DEUXIÈME CORTÈGE
Celui que l'otj porte, Le i n'être coupable!
PREMIER CORTÈGE
On le porte à l'autel, Car ce jour même, Effort suprême,
11 veut dire l'office La dernière fois !
On pose le son lit de
cercueil repos.
le catafalque et Amfortas sur
TOUS LES CHEVALIERS, se tournant vers Amfortas.
Hotite! indigne gardien!
Fais ton devoir La dernière fois!
AMFORTAS, se soulevant un peu, avec peine.
Oui! Honte! llonle sur moi!
Oui, je répète vos cris.
Et de vous j'accepterai la mort, La moins cruelle des peines!
On a ouvert le cercueil. A la vue du cadavre de Titurel. tous les assistants poussent un cri violent de douleur. Amfortas, se dressant sur sa couche e* se tournant vers le cadavre.
Mon père !
Le plus valeureux des hommes.
Le juste, Vers qui les anges s'inclinèrent, Pour qui je voulais mourir, Toi, mort,... et par moi !
— O toi, qui peux, là-haut.
Contempler le Sauveur lui-même en face, Implore de lui que son sang précieux, — Sur nos frères, si sa grâce Doit encor se répandre, — Ce sang qui les fait vivre Me donne enfin la mort!
— Mort! ô mort! Seule grâce!
Que cette blessure enfin s'épuise!
Que son venin glace mon cœur !
Mon père! oh! j'implore!
Que ta voix Le supplie:
« Sauveur, donne à mon fils la pais ! »
LA PETITE ILLUSTRATION
LES CIH utour tl'Amfortas.
Découvre le Grâ! !
Pais ion office!
Ton père l'ordonne!
Tl fout! 11 faut!
AMFORTAS, dans un désespoir Frénétique, s'élance au milieu qui reculent.
Non ! ■ Ah! la mort de son aile me touche!
A In vie encor je devrais revenu .'
0 insensés!
Oui peu! me forcer à vivre ?
.Si je pouvais me détruire!
11 arrache son vêtement
Ma plaie, Béante la voici!
11 m'empoisonne, ee rouge venin !
Prenez vos armes!
Trempez vos glaives, Là, là. jusqu'au fond!
Çà, les braves!
Crime et coupable .détruisez-les!
Tout seul resplendira le Saint-Grâl.
Effrayés, tous se sont écartés. Amfortas demeure isolé. en proie à une extase terrible. San* être remarque. Parsifal, accompagné de Kundry et Gurnemanz. est entré et s'est mêlé aux chevaliers. Il s'avance maintenant, étend sa lance et touche de sa pointe le Banc d'Amfortas.
Le vrai salut est là :
Seul peut guérir.
Le fer même qui blessa.
Le visage d'Amfortas s'illumine d'un saint transi.,, ri. " parait prés de défaillir d'émotion. Gurnemanz le soutient.
Sois pur, sans tâche, pardonné!
C'est moi qui remplirai ta charge.
Heureuse, ta souffrance!
Par elle, la pitié Ouvrit au vrai savoir
(Décor mouvant du retour de Parsifal au temple du Gràl (Bayreuth).
Le (icur d'un simple enfant.
Parsifal s'avance au milieu, tenant la lance élevée.
La sainte lance, enfin, je vous la rends!
Tous, attachent les regards sur la lance dans un ravissement suprême. Parsifal lui-même contemple la pointe et continue avec exaltation.
Oh!
Quel prodige merveilleux!
Du fer qui ferma ta blessure, le vois le sang divin qui eoule Et cherche à regagner la source Dont l'onde dans le Grâ] ruisselle!
— Qu'il ne soit plus voilé pour nous!
Découvrez le Grâl !
Ouvrez la chasse !
de l'autel, retire le Grâl de la châsse et s'incline i
sa vue dans une muette prière. De la coupole descend
une blanche colombe qui plane au-dessus de la tête
aï Parsifal. Kundry, le regard attaché sur lui, s'affaisse:
lentement et tombe morte à ses pieds. Amfortas et
Gurnemanz rendent hommage à Parsifal en s'agenouil-
lant devant lui. tandis qu'il élève le Grâl et qu'il bénit
toute la chevalerie agenouillée,
TOUS, en même temps que des voix très douces, à peine dis-
tinctes, résonnent à mi-hauteur et au plus haut de la
coupole.
0 divin miracle!
Salut à lui, Qui nous sauve!
Le rideau se ferme lentement.
GURNEMANZ
Midi ! L'heure est venue : Permets, Seigneur, que ton serf te conduise.
Gurnemanz est allé chercher son manteau de chevalier du Grâl. -Vidé de Kundry, il en revêt Parsifal. La contrée se transforme graduellement, comme au premier acte, mais en sens inverse. Parsifal prend solennellement la lance et suit lentement, avec Kundr>, Gurnemanz qui les conduit. Lorsque la forêt a entièrement disparu, ainsi que les personnages qui ont passé par l'ouverture d'un roc, s'avancent des voûtes. Sous les arcades on entend le bruit croissant des" cloches; puis les rochers s'ouvrent, la grande salle du Grâl reparait, comme au premier acte, mais sans les tables. Lueur sombre, Les portes s'ouvrent. D'un côté s'avancent Les chevaliers qui escortent le cercued de Titurel ; de l'autre, on porte Amfortas sur sa couche précédée de la châsse du Grâl, recouverte. Au milieu de la scène, un catafalque est érigé devant lr table de l'autel et le siège exhaussé Amfortas.
PREMIER CORTÈGE, avec le Grâl et Amfortas. Xous escortons au temple sacré Le Grâl pour le saint office.
Mais vous, qui donc, d; ns ce cercueil. Portez-vous, voilés de deuil ?
DEUXIÈME CORTÈGE, avec le cercueil de Titurel.
Le corps d'un juste, d'un saint héros! La châsse enferme le Fort Par Dieu pour son service choisi.
LA PETITE ILLUSTRATION