DEUXIÈME ACTE
Nous voici dans le château magique de Klingsor ; le jardin resplendit d'une floraison féerique de fleurs animées par des filles de toute beauté. Le magicien de ce lieu est là avec Kundry qu'il a subjuguée, et qu'il oblige à le servir ; il lui ordonne de séduire Parsifal, ainsi qu'elle le fit jadis pour Amfortas. Car c'est elle qui sut naguère occasionner la chute du roi du Graal. Par un artifice, la scène change, et voici venir Parsifal qui va subir l'épreuve ; il s'agit de se rendre compte s'il est véritablement pur, et s'il saurait demeurer tel, car de belles filles, semblables à des fleurs animées, des fillesfleurs vont exercer sur lui leurs dons de séduction. Mais tout est vain ; le pur simple résiste et s'apprête même à quitter ce jardin des délices, lorsque paraît Kundry, transformée en une femme des plus belles, enchanteresse dangereuse pour le jeune Parsifal. Kundry tente de retenir le héros adolescent. Elle n'a pas plus de succès que les fillesfleurs. Loin de là, puisque le baiser qu'elle donne à Parsifal révèle tout à ce dernier qui se trouve, du coup, conscient du danger qu'il court : il se rend compte que c'est Kundry, qui jadis a séduit Amfortas. Il se sent dès lors obligé de soulager le roi malade. Kundry également reconnaît son infamie, mais elle n'est pas suffisamment purifiée pour trouver la rédemption. Au pouvoir de Klingsor, c'est à lui qu'elle adresse son appel, lorsque Parsifal lui demande le chemin qui mène vers Amfortas ; ayant reconnu qu'elle n'est accessible qu'au seul amour terrestre, il repousse celle qui attendait de lui secours et purification. Surgit
Klingsor qui lance l'épieu sacré sur Parsifal; mais la lance demeure suspendue dans le vide au-dessus de la tête du jeune homme qui s'en empare. Le jardin enchanté et Klingsor disparaissent. Kundry se jette aux pieds de Parsifal qui lui promet la délivrance, lorsqu'elle le viendra voir au Graal.