DO K SA N
Comment donc? tu m’étonnes Je croyais au
contraire
VALSA IN
Ne touche pas une corde si sensible, je t’en prie; n’empoisonne pas le bonheur que je sens à te revoir, le seul, hélas 1 que j’ai éprouvé depuis longtems.
DORSAN
Tu m’affliges . . . . O ciel! il se pourrait
VA LS Al N .
Oui, mon cher Dor.mn. je suis le plus infortuné des hommes .
DORSAN
Tu te l’imagines , mon ami; Oh' non, tu n’es pas le plus infortuné.
VALSAI N
Si tu savais ... Mais depuis trop longtems mon coeur est plein et je sens qu’il a besoin de sYpatv her dans le sein de 1 amitié ... Tu as vu ma femme ?
DORSAN
Sans doute !
V ALS A I N -
Eh bien, tu n’as rien remarqué en elle ?
DORSAN
Rien ; elle m’a paru fort aimable.
VA LSA I N .
Quoi, tu n’as pas été frappé....
DORSAN
Non, je fe jure... .
VALSAI N.
Allons, il est impossible que ce ton frivole, que cet air léger. . . .
J ai trouve cela tout simple dans un jeune femme. Ah' mon ami, ne te plains pas de ces manières vives, enjouées, de cette gaité,méme un peu folle : defie toi plutôt de ces femmes prétendues sensibles, de ces airs tendres et langoureux.,., je les ai trop connues!
VALSAI N .
Et ce concert ... .Tu as entendu .... !l a suffit que j’exprimasse le désir d’v aller.
DORSAN
Ce n’est rien que cela.
VALSAI N.
Elle est capricieuse, exigeante....
DORSAN
Et tu oses le plaindre?
VALSAI N.
Voilà les hommes, ils ne croyent au malheur de personne quand ils sont heureux.
DORSAN
Heureux !... moi, heureux !.. . Mon ami, je suis mille fois plus à plaindre que toi . Ta femme n’est que jeune, étourdie mais la mienne. -
VALSA IN
Tues plus heureux que moi, j’en suis
sur.
DORSAN
Mais quand tu sauras que je suis séparé d’elle, que je l’ai quittée....
VALSAIN .
Tu l’as quittée!... j’avais raison, mon ami, tu es plus heureux que moi.... Allons, il faut nous consoler ensemble.
Dol.