de la terre et de rois des arts ; « L'Anneau des Niebelungen » y fut exécuté trois fois. C'est là que fut aussi représenté, en 1882, « Parsifal », l'œuvre ultime du maitre, qui mourut à Venise, le i3 février i883, et fut inhumé le i5 du même mois dans le jardin de sa villa Wahnfried, à Bayreuth. On peut dire qu'il fut certes le plus discuté, le plus dénigré et le plus encensé aussi de tous les compositeurs et qu'il modifia complètement l'art du drame lyrique qu'il porta à son apogée et qui influença toutes les écoles.
Pour terminer cette courte introduction, qu'il nous soit permis de recommander à tous l'excellent guide de notre éminent confrère, M. A. Lavignac : «Le Voyage artistique à Bayreuth », ouvrage pratique et substantiel, s'il en fut, et d'une utilité sans conteste pour tous ceux qui veulent aborder l'œuvre admirable, mais complexe, de Wagner.