ACTE QUATRIEME. i'Z
RAFAËLE.
Oui! oui! (a part.) Ils mentent tous!... (Prenant un petit enfant par la main, et l'attirant à elle.) Vicns ici, clicr enfant !...
Tu es donc là pour voir les soldats, toi aussi?...
l'enfant.
Oui, Madame !... et les condamnés ! ... qu'on va brûler sur la place!...
RAFAËLE, poussant un cri déchirant.
Ah!
Elle tombe dans les bras de ses femmes. — Ou entraîne l'enfanU ALBERTI.
Ah! malheureux enfant!...
RAFAËLE, la main sur la poitrine.
Ah! c'est horrible!... Encore... encore... toujours!.. Oh! que je souffre!... Emmenez-moi... Oh! que je souffre!...
KARLOO, s'élançant et la soutenant.
Madame!...
On apporte vivement derrière elle le fauteuil. RAFAËLE.
Mon Dieu!... de l'air!... de l'air!... j'étouffe!... le sang!... j'étouffe!...
On la fait asseoir dans le fauteuil.
KARLOO, désespéré.
Madame... au nom du ciel!.. Madame!... Ah! chère et douce enfant!...
LA MARCHANDE, pleurant.
Notre bon ange!...
On entoure Rafaële. — Toutes les femmes s'empressent.
ALBERTI, penché sur elle.
Ah! mon Dieu!... elle se meurt!
Rafaële se redresse, cramponnée au.t deux: femmes, essayant d'aspirer une boulfée d'air, puis raioiube sur le fauteuil.
KARLÛO.
Morte!
Le mot est répété à mi-voix par tous les assistants qui se découvrent.
ALBERTI
Messieurs. Messieurs !... pas un mol à Monseigneur!... Laissez-moi le temps de le préparer à cette affreuse nouvelle?
On transporte Ralaële dans la boutique, où les femmes l'entourent en pleurant, et la dérobent aux spectateurs pendant ce qui suit. — Les tambours qui n'ont pas cessé de battre se rapprochent et les cloches sonnent le glas sans arrêt.
LA TRÉMOÏLLE
... Ah! vengeance divine!...
KARLOO.
Et cet ange va prier pour lui!