ACTE
Dans le domaine du Grâl. Site riant et prinlanie . Au ond, un prî fleuri montant en pente douce ; iur ic devant, la lisière d'un bois qui s'étend vers la droite sur un sol rocailleux ; devant, pris de la fois', v.ic .ource; du côté oppor.é. un peu en contrc'bas, c modeste cabane t.'un ermite, adoosée à un roche,. Va,,- du our.
es vieux et pauvrenent vêtu de la du Grâl, sort de la cabane et écoute.
M'RN'KMAXZ. deven tunique des cheval
De là, vint une plainte...
Nulle bête ainsi ne gémit, Aujourd'hui surtout, à l'aube du jour sacré Pourtant, ce cri plaintif, je le connais.
Il s'avance résolument vers les ronces qu'il écarte force et s'arrête soudain.
Quoi! JBlle? Encor là; Sous l'âpre buisson hivernal,
Hé! Kundry, viens!
L'hiver a fui, l'avril est là Eveille-toi, voici le printemps!
Il tire Kundrj di la broussailh : elli i I rigide et m
Froide! inerte!
Bien sûr, cette fois, c'est la mort. Pourtant, c'est elle qui ™éwJ. sait!
Il la dépose sur un tertre, lui frotte vivement les n et les tempes, cherche à l'échau.Ycr de so: haleh fait tout pour dissiper l'engourdissement. Enfin,
LA PETITE ILLUSTRATION
sembli " ",ut ? fait- E?
ouvrant un cri. Kundry apparaît
coâime au premier acte. .nai~ son visage est plus pâle: son expression et ses monvementts n'ont plus rien de farouche; Elle fixe un long regard sur Gurnemanz. Ensuite, elle se lève, arrange ses vêtements et ses cheveux et se dispose, comme une servante, à vaguer aux travaux domestiques.
0 fii'iii- munit ! Pas an seul mot pour moi! Ne t'ai-je pas au sommeil de mort Arrachée èncor cette t'ois!
KUXDRY, bourbe lentement la tête, puis, d'une voix rauque et ent ticule .ces
Servir!... Servir!...
tNEMANZ, hochant la tête.
Tu n'auras pas granid'peine.
Aucun message ne vient plus!
Herbes, racines.
Chacun ici s'en pourvoit, Ainsi que, les bêles, au bois!
Ayant aperçu la cabane, Kundry s'j rend. Gurnemanz la suit du regard, étonné.
Tout autre semble son maintien.
Est-ce là l'effet 'lu saint jour?
o jour unique île la grâce!
Bien sûr, ce fut, pour son salut.
Qu'en ce saint jour, j'ai pu la réveiller, la pauvre!
Kundry sort de la cabane portant une cruche et se dirige vers la source. Pendant que la cruche s'emplit, elle regarde dans la forêt et voit venir quelqu'un au
Parsifal devant la lance, à la Monnaie.
loin. Elle se retourne vers Gurnemanz pour le lui signaler. Gurnemanz regarde dans ta
(ÎURNEMANZ
Mais qui vient là, vers la sainte source. Sous une sombre armure?
Ce n'est pas un des nôtres.
Kundry s'éloigne. Parsifal sort de la forêt II est entièrement couvert d'une armure noire. Le casque fermé, la lance abaissée, la tête courbée, il marche lentement, en hésitant, comme absorbé dans uni
sur le petit tertre, près de la source. Gurnemanz, après l'avoir longuement regardé, se rapproche de lui.
Hôte, salut! Es-tu perdu?
Faut-il qu'on te guide?
Parsifal secoue doucement la tête.
Ne veux-tu pas nie saluer.' Pai îifal incline la tète.
lié. quoi! Si quelque vont Te commande le silence, Le mien m'ordonne à moi De l'indiquer ce qui convient.
Ici. c'est le domaine saint:
Ici. l'on ne vient pas armé, Visière basse, lance au poin
Ce jour surtout !
Xe sais-tu pas quel est ce jour sacré?
Parsifal i i
(,)uoi ! mais d'un \ iens-tu do ('liez quels païens as-tu vécu? Pour ignorer que c'est aujourd'hui Le jour du très saint Vendredi !
Mets bas les armes !
Xe l'offense pas, Celui qui, sans un secours.
Pour le salut du monde offrit son sang divin!
Vp
(levant st.j
son bouclû
i] plante es d\ île
le joint au* armes; il s'agenouille dans une prière muette. Gurnemanz le contemple avec surprise el atti ndrissement : il fait si^nc ;i Kundry • lui vient -!< sortir de la cabane. Dans l'ardi
Parsifal lève nu regard Fervent vers la point de la lance. Gurnemanz se tourne vers Kundry e1 lui dit a voix ba
X'as-Ui pas vu ?
C'est lui qui mit le cygne à mort.
D'un léger mouvement 'le tète, Kundry l'ait un signe affirmatif.
Bien sût-, c'est lui, le fou, (,hie naguère j'ai chassé.
Kundry pose son regard fixe mais tranquille sur Parsifal.
Qui lui montra la route?
La lance... je la reconnais!
Avec une grande émotion.
Oh î jour bienheureux Qui s'est enfin levé sur nous*!
Kundry se détourne.
IF AL, se relève lentement, regarde autour de lui avec me reconnaît C7urnemanz et lui tend doucement la main.
Père, c'est bien toi que je retrouve!
Premier décor du troisième acte : site printanier dans le domaine du Grâl (Bayreuth).
GUBNESIANZ
Vraiment ! tu reconnais Celui que peines, chagrins, vieillesse,
Ont tout courbé !
Tu vins comment, et d'où?
l'AKSIFAL
Des routes de l'erreur cruelle j'arrive
Puis-je enfin croire que je m'en dégage,
Puisque du bois sacré j'entends le doux murmui"
Et que, bon vieillard, je te salue 1
Ou bien, me trompé-je .'
Ici, tout semble changé.
GURNEMANZ
Dis-moi qui donc ici tu cherches?
Celui dont l'âpre plainte M'emplit naguère de stupeur.
A terminer sa peine
Je puis me croire destiné.
Mais, loin, hélas! des routes de la grâce,
Par mille traverses,
Un destin maudit m'égara.
Peines sans nombre, luttes, embûches, Tout me barrait la route Quand je croyais arriver.
Et je connus la pire angoisse :
Voulant garder la relique
De toute atteinte,
Pure et sainte.
Aux luttes je m'offris désarmé;
Car de cette arme,
•le n'aurais pu combattre!
Sans souillure mes mains l'ont gardée,
Et, vierge, je rapporte Ce fer que tu vois resplendir,
Le fer sacré du Grâl !
GURNEMANZ, dans la plu
Merveille ! 0 salut !
0 divine grâce
profonde extase.
.Miracle!
Apr
pi u
Seigneur, le maléfice (,)iii t'éloigna du vrai chemin.
Crois-moi, n'est plus à craindre.
Nous sommes sur le sol du Grâl.
C'est toi que notre Ordre attend,
Car sa détresse est grande!
Sa grâce, la voici !
Depuis l'heure que tu fus ici, La détresse que tu vis alors.
L'angoisse ont encor grandi!
Amfortas contre sa blessure Et sa peine se révolte, Et, dans une ardeur farouche,
Veut la mort !
En vain nos frères le supplient : Sa charge, il n'en veut plus remplir l'office El dans sa châsse reste enclos le Grâl! Sans doute ainsi le roi coupable, — Comme il ne peut mourir Tant qu'il revoit le Grâl, —
Espère de sa vie,
De son tourment aussi,
Hâter le terme!
LA PETITE ILLUSTRATION
Le pain de l'âme
Nous est refusé.
Des mets communs dous font seuls vivre. Par là. s'épuise la vertu des forts!
Il ne vient nul nu- Aucun appel aux saints combats n'arrive:
Pâles et tristes.
Sans espoir, .sans but, sans chef ni guide. Nous erroi
lei, nmi-même. je me liens caché;
J'attends la mort, tranquille, — La mort, qui m*a ravi déjà mon maître!
Oui, Tilurel, mon saint héros, Privé du Grâl qui prolongeait sa vie,
Est mort comme tous les hommes!
PAKSIFAL El moi, c'est moi, qui causai Ions ces maux!
Ah!
Quelles fautes, quels forfaits maudits, Sur cette tête folle retombent et s'attachent, Pour que ni larmes ni souffrai Ne m'aient rendu la vue!
Moi, désigné pour l'œuvre sainte.
Je vais comme un aveugle, Et du salut je perds la route!
11 est près de défaillir; Gurnemanz le soutient et le l'ait asseoir sur le tertre de gazon. Kundry est allée chercher un bassin d'eau pour asperger Parsifal. GURNEMANZ, retenant Kundry.
Non pas! Que la très sainte source
Bedonne au pèlerin sa vigueur.
- — Je crois qu'il vient ici.
Conduit par le ciel même.
Pour accomplir une œuvre auguste.
Qu'il soit purifié,
Et que nos mains le lavent
De la poussière des chemins !
Tous deux tournent doucement Parsifal vers la source, tandis que Kundry lui délie les jambières et que Gur nemanz lui retire la cuirasse.
PARSIFAL, d'une voix doue, et faible.
Est-ce vers Amfortas que tu me mènes .'
GURNEMANZ, tout en s'occupant.
Mais, certes! C'est au burg qu'on nous attend. Le convoi funèbre de mon maître aimé
M'appelle aussi là-bas.
Le Grâl doit encor une t'ois paraître Pendant le saint office Qu'aujourd'hui l'on célèbre Pour honorer l'auguste prince.
Tué par le péché d'un fils.
C'est pour se faire pardonner.
Qu'Amfortas l'a promis!
Kundry avec un humble zèle a baigné les pieds de Parsifal oui la regarde anc un silencieux étonnement.
PARSIFAL, à Kundry.
Mes pieds lu les baignas !
A Gurnemanz.
("est loi qui vas baigner mon front.
GURNEMANZ, puisant de l'eau dans sa main et en as] le iront de Parsifal.
Béni sois-tu, toi, le pur.
Par l'eau pure!
Ainsi que toute faute S'écarte à jamais de loi!
Pendant ce temps. Kundry a tiré un petit flacon d'or de son sein. Elle verse l'essence qu'il contient sur les pieds de Parsifal pui-, les esauie avee ses cheveux rapidement dénoués.
PARSIFAL, lui prenant le flacon et le tendant à Gurnemanz. Tu m'as versé le chrême; L'ami de Titurel oindra mon front. Dès aujourd'hui, pour Roi qu'il me salue!
GURNEMANZ, répandant le reste du parfum sur la tète de Parsifal et lui imposant les mains, après l'avoir doucement frottée.
Ainsi s'accomplit l'oracle:
Ton front, je le bénis, Et, Roi, je te salue!
Toi, chaste.
Qui par pitié souffris, Qui par souffrance appris, Toi qui pâtis pour celui que tu saines. Du lourd fardeau allège enfin son front !
PARSIFAL, sans être remarqué, puise île l'eau dans la source, se penche sur Kundry agenouillée et lui mouille la tète.
Mon œuvre sainte commence ainsi:
Je te baptise Au nom du Dieu qui sauve!
* Kundry incline la tête et semble pleurer avec véhémence,
PARSIFAL, se détourne et regarde avec une douce extase la forêt et la prairie qui brillent dans la lumière matinale.
Comme aujourd'hui me semblent beaux Les prés!
De merveilleuses fleurs Jadis m'ont enlacé de leurs câlines rondes .Mais, oh! jamais comme en ce jour, Brindilles, fleurs et ramures, Jamais leurs souffles innocents Xe m'ont charmé si doucement !
GURNEMANZ
("est là le charme du saint jour. Seigneur!
O peine, ô jour de deuil pi-ofond, Où tous les êtres, ce qui vit. respire,
'fout ce qui revit, Devrait n'avoir que larmes!
GURNEMANZ
Tu vois, cela n'est pas!
Les larmes du pécheur sont saintes El versent leur rosée aux plaines tout en fleurs; Par elles tout prospère.
Aussi, fervente, la nature S'attache aux traces du Sauveur, Veut l'adorer et prie.
La croix, pour elle, n'étant pas visible. Vers l'homme elle reporte ses regards. Vers l'homme exempt du lourd fardeau des fautes.
Un Dieu s'étant sacrifié pour lui.
Les fleurs des champs et l'herbe alors comprennent Que si nos pas ont peur de les froisser, C'est que. suivant l'exemple de Celui Qui par amour souffrit pour. nous, Nul homme, en ce saint jour, Ne veut flétrir ce qui fleurit :
Et toutes fêtent donc ce jour.
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Kundry lavant les pieds de Parsifal (Bayreuth).
Tout ce qui germe et bientôt meurt; Car l'univers retrouve en lui Son innocence et su candeur!
Kundry a lentement relevé la tête et, l'œil humide, elle attache sur Parsifal un regard grave et d'une quiétude suppliante.
Les fleurs rieuses
Se sont fanées;
La grâce la désirent-elles?
A Kundry.
Tes pleurs aussi sont une sainte rosée... Tu pleures...
Vois le pré sourire.
Il lui baise doucement le front. Tintement lointain de cloches croissant peu à peu.
PREMIER CORTÈGE
Qui donc put l'abattre.
L'élu du ciel, Qui protégeait Dieu même?