V. — HOMMES D'ÉTAT
Nous terminons ce petit livre par la biographie de deux personnages politiques dont l'un, mort il y a quelques années, a laissé la réputation durable d'un bon citoyen et d'un philanthrope éclairé, et dont l'autre a joué un rôle prépondérant dans la Révolution. C'est h ce dernier que nous allons d'abord.
Robespierre (Maximilien-Marie-Isidore del, né à Arras, le G mai 1758, mort à Paris, le 28 juillet 1794.
Issu d'une famille de vieille bourgeoisie, fils d'un avocat de quelque réputation dans sa ville natale, d'humeur chagrine, et qui, devenu veuf, abandonna de bonne heure ses enfants pour courir les aventures et aller mourir ignoré en Allemagne, le jeune Maximilien, qui avait commencé ses études au collège d'Arras, n'eût pu les achever, tant était profonde la détresse des enfants recueillis par un grand-père et par deux tantes sans fortune. Heureusement pour lui, des relations de famille et ses succès d'enfant au collège, lui avaient valu l'intérêt de l'Evoque d'Arras, M. de Gonzié, qui disposait d'une bourse au collège Louis-Ie-Grand, à Paris, et qui la lui attribua (1770).
Robespierre avait alors douze ans : intelligent, vaniteux, disent les uns, fier, disent les autres, ambitieux, il tint à faire honneur à ses protecteurs, et occupa les premiers rangs dans les classes, si bien qu'à la fin de ses études l'administration du collège
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Louis-Ie-Grand lui alloua, comme témoignage de satisfaction et d'intérêt, une pension de 600 livres pour quelques années. Entré en môme temps comme second clerc chez un procureur (Brissot était le premier clerc), il put accroître par son travail les
maigres ressources de sa pension, ce qui lui permit de l'aire son droit.
Reçu avocat, il revint se fixer à Arras (1778) pour y exercer la profession de son père et de son aïeul. Les débuts furent pénibles. A force de travail il gagnait cependant une certaine réputation, et il put vivre, très modestement, mais avec une dignité correcte
qui était dans son caractère et qu'il conserva toujours. Il habitait une maison convenable dans un petite rue aboutissant à la place de la Comédie, au centre de la ville. Cette maison existe encore.
On a toujours aimé les lettres dans cette ville intelligente, où une Académie des Belles-Lettres entretenait et entretient encore le goût des choses de l'esprit. Robespierre fut reçu au nombre des Membres de l'Académie en 1783. Il en devint même président plus tard. Parmi ses confrères deux officiers du génie — Arras est une garnison spéciale pour cette arme savante — devinrent ses amis ; ils étaient appelés à une autorité inégale sans doute, mais considérable : Lazare Carnot et Marescot qui devint premier inspecteur général du génie sous l'Empire.
En bonnes relations avec le Clergé qui lui avait été secourable, manifestant plus que du respect pour LouisXVI, Robespieire avait toutefois un tourment d'esprit qui en fit un adepte des doctrines sociales de Jean- Jacques Housseau ;un mélange de sentimentalité, d'aspirations humanitaires, de tendances vers un idéal de justiceabsolue, de l'austérité dans la vieprivée.une dignité qui touchait à la morgue, tels s'accusent, dès cette époque, les traits principaux de son humeur; les manières étaient sèchçs, et le ton tranchant avec une pente prononcée vers l'emphase.
De petite stature, maigre, la figure anguleuse, les yeux perçants sous un clignotement pénible, d'une pâleur bilieuse, il n'était pas fait pour plaire quoiqu'il s'appliquât constamment à soigner sa toilette.
Les circonstances ne tardèrent pas à le faire sortir de son obscurité provinciale. Dès les préliminaires de la Révolution, l'avocat d'Arras appela sur lui l'atten-
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tion de ses compatriotes par des brochures politiques, par des discours dans les réunions où se préparaient les élections des députés aux Etats Généraux. Il fut élu l'un des seize représentants de l'Artois. Profondément et sincèrement démocrate, par instinct autant au moins que par raisonnement il s'inspira du sentiment bien plus qu'il n'obéit à la conception très netted'un plan de réforme politique.il fut longtemps à prendre parli contre la royauté et à se prononcer pour le système républicain, parce qu'il croyait le régime monarchique susceptible d'une transforma tion dans le sens démocratique, et qu'il ne voyait pas clairement quelle forme de République, quelle constitution républicaine serait possible avec un peuple à peine émancipé, peu éclairé, et peu instruit des principes de vertu qui, selon Montesquieu, doivent être le propre d'un gouvernement républicain.
Cette absence de plan et le vague de ses instincts ont certainement contribué autant qu'une timidité qu'il n'a perdue que lentement, et qu'un amour-propre qui redoutait un échec comme une humiliation amère, à la modestie du rôle qu il joua d'abord dans l'Assemblée Constituante. Mais il n'alla pas jusqu'à s'abstenir. 11 parla assez souvent, peu écouté d'abord, puis força l'attention par le eboix lrabile des sujets qui le firent monter à la tribune. Il avait pris place à l'extrême gauche, au milieu des députés les plus avancés dans le sens des idées démocratiques. Un des premiers il osa déclarer (septembre 1789) que chacun pourrait discuter librement la nature du gouvernement à donner au pays. Antérieurement il avait combattu une proposition tendant à n'admettre dans les rangs de la garde nationale que des gens incapables
de nuire à la patrie, en démontrant combien un tel droit d'appréciation sur les caractères prêtait à l'arbitraire.
Dans la discussion des questions religieuses, Robespierre soutint les principes de la tolérance pour les fidèles comme pour les incroyants, réclama l'élection des évêques et des curés par les fidèles, et la faculté de se marier pour les ecclésiastiques.
Mentionnons sa persistance à demander l'abolition de la peine de mort; et dans des plaidoyers sur ce sujet il était aussi convaincu qu'il l'était lorsque plus tard il fit user, avec une si effroyable facilité, de la guillotine contre ceux qu'il jugeait les ennemis de la Révolution.
Tout puissant au club des Jacobins, déplaisant, mais écouté dans l'Assemblée Constituante, Robespierre jouissait d'une très grande popularité à l'extérieur. La logique inflexible de ses théories flattait les esprits simples; c'était unpnr. Aussi à la fin de la dernière séance de l'Assemblée fut-il accueilli à la sortie par une foule enthousiaste qui lui mit sur la tête une couronne de chêne.
Après un court séjour à Arras où il avait été reçu par une véritable ovation, car on s'y glorifiait d'un représentant déjà fameux et surnommé l'incorruptible, il revint à Paris ; il y remplit quelque temps les fonctions d'accusateur public (aujourd'hui Procureur de la République), et surtout il fut assidu aux séances des Jacobins. C'était pourluiune tribune presque aussi retentissante que celle de l'Assemblée Législative, et les ambitieux pouvaient s'y préparer pour l'avenir. Il fut élu président du club. C'est là qu'il soutint une longue discussion sur le projet de guerre contre les rois coalisés ; il reconnaissait la nécessité de la guerre
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pour sauver la Révolution menacée par la coalition, mais il se défiait du roi et de l'entourage de la cour, auquel il ne voulait pas que l'on remit la disposition des forces de la France. Dans cette discussion il eut pour adversaires les plus notables des Girondins; emporté par l'ardeur de sa passion soupçonneuse, il conçut des doutes sur le civisme de ses éloquents collègues. Cependant c'est d'abord contre la royauté qu'il dirigea ses coups; et dès, le mois de juillet, il proposa la déchéance du roi et la convocation d'une Convention nationale pour donner au pays une nouvelle forme de gouvernement.
Etranger aux événements du 1 août , — Robespierre avait une répugnance instinctive à se mêler aux troubles de la rue, et il préférait les moyens légaux d'action ; — il félicita cependant le peuple. De même il n'eut aucune part aux massacres de septembre, aucune part intentionnelle du moins ; mais il faut reconnaître que ses attaques incessantes contre tous ceux qu'il accusait de combattre ouvertement ou en secret la Révolution, ont singulièrement développé la frénésie populaire contre les suspects.
Elu membre de la Convention par les Parisiens, il y prit dès le début une telle importance, la popularité acquise à l'Assemblée Constituante, fort développée dans le club des Jacobins, devint si considérable que les Girondins s'inquiétèrent de l'attitude de cet énigmatique personnage, si habile à manier les passions du dehors sans se compromettre par des actes, et l'accusèrent d'aspirer à la dictature.
On sait comment finit la rivalité des Montagnards et des Girondins, par la proscription de ceux-ci, le 31 mai 1793.
Un des auteurs les plus actifs de la Constitution démagogique de juin 1793, qui ne lui survécut pas, ne fut et ne pouvait être exécutée, Robespierre se trouva après la chute des ' Girondins, le véritable chef du pouvoir. Comment il en usa? La réponse est faite par l'histoire decettepériodequianomla7'erm»-inaugurée le 17 septembre par le vote delà loi des suspects.
Pour sauver la République des excès des enragés, il fit proscrire les Hébertistes, lui qui avait ménagé, défendu et prôné Marat ; puis il frappa les indulgents en la personne de ses anciens amis Danton et Camille Desmoulins.
Désormais Robespierre était bien le seul maître. Une lassitude générale amenait les esprits à désirer un régime d'apaisement, et on l'attendait du dicdateur moral (le nom a été prononcé) de la République. Mais Robespierre n'était pas un politique, un fondateur d'Etat ; c'était un polémiste fanatique, un sectaire jaloux, asservi à des instincts de défiance incurable, infatué de sa valeur et incapable de grandes vues et de fermes desseins. Déiste de l'école de Rousseau, il fit proclamer « l'existence de l'Etre Suprême et l'immortalité de l'âme, » et pontifia à la fête du 20 prairial 1794 en l'honneur de l'Etre ] suprême.
On crut à un retour vers les principes d'ordre et les sentiments de clémence ; deux jours après Saint-Just, l'ami, le confident de Robespierre, et Couthon proposaient l'effroyable loi du 22 prairial qui supprimait toutes les faibles garanties qui restaient aux accusés devant le Tribunal révolutionnaire: plus de témoins, plus de défenseurs, un simple et bref interrogatoire, et le Tribunal prononçait. Robespierre
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intervint pour faire voter cette loi abominable qui du 24 prairial au 9 thermidor fit tomber 1.283 têtes.
Amis, ennemis, tous se sentaient menacés; l'horreur des uns, la peur des autres s'associèrent et un complot se forma contre le tyran incapable et sanguinaire.
Le 9 thermidor Billaud-Varennes dénonce le péril qui menace la Convention ; Hanriot, général de la garde nationale, veut faire un coup de force contre la Convention. Vraie en entier ou en partie, l'accusation était terrible. Elle devait déterminer l'Assemblée à toute mesure contre ceux qu'on lui présentait comme ses futurs bourreaux, non seulement Hanriot, instrument imbécile, mais Robespierre et ses deux amis. Saint-Just et Coulhon les inspirateurs, les maîtres dHanriot. Robespierre veut défendre celui-ci, des cris: à bas le tyran! lui coupent la parole, une scène violente se poursuit quelque temps; le président couvre de sa sonnette la voix épuisée de Robespierre. Livide, presque aphone, il profère quelques paroles étouffées: « C'est le sang de Danton qui t'étoufïe! » lui crie-t-on. Un vote décrète d'arrestation Robespierre et son frère, Saint-Just. Couthon, Dumas, président du Tribunal Révolutionnaire, Hanriot, etc., et les Comités de sûreté générale et de salut public sont chargés de toutes les mesures utiles pour assurer force à la loi. C'est en vain que la Commune et les Jacobins avec Ilanno veulent résister, et que Robespierre se présente à la Commune pour la soulever contre la Convention; l'Assemblée souveraine répond en le mettant, lui et ses complices, hors la loi pour rébellion. Cette énergie déconcerte les partisans de Robes-
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})ierre.Lessectionnaires investissent l'Hôtel de Ville; d'un coup de pistolet le gendarme Méda brise la mâchoire de Robespierre ; le frère de celui-ci se jette par la feoètre, et se brise les membres sans se tuer ; les rebelles sont arrêtés. Robespierre agonisa plusieurs heures étendu sur une table, sans plainte, sans faiblesse, avec une résignation hautaine. Dans la journée du 10 il fut porté à l'échafaud avec son frère, Saint-Just, Couthon, Hanriot.
Telle fut La vie agitée de cet homme diversement jugé, car si son nom est resté exécré du plus grand nombre, des historiens ont essayé de le réhabiliter,
Assurément il ne fut pas le seul coupable. Mais il fut le principal, le plus puissant des terroristes; et quand la postérité est amenée à juger ce sombre génie, elle le traite comme on traite le chef d'un parti en le chargeant de la plus lourde part de responsabilité.
Carnot (Lazare-Hippolyte), né à Saint-Omer le 6 octobre 1801, mort à Paris le 16 mars 1888.
Lazare Carnot, l'organisateur de la victoire, s'était marié à Saint-Omer en 1791. Après qu'il eut donné sa démission comme ministre de la guerre en 1800, il vint prendre du repos dans la famille de sa femme, et vécut deux années paisibles à Saint-Omer; c'est pen- : dantce séjour que naquit son second fils Lazare Hippolyte.
Hippolyte Carnot, amené par son père à Paris, y commença ses études qui furent interrompues par l'exil auquel la Restauration condamna l'ancien conventionnel, le ministre des Cent jours, le défenseur d'Anvers. Il suivit son père en Belgique et à Magde- 1
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bourg où il compléta son instruction. Après la mort de Lazare Carnot (1823), Hippolyte resta en France, dans la maison patrimoniale de Nolay. Après avoir commencé l'étude du droit, il y renonça pour ne pas voir à prêter le serment obligatoire au roi, et se tourna vers l'étude des questions sociales.
Ces travaux le lièrent avec les philosophes du moment, les philosophes et les économistes, particulièrement avec les saint-simoniens ; et il rédigea l'Exposition générale de la doctrine saintsimonienm (1831). Pendant les journées de juillet, il avait fait le coup de feu contre la garde royale, mais, désintéressé comme l'avait été son père, il ne rechercha aucun des emplois publics auxquels il lui eût été facile d'arriver.
Il voyagea en Angleterre, en Suisse, en Hollande, observant, étudiant les mœurs et les institutions, s'intéressanl surtout aux questions sociales et à l'organisation de l'Enseignement. Déjcà il était entré dans la Société pour la propagation de l'instruction élémentaire, déjà aussi il avait concouru à la fondation et à la rédaction de l'Encyclopédie noua- lie.
Au retour de ses voyages il figura parmi les défenseurs des accusés républicains du procès d'avril 183o. Son nom, ses travaux d'ordre spécial, ses relations avec les plus cànsiilérables des chefs du mouvement libéral l'avaient mis en évidence; aussi les électeurs de Paris le choisirent-ils pour l'un de leurs députés en 1839, 1842 et 1846.
Pendant la campagne réformiste il publia une brochure les Badicaux et la Charte où il tendait à rapprocher le parti radical de la gauche dynastique afin d'en former une majorité favorable aux réformes.
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Les irréconciliables le combattirent vivement Mais
» Carnot n'avait jamais su renoncer à sa liberté d'opi-
nion et s'inféoder à un parti, il cherchait le bien et I utile par les moyens pratiques. Quand la royauté de jmlletdisparut, Carnot tout désigné par son passé par la coopération continue qu'il avait prise aux efforts de la Société pour l'instruction élémentaire, fut chargé par le gouvernement provisoire du ministère de l'Instruction publique. Son passage aux affaires fut bien court; cependant il a laissé des traces profondessa sollicitude se porta surtout vers l'enseignement primaire ; il chercha les moyens d'améliorer le sort des instituteurs, déposa un projet de loi basé sur l'obligation et la gratuité de l'enseignement primaire introduisit dans les écoles primaires l'enseignement de 1 agriculture, donna aux salles d'asile le nom plus vrai d Ecoles maternelles, qui lui a été restitué par la troisième République et qui répond tout à fait à 1 objet de l'institution; il fit décréter, pour l'enseignement secondaire, la gratuité de l'Ecole normale supérieure.
Toutes ces réformes et d'autres qu'il annonçait etlrayerent les habitudes routinières de l'ancien Conseil supérieur de l'Université composé de serviteurs de régime déchu ; les réactionnaires de l'Assemblée constituante s'émurent; et lorsque dans une circulaire aux instituteurs le ministre leur rappela les vrais principes démocratiques, cène fut qu'un cri de colère. On a peine aujourd'hui à comprendre de telles clameurs, car, même les plus conservateurs de nos députés, ne se font pas faute de professer bien haut les principes dont s'inspirait Hippolyte Carnot, Mais il était en avance sur ses contemporains. Une
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occasion se présenta de le décourager. En juillet 1848 Carnot avait demandé un crédit pour augmenter le misérable traitement des instituteurs ; saisissant le moment où une grande partie de républicains étaient retenus ou dans les commissions ou en dehors de l'Assemblée, les réactionnaires firent votera la majorité de onze voix une réduction sur le chiffre des crédits demandés.
Le ministre sentit qu'il serait impuissant contre le courant de la réaction; il préféra se retirer (5 juillet 1848).
Rentré dans les rangs des députés, Carnot inspiré par une sorte de pressentiment, vota l'amendement Grévy qui attribuait à l'Assemblée et non au suffrage universel, l'élection duPrésidentde la République.
Dans l'Assemblée législative Carnot combattit la politique réactionnaire de la majorité et celle de l'Elysée. Après le coup d'Etat du 2 décembre, élu, quoique absent, député de Paris au Corps législatif il n'accepta pas le mandat à cause du serinent qu'il eût fallu prêter au nouveau gouvernement; deux fois encore les électeurs lui confièrent le mandat. Cédant à tant d'instances Carnot consentit, comme les autres députés de ia gauche, à prêter le serment constitutionnel en 1864, et fut l'un des plus constants parmi les courageux et éloquents représentants des idées libérales. Mais l'âge était venu; une nouvelle génération de combattants s'élevait : aux élections de 1869 les Parisiens lui préférèrent Gambetta, puis Rochefort.
L'Empire s'écroula ;legouvernement de la Défense nationale nomma Carnot maire du VHP arrondissement. Elu en 1871 par le département de Seine-et-
Oise représentant à l'Assemblée constituante, Hippolyte Carnot fit partie du Sénat comme inamovible, dès la première formation de ce corps, aux travaux duquel il ne cessa malgré son grand âge, de prendre une part active.
Voilà une vie pleine d'unité qui valut à Hippolvte Carnot la vénération de tous les partis. Une grande joie était réservée à ses derniers jours; ce vétéran de la cause républicaine a pu voir son fils le digne héritier de son caractère, appelé à la Présidence de la République (3 décembre 1887). Trois mois après, il s'éteignait.
Une phrase peint l'homme.
Dans sa préface pour une Vie d'Henri Martin il terminait :
« Un mot encore :
« L'ami que nous pleurons s'appelait Bon Louis Henri Martin. Il a bien justifié le premier des noms qui lui avaient été donnés à sa naissance, et nous ne sommes pas de ceux qui, dans l'énumération des qualités d'un homme mettent la bonté au second rang. »