ACTE PREMIER
NO IRC ARME S, le repoussant.
Emmenez!... Si on les écoutait, ils seraient tous innocents! Emmenez, emmenez donc!...
l'en FAN T, se débattant contre les soldats qui l'enlevant.
Grâce, pitié! je ne veux pas! pardon! laissez-moi! Au secours, ma mère!... Maman! maman!!
Il disparaît comme les autres en criant. LA TRÉMOÏLLE, à Rysoor, à part.
Un a beau s'y attendre, Monsieur... cela serre le cœur.
RYSOOR, de même.
Pauvre enfant!... Et la mère!
LA TRÉMOÏLLE
Êtes-vous marié, monsieur le Comte?
Hélas! oui, Monsieur, à une femme que j'adore!
LA TRÉMOÏLLE
Bon courage, Monsieur!...
VARGAS
A un autre donc!... Dépêchons!... on grelotte!
Rires des soldats à rentrée de Jonas.
RYSOOR, inquiet.
Ah! le sonneur! Pauvre diable!... comment est-il là?
NOIRCARMES.
Avancez !
Il prend les papiers des mains de Vargas. VARGAS.
Injures et sévices envers un soldat.
NOIRCARMES, à Jonas.
Tu t'appelles Jonas?...
Oui. Monseigneur; on m'appelle aussi VEnflé!... mais
je n'y tiens pas!
Rires des soldats.
DELRIO, souriant.
Une bonne figure, celui-là!
NO IRC A RM ES, de même.
Oui; qu'est-ce que vous faites, l'ami?
JONAS, enhardi.
Dans ce moment-ci Monseigneur, je fais pas mal de mauvais sang; mais il y a un an, avant l'arrivée de monseigneur le duc d'Albe, j'étais carillonneur à la maison de ville.
NOIRCARMES.
Alil c'est le carillonneur... boni. . Vous demeurez dans le beffroi?...
JONAS
Oui, Monseigneur, avec ma femme et mes petits... On m'a laissé le logement, au rez-de-chaussée, quoiqu'on m'ait supprimé le service des cloches et mes appointements!...
VARGAS
Oui... Vous logez chez vous le clairon Cortadilla?
Cortadilla s'avance et fait le salut militaire. * JONAS.
Oui, Monseigneur, j'ai ce désagrément.
VARGAS
Eh bien, le clairon Cortadilla, ici présent, se plaint d'être abreuvé par vous d'humiliations.
Pour abreuvé. Monseigneur, il l'est!... mais c'est de mon vin!... Il a bu toute ma cave!...
Rires des soldats.
* Jonas, Cortadilla.