VAL S AI N
Nous n’avons pas un instant a perdre. Il est peut-être bien près d’ici.
SOPHIE
l’idée seule que je vais le voir me saisit. Je suis sure qu’il va me faire peur....
VALSAI N.
Va, va, rassure toi. l’homme le plus détestable pour sa femme est charmant pour celle des autres — Eh mais, il me vient une idée que je crois excellente.... Ma chère amie, asrtu -du courage?
SOPHIE
distrait, ennuyé, ennuyeux; quand tu me parleras d’une chose, je serai occupé d’une autre, si tu as envie de sortir, je voudrai rester; si tu as envie de rester, je voudrai sortir; à la promenade, tu regarderas à droite, moi, je regarderai à gauche, je baillerai toute la journée, je dormirai toute la nuit; ce que tu trouveras charmant, je le trouverai détestable, je neTe parlerai jamais et je ne souffrirai pas qu’on te parle; Tu me feras des reproches; je serai sourd; tu pleureras, je serai insensible; tu insisteras , je m’impatienterai; tu te fâcheras.... Oh! alors
Sophie.
Eh bien, je vous en félicite , vous allez être un homme tout à fait aimable '
VALSAI N.
Cela ne durera que vingt -quatre heures .
SOPHIE
Non, non Je ne veux pas. Tu n’aurais qu’a
en prendre l’habitude.
VALSAI N.
Je n’ai qu’une chose à te dire ?... Cette feinte peut faire le bonheur de Clémence.
SOPHIE
Du courage, Ah! mon dieu!
VALSAI N.
Jusqu’à ce moment, tu n’as vu en moi que le plus tendre des amans, Eh bien, tout va changer. SOPHIE.
• O ciel !
VALSAI N.
A dater de ce jour, je ne serai plus que ton mari.
Allons, je me résigne mais, moi, quelle figure
vais-je faire pendant ce tems la ?
VALSAI N.
Toi!... Il suffira que tu soyes capricieuse, contrariante, coquette.... Tu n’auras pas grand
effort â faire Il ne s’agira que de forcer
un peu.
SOPHIE.'
SOPHIE
Ah '.vous me faites frémir.
VALSA1N
.Mais ton mari dàhs toute la force du terme.
V SOPHIE
comment !
VALSAIN.
C’est tout simple, je serai maussade, froid,
Ce n’est que cela? Ah! sois tranquile. D’ailleurs tu le sais, nous jouons tous deux la comédie, Eh bien supposons que nous avons un rôle â remplir Veux-tu que nous répétions une .scène?
Je le veux bien; feignons que nous arrivons de la promenade.
jtb
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