SCENE IV
Les MÊMES, KARLOO*.
RINCON
Entrez, Capitaine.
RAFAËLE, à part.
Lui!
ALBE, avec hauteur.
Et d'abord, Monsieur, je vous trouve bien osé de paraître devant moi, l'épée au côté.
KARLOO.
Monsieur le Duc, je suis capitaine!
• Deirio, Vargas, Karloo, Albe, Rafaële.
Au fond, Rincon, près de la porte; Noircarmes. près de la table du duc. La Trémoïlle devant la cheminée; la religieuse et la suivante devant la porte.
ALBE, de même.
Vous ne l'êtes plus!... puisque la garde bourgeoise est dissoute. — Votre épée, Monsieur.
Karloo, sans répondre, remet son épée à Noircarmes, qui la donne à Rincon, qui la dépose sur la table de gauche.
RAFAÈLE, au Duc, en lui prenant la main.
Mon père, je vous en prie, ne vous emportez pas; cela me fait mal, de vous entendre.
ALBE
Oui, mon enfant, oui... (Plus doucement, à Karloo.) Monsieur, que demandez-vous?...
KARLOO.
Monsieur le Duc, M. le Grand Prévôt m'a commandé, cette après-midi, d'avoir à ramasser dans la nuit toutes les armes de ma compagnie, au poste de l'hôtel de ville... et cela sous peine de mort...
Mouvement de Rafaële, qui tient toujours la main de son père, tressaillant.
ALBE
Eh bien?
KARLOO.
Eh bien, monsieur le Duc, je suis prêt à obéir, mais que l'on m'en fournisse les moyens. Il m'est absolument impossible de faire charrier huit cents cuirasses, arquebuses, casques... avec ces chaînes qui me barrent le passage jusqu'au Grand-Marché...
ALBE
Allons donc!...
RAFAËLE.
C'est pourtant bien juste, mon père, ce qu'il dit là...
.•\LBE, adouci.
Taisez-vous, enfant! x Karloo.) Et vous, demandez?...