‹ PascalChapitre 122 sur 181 · Voir p. 64 et suivantes du présent ouvrage · texte numérisé non relu

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5. De Vesprit géométrique, opuscule imprimé à la suite des Pensées de Pascal, édition Havet, Deiagraye, 1883, p. 362.

merveilleusement douées qui aient jamais paru parmi les honunes, n'a point tenté de résoudre Funiversel problème.

Il semble même que, parmi les sciences, beaucoup lui restèrent étrangères. Pascal n'embrassa pas dans ses recherches, comme Descartes, mathématiques, mécanique, physique, astronomie, histoire naturelle, médecine : il fut uniquement physicien, analyste et géomètre. Son œuvre scientifique est tout entière dans quelques admirables inventions et expériences, dans des problèmes élégamment résolus et généralisés. En se désintéressant d une façon trop absolue de tout système, il a méconnu la nécessité et le rôle fécond des hypothèses. Pascal n'a point voulu connaître tous les grands problèmes agités à Tépoque où Copernic et Kepler venaient, Tun, de proposer le véritable système du monde, l'autre, d'en découvrir les lois; où Descartes, dans la synthèse la plus hardie dont l'esprit humain ait jusqu'à lui donné l'exemple, assimilait tous les phénomènes à de simples corollaires des lois de la mécanique ; où Newton enfin allait couronner le magnifique édifice élevé par ses prédécesseurs . « Je trouve bon, » dit Pascal, « qu'on n'approfondisse pas l'opinion de Copernic ^ » Et il semble, pour s'éviter d'approfondir, admettre encore que le soleil tourne autour de la terre immobile 2. Cependant, elle est de lui la magnifique

2. a Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté; qu'il éloigne sa vue des objets bas qui TenTironnenl; qu'il regarde celte éclatante lumière mise comme une lampe éternelle poar

image du genre humain considéré (c comme un môme homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement ^ » !

Quelle contradiction, révélant bien im douloureux état d'âme! Associé, dans un corps malade, à un esprit chrétien inquiet et mystique, ce génie mathématique des plus profonds devait nécessairement ne point donner à la science tout ce qu'elle était en droit d'attendre de lui. Sans aucun doute aussi prodigieusement doué que les Descartes et les Newton, né pour les égaler, Pascal ne peut leur être comparé ni pour l'éclat, ni pour la portée de son œuvre. La postérité le classe premier parmi les seconds.

éclairer l'uniTers; que la terre lui paraisse comme un point, au prix du vaste tour que cet astre décrit : et qu'il s'étonne de ce que ce yaste tour lui-môme n'est qu'une pointe très-déiicate à l'égard de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. y> Pensées de Pascal, I, l,p. 1 et 2.

L'importance de l'opinion de Copernic a n'a pas frappé Tesprit de Pascal », dit en note M. Havet, p. 364. a Son peu de goût pour Descartes et ]H)\iT ses systèmes l'a entraîné à mépriser une idée à laquelle Descartes et les siens s'étaient attachés. Il est fâcheux cependant qu'un des maîtres de la science sacrifie ainsi la science ; que celui qui a tant élevé Archimède tienne si peu décompte de Copernic ; que celui enfin qui a trouvé bon d^ approfondir la pesanteur de l'air, qui a eu Thonneur de la démontrer, qui a écrit la Préface du Traité du Vide, n'ait pas osé ou n'ait pas daigné prendre parti sur une découverte plus haute encore. »

2. Fragment d'un traité du vide, p. 161. Voir p. 80 et suivantes du présent ouvrage.

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