‹ Partie graphique des cours d'architecture faits à l'École royale polytechnique depuis sa réorganisation; précédée d'un sommaire des leçons relatives à ce nouveau travailChapitre 2 sur 11 · DE VRAIS TALENTS EN ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

DE VRAIS TALENTS EN ARCHITECTURE

JL'architecture est tout à-la-fois une science et un art: comme science, elle demande des connaissances; comme art, elle exige des talents. Pour apprendre parfaitement une science, il ne faut cm écouter, comprendre et retenir; mais pour posséder complètement un art, il faut en outre appliquer ce qu'on sait; et le degré de talent, ou la facilité plus ou moins grande de faire des applications, est en raison du nombre de celles que l'on a déjà faites.

Anciennement, à l'Ecole polytechnique, le travail graphique relatif à l'architecture se réduisait , pour les élèves , à quatre dessins , qui avaient pour objets : i° les ordres; 2° les portes et croisées; 3° une salle; 4° enlin un escalier. Ce genre de travail, qui ne présentait qu'un si petit nombre d'idées à leur esprit , et d'idées peu attachantes ; qui en outre absorbait entièrement le peu de temps qu'on leur accorde pendant toute l'année pour se préparer aux concours, était bien plus propre, par la fatigue et l'ennui dont il les accablait, à les dégoûter de l'architecture , qu'à leur faire acquérir des talents dans cet art.

Ce n'est pas que de tout temps il ne soit sorti de cette Ecole des élèves ayant un beau commencement de talent; mais on sent bien qu'ils n'ont dû. cet avantage qu'à l'excès de zèle qui les portait à s'occuper dès lors, pour un temps plus éloigné, du peu que les circonstances nous avaient permis de leur indiquer relativement à la composition.

Depuis la nouvelle organisation, un arrêté du conseil supérieur de l'Ecole a changé l'obligation de faire ces quatre dessins , en celle de rédiger graphiquement dans les salles toutes les leçons données à l'amphithéâtre ; dès lors les quatre dessins ont été remplacés par un assez grand nombre d'esquisses relatives au mécanisme de la composition; et les progrès que l'architecture fait chaque année à l'Ecole, prouvent combien ce nouveau travail est avantageux pour les élèves.

Cet heureux changement dans la partie graphique, en a exigé nécessairement un autre dans la partie orale. Obligés de faire coïncider les leçons avec un travail si nouveau, nous en avons retranché tout ce qui ne nous conduisait pas directement et promptement à la composition, et nous avons resserré tout ce qui y était relatif, de manière à pouvoir donner au travail graphique toute la latitude possible.

Du reste, nous sommes demeurés fidèles à nos principes; nous avons même étendu notre méthode d'enseignement à la partie graphique ; de même que dans la partie orale nous avions décomposé l'idée générale d'architecture en idées spéciales, et celles-ci en idées particulières ; dans la partie graphique nous avons décomposé l'idée générale d'édifices en celles de leurs parties, et ces dernières en celles de leurs premiers éléments ; remontant ensuite des éléments à l'ensemble des édifices, c'est-à-dire, les analysant, nous sommes parvenus à nous en faire des idées exactes , de même que nous étions parvenus à nous créer une idée exacte de l'architecture, en analysant l'idée générale exprimée par ce mot.

Bien que nos idées en architecture n'aient pas changé, et que nous les ayons exposées dans le premier volume de notre Précis , nous ne pouvons nous empêcher de les rappeler ici sommairement, puisque la partie graphique non-seulement s'y rattache, mais encore en émane nécessairement, et ne saurait avoir d'autre principe.

DR

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